Je suis mère de deux petits enfants drôles et pleins de vie qui aiment passer du temps dans la nature. Ils adorent courir dans la forêt, jouer dans la boue, ramasser des escargots en chemin et rouler à vélo dans les flaques d’eau. Ce qui me préoccupe par-dessus tout, c’est leur bien-être. Comme la plupart des parents, tout ce que je souhaite pour mes enfants, c’est qu’ils grandissent dans un endroit sûr et paisible. Je veux qu’ils aient une alimentation saine, sans pesticides toxiques, et qu’ils respirent un air pur qui n’abîme pas leurs petits poumons. Je souhaite que notre climat se stabilise et qu’ils soient protégés contre les effets des événements climatiques extrêmes tels que les canicules, les tempêtes, les inondations. Je veux qu’ils connaissent les joies de l’enfance comme moi avant eux, et qu’ils soient sereins face à l’avenir.
Au lieu de cela, nous vivons à une époque où il peut être difficile d’éprouver un sentiment de sécurité quant à ce que le futur leur réserve.
Les enfants de Christine jouant dans une prairie près de leur maison.
© Christine Gebeneter / Greenpeace
L’impact réel des événements climatiques extrêmes sur les familles
Alors qu’aujourd’hui l’Autriche, comme nombre de pays européens, est frappée de plein fouet par la canicule, la région où je vis avait connu l’an dernier de graves inondations. L’eau ruisselait sur les murs de notre sous-sol. Après une semaine de fortes pluies, notre pommier centenaire s’était effondré. Mes enfants étaient tristes de voir tomber cet arbre majestueux, et angoissés face à ces pluies interminables. Nous nous inquiétions pour nos voisins et voisines qui habitent en contrebas de la colline, et qui étaient encore plus durement touchés.
Pour moi et ma famille, il est plus qu’évident que ces phénomènes météorologiques extrêmes deviennent de plus en plus fréquents et violents. J’ai le cœur serré en pensant à quoi ressemblera une planète de plus en plus chaude pour nos enfants, et à l’impact que l’effondrement de la biodiversité pourrait avoir sur leur sécurité alimentaire. Je ne peux qu’imaginer ce que peuvent ressentir les parents dans d’autres régions du monde où la situation est encore bien pire. Et je suis pleinement consciente que la marge de manœuvre pour agir face à la crise climatique et écologique se réduit d’année en année.
« Nous n’héritons pas la Terre de nos ancêtres. Nous l’empruntons à nos enfants. »
Compte tenu de l’urgence manifeste, on pourrait penser que nos responsables politiques font tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter le pire. Malheureusement, c’est tout le contraire. Maintenir une planète habitable et garantir le bien-être de nos enfants semblent être le cadet de leurs soucis. Au lieu de placer les intérêts de nos enfants, qui sont ce que nous avons de plus précieux, au cœur de lois climatiques efficaces pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, restaurer la nature et nous protéger des événements climatiques extrêmes, je n’entends qu’un seul discours des responsables politiques : il n’y a pas d’argent.
Vraiment ? Pas d’argent pour des solutions qui garantiront la sécurité de nos enfants ? Pas d’argent pour l’action climatique, des logements écologiques et pour des services publics essentiels ?
Pourquoi l’argument du manque d’argent ne tient pas
Lors du mariage en grande pompe de Jeff Bezos à Venise, Greenpeace Italie déploie une banderole géante sur la place St-Marc lui demandant : « Si vous pouvez privatiser Venise pour votre mariage, vous pouvez payer plus d’impôts ».
Juin 2025, © Greenpeace / Michele Lapini
Si les plus riches étaient imposés à la hauteur des dommages climatiques qu’ils sont estimés avoir causés, n’y aurait-il pas suffisamment d’argent pour protéger nos enfants et garantir la stabilité de la planète dont nous toutes et tous avons besoin ?
Pourquoi taxer les ultra-riches relève du bon sens
Les personnes qui travaillent payent des impôts proportionnellement à leurs revenus durement gagnés, et ce sont elles les moteurs de notre société. C’est ainsi que nous finançons nos pompiers, nos écoles et nos hôpitaux, etc. Les impôts nous permettent de renforcer notre résilience face aux canicules et aux inondations et devraient, dans un scénario idéal, servir à mettre un terme à la crise climatique.
Si nous voulons sérieusement mettre en œuvre les changements urgents pour que notre Terre reste habitable – développer les énergies renouvelables, rénover le bâti, garantir des systèmes alimentaires écologiques et des services essentiels pour tous et toutes… –, alors taxer les milliardaires et les ultra-riches est inévitable.
Ce n’est pas une option, c’est une nécessité pour débloquer des milliards chaque année pour financer l’action climatique. Certains ultra-riches eux-mêmes souhaitent contribuer de manière plus équitable, comme ces quelque 400 millionnaires et milliardaires de 24 pays. Ils savent qu’il est de leur responsabilité d’apporter leur juste contribution et qu’il est inacceptable que nos dirigeant·es continuent d’ignorer ce qu’exigent de plus en plus de citoyen·nes dans le monde : nous avons besoin de toute urgence de nouvelles règles fiscales internationales centrées sur l’humain afin de garantir notre capacité à mener une vie saine, heureuse et digne sur une planète en bonne santé.
Perçons les murs de béton
Campagne de notoriété réalisée par Greenpeace en 2012.
Ma fille de neuf ans fredonne souvent cette chanson qui dit : « N’attendez pas les miracles, nous les créerons nous-mêmes. Notre avenir perce les murs de béton comme des fleurs ». En tant que parents, nous devons à nos enfants de ne pas attendre les miracles, mais de faire tout ce qui est en notre pouvoir, dès maintenant, pour que leur avenir s’épanouisse.
Vous pouvez signer notre pétition pour taxer les multinationales des énergies fossiles qui continuent d’engranger des profits indécents sur le dos des crises climatique et énergétique.