Amazonie : la démarcation du territoire Munduruku commence

 

Le peuple Munduruku commence à démarquer officiellement ses terres.

« Enfin ! Il y a quelques jours, je me suis envolée de Manaus avec quelques collègues. À bord du petit avion de Greenpeace, nous avons rejoint Sawré Muybu, le territoire situé au cœur de la forêt amazonienne brésilienne que le peuple Munduruku refuse de perdre à cause de la construction d’une centrale hydro-électrique. Celle-ci nécessiterait la construction d’un barrage de 7,6 km de long sur le Rio Tapajós, la rivière au bord de laquelle ces gens vivent depuis des siècles. Ce barrage provoquerait l’inondation d’une partie de leur territoire, ce qui les obligerait à quitter leurs terres.

En route vers Sawré Muybu !

C’est pourquoi nous les aidons à résister contre la construction de ce barrage sur le Rio Tapajós. En tant que cocoordinatrice de notre campagne internationale pour l’Amazonie, je passe la plupart de mon temps à travailler sur ordinateur. Pouvoir venir ici comme activiste, c’est donc pour moi une expérience des plus intense. Et pour ce petit village munduruku, c’est aussi toute une aventure de voir débarquer autant d’étrangers sur son sol. Surtout pour les enfants, qui sont très curieux et qui veulent jouer avec nous.

Voici une vidéo qui vous explique, en un peu plus d’une minute, toute la problématique.

Protéger les terres des Mundurukus

Nous avons joué au football avec eux, mais c’est aussi ici que nous avons pris les photos qui accompagnent aujourd’hui nos appels à aider les Mundurukus à protéger leurs terres. Et nous y avons vécu une expérience extraordinaire : le moment où tout le village et des Mundurukus de toute la région du Rio Tapajós sont venus faire la fête alors que nous commencions à délimiter leur territoire.

Il était important de procéder ainsi pour que tout le monde comprenne que pour mener des activités dans la région, quelles qu’elles soient, le consentement explicite des Mundurukus est nécessaire. Sawré Muybu ne fait « que » 178 000 hectares, mais la forêt tropicale y est encore intacte et n’est pratiquement accessible que par la rivière.

Délimiter le territoire

Comme ce village est menacé, les Mundurukus veulent que les autorités brésiliennes se dépêchent de respecter leurs droits constitutionnels et de reconnaître officiellement leur territoire, ce qui rendrait du même coup la construction du barrage illégale. Des étapes importantes en ce sens ont été franchies récemment, mais le nouveau gouvernement conservateur du Président Temer, qui semble avoir l’intention de démanteler la législation environnementale de son pays, peut aussi rapidement faire machine arrière.

Pour éviter que cela n’arrive, nous marquons déjà de manière symbolique les limites du territoire ancestral des Mundurukus. Pour ce faire, nous utilisons des panneaux qui ressemblent fortement à ceux utilisés par les autorités. »

En attendant d’autres nouvelles du camp, vous pouvez vous aussi aider les Mundurukus.