Course Zéro Pesticide – Troisième manche : Quel distributeur prend la tête de la course ?

 

Troisième manche de la Course zéro pesticide : le nouveau classement.

Monoprix fait une entrée marquante dans la Course et se place en tête avec Carrefour

Personne ne l’attendait, et pourtant, c’est bien à la première place que se positionne Monoprix grâce à ses engagements allant vers une élimination totale des néonicotinoïdes, ces pesticides particulièrement nocifs pour les pollinisateurs.

L’enseigne a signé cette année un partenariat avec le label Bee Friendly, qui assure la mise en place de mesures de préservation des pollinisateurs. Deux des fournisseurs de Monoprix ont déjà obtenu ce label. Et ce n’est pas tout : Monoprix lance cette année sa nouvelle marque “Monoprix Tous Cultiv’ Acteurs”, dans laquelle l’ensemble de ses fournisseurs se sont d’ores et déjà engagés. Cette démarche vise à l’obtention du label Bee Friendly et prévoit également des mesures de protection de l’eau, des sols et de la biodiversité qui vont au-delà de la seule préservation des pollinisateurs et de leurs écosystèmes. En matière d’amélioration des pratiques agricoles, Monoprix est donc en pole position. D’autant plus que les fournisseurs de l’enseigne ont une situation relativement stable puisqu’ils sont contractualisés avec l’enseigne sur trois ans, ce qui leur assure des ventes sur le long terme.

Carrefour, quant à elle, poursuit ses efforts et maintient sa place de premier de la course.
Par rapport à l’an dernier, l’enseigne cherche à étendre ses pratiques à l’ensemble des fournisseurs de chaque filière déjà engagée vers la réduction des pesticides (à savoir le kiwi du sud-ouest, le brocoli de Bretagne la tomate ancienne de Marmande et blé dur de Provence). En plus de cela, Carrefour a étendu ses expérimentations de réduction des pesticides à des productions majeures : la pomme et la pomme de terre. Dommage qu’elle ne s’engage pas plus pour l’élimination des molécules les plus nocives pour la santé et pour l’environnement, telles que les néonicotinoïdes…

Système U stagne légèrement mais reste deuxième

Alors que l’an dernier les Magasins U se positionnaient en tête de la course aux côtés de Carrefour, en 2016 ils n’ont pas évolué de manière significative. En revanche, ils ont ajouté à leur liste des pesticides à bannir sept pesticides néonicotinoïdes à supprimer de la production de pommes et pommes de terre, et étendu la démarche globale de réduction des pesticides à une partie de ses fruits et légumes surgelés de la gamme U.

L’enseigne reste l’une de celles qui fait le plus d’efforts en matière de réduction des pesticides.

De sérieux progrès pour E.Leclerc, ex aequo avec Intermarché

C’est une vraie révolution : après deux ans de campagne durant lesquels les dirigeants de E.Leclerc sont restés muets à notre égard, l’enseigne, anciennement dernière de la course, déclare désormais vouloir supprimer 50 % des pesticides de ses fruits et légumes (frais et produits transformés) d’ici 2020. Le grand défi sera maintenant de traduire ces engagements de façon concrète. Elle a lancé en parallèle un vaste audit des pratiques de ses fournisseurs qu’elle s’est également engagée à soutenir pour réussir ce virage à 180 degrés.

Côté Intermarché, même constat : les engagements sont là mais les faits restent à venir. En effet, Intermarché semble enfin vouloir s’engager vers la réduction des pesticides, en commençant par les pommes et les pommes de terre. Ceci étant, l’enseigne n’en est qu’au stade des préparatifs. Mais si les projets d’Intermarché sont mis en œuvre, ils auront de réels impacts. Nous attendons encore de connaître le plan d’actions détaillé de l’enseigne pour accompagner les agriculteurs vers une diminution des pesticides.

Auchan et Casino, lanternes rouges

Rien ne va plus pour Auchan. L’an dernier en deuxième position, Auchan se retrouve aujourd’hui bon dernier à cause de son manque d’engagement pour réduire les pesticides. L’enseigne a par exemple mis en place une “Filière responsable” pour les agrumes dans laquelle les fruits reçoivent moins de traitements que les moyennes régionales. Mais cela reste encore assez vague et les données partagées par l’enseigne ne permettent pas d’évaluer correctement l’impact des mesures mises en place. Par ailleurs, une démarche de suivi des agriculteurs aurait été entamée pour les amener vers une réduction des pesticides. Mais là encore, les éléments apportés par l’enseigne restent trop flous pour pouvoir en évaluer le sérieux et l’impact sur le terrain. Affaire à suivre ?

Même chose pour Casino. L’enseigne ferme la marche. On note tout de même une petite évolution depuis l’an dernier avec le développement de son “engagement Agriplus”qui vise à éliminer tous les résidus de pesticides dans les produits finaux. Sauf que l’impact reste incertain puisque cela n’est pas représentatif de ce qu’il se passe réellement dans les champs. En effet, les pesticides utilisés lors de la production ne se retrouvent pas nécessairement dans le produit final.