Accord de Paris : 10 ans de sabotage climatique

Accord de Paris de 2015 : où en est-on ?

Il y a dix ans, une grande partie du monde s’accordait sur un objectif commun : limiter le réchauffement planétaire à +1,5 °C afin de prévenir les conséquences les plus graves du changement climatique. En signant cet accord à la suite de la COP21 qui se tenait à Paris, plus de 190 États se sont engagés, pour la toute première fois, à agir ensemble à la hauteur de l’urgence. Un moment historique.

Mais alors que ce cap aurait dû guider l’action politique mondiale, la réalité est tout autre une décennie plus tard : le climat continue de s’emballer, les émissions mondiales de gaz à effet de serre ne cessent de croître et les événements climatiques extrêmes se font chaque année de plus en plus nombreux et violents.

Face à ce constat alarmant, la mobilisation citoyenne est d’autant plus importante. Si la dernière COP nous a prouvé une fois de plus la lâcheté de nos responsables politiques, elle nous a aussi montré la force de la société civile et des communautés les plus impactées. Nous devons continuer à unir nos forces et à résister face à la montée du climato-scepticisme et des forces ultra-conservatrices qui menacent nos droits et notre avenir. 

Le seuil de 1,5 °C a été franchi pour la première fois

Depuis la signature de l’accord de Paris en 2015, les conséquences du dérèglement climatique s’aggravent à un rythme alarmant. Les sécheresses et les vagues de chaleur deviennent plus longues et plus intenses, les inondations et les tempêtes se multiplient, tandis que des incendies ravagent chaque année des territoires entiers.

Ces phénomènes menacent des millions de vies et frappent d’abord les plus vulnérables : celles et ceux qui vivent dans les zones les plus exposées et qui disposent du moins de moyens pour se protéger. Le changement climatique affecte en premier celles et ceux qui en sont le moins responsables, creusant des inégalités déjà profondes. Ces voix sont invisibilisées et passées sous silence par les gouvernements. 

L’année 2024 a été la plus chaude jamais enregistrée et, pour la première fois, la température moyenne mondiale a dépassé la limite de +1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Le mois dernier, l’ONU a averti qu’il est très probable que ce seuil soit dépassé, au moins temporairement, au cours de la prochaine décennie. Si nous ne pouvons pas ignorer ce signal d’alarme, tout espoir n’est pas perdu.

Chaque dixième de degré compte et peut limiter l’ampleur des catastrophes à venir. L’accord de Paris a permis d’inscrire noir sur blanc cet objectif vital pour éviter des conséquences graves et irréversibles sur les écosystèmes, les territoires et les populations. 

C’est pourquoi il doit être défendu et respecté. Le cap qu’il a fixé doit rester notre boussole commune, celle qui nous rappelle qu’il est encore possible d’agir pour garantir un avenir vivable.

Les intérêts des milliardaires et des multinationales au détriment de l’intérêt général

Depuis une décennie, les responsables politiques au pouvoir ont trop souvent privilégié les profits et les intérêts des industries polluantes et des milliardaires, au détriment de la lutte contre les changements climatiques et l’intérêt général. Plutôt que de respecter leurs engagements et de mettre en œuvre l’accord de Paris avec sérieux, les gouvernements ont cédé aux pressions de puissantes forces économiques.

Pendant que les ultra-riches continuent de polluer sans contrainte, la majorité de la population paie le prix du chaos climatique : logements détruits, récoltes perdues, santé détériorée… Rappelons que les milliardaires émettent plus de carbone en 90 minutes qu’une personne dans la moyenne mondiale pendant toute sa vie.

De leur côté, les entreprises polluantes, notamment celles des énergies fossiles, poursuivent leur business toxique pour générer toujours plus de bénéfices, notamment grâce à la complaisance de certain·es politiques qui ont choisi de protéger des modèles économiques destructeurs plutôt que la population et le climat.

Pour les 10 ans de l’Accord de Paris, les activistes de Greenpeace ont déposé une banderole devant la Tour Eiffel pour dénoncer 10 ans de sabotage climatique orchestré par les responsables politiques, les ultra-riches, les grosses entreprises polluantes et les forces réactionnaires. © Greenpeace

Ces acteurs économiques n’hésitent plus à s’allier à des forces ultra-conservatrices pour saper les politiques climatiques, orchestrer des campagnes de désinformation, affaiblir les protections environnementales et attaquer nos droits fondamentaux. 
 
En France, Emmanuel Macron et ses gouvernements successifs ne se sont jamais saisis sérieusement de l’urgence climatique et sociale. Ils se sont même placés dans l’illégalité en ne respectant pas l’accord de Paris. Quant à l’extrême droite française, elle a démontré aux Parlements français et européen sa médiocrité et sa dangerosité sur les enjeux climatiques, ainsi que sur les enjeux sociaux qui y sont intimement liés.

Si le climat s’emballe à un rythme effréné, c’est la conséquence directe de cette faiblesse et de cette irresponsabilité politique. La mise en œuvre de l’accord de Paris a ainsi été sabotée par des forces économiques et politiques qui ne voulaient rien changer au système actuel.

Le sabotage de l’accord de Paris n’est pas une fatalité

L’accord de Paris n’a jamais été une baguette magique : sa mise en œuvre dépend de la volonté des États à le mettre en œuvre réellement. Le sabotage climatique n’est pas une fatalité, il est le résultat de choix politiques, dictés par les intérêts privés et non l’intérêt général.

Partout dans le monde, les mouvements citoyens, les associations, les communautés locales montrent que d’autres issues sont possibles. La mobilisation collective reste notre plus grande force : informer, alerter, dénoncer les injustices, proposer des alternatives, et soutenir celles et ceux qui subissent les conséquences de la crise climatique sont autant d’actions indispensables pour faire changer les choses. 

L’urgence n’a jamais été aussi grande, mais la société civile reste toujours plus motivée et déterminée, la COP30 en a été témoin. Face aux crises qui s’intensifient, nous choisissons la solidarité plutôt que le renoncement, l’action collective plutôt que l’inertie. La lutte continue et nous la gagnerons ensemble.

La Marche des Peuples a marqué le début de la deuxième semaine de la COP30 à Belém. © Filipe Bispo / Greenpeace

D’autres choix politiques sont possibles et les élections municipales de 2026 seront un moment crucial pour les défendre et permettre l’émergence de politiques locales réellement alignées avec l’urgence climatique et sociale actuelle.

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