Qu’est ce que
le tourisme
responsable ?

Le GIEC estime qu’il faut rester sous la barre des 1,5 °C d’augmentation des températures pour éviter des conséquences climatiques sans précédent. Pour y parvenir, nous devrions émettre seulement 3 tonnes d’équivalent CO2 par an et par personne d’ici 2030 : c’est ce que l’on appelle le “budget carbone”.
Ce chiffre peut sembler important mais nos émissions d’équivalent CO2 s’additionnent très vite, surtout si l’on voyage en avion de manière régulière.
Le monde du tourisme est l’un des secteurs les plus polluants et néfastes pour le climat, notamment à cause de notre choix de mode de transport.
Choisir de devenir des touristes responsables ne se limite pas seulement à réduire notre empreinte carbone. C’est aussi apprendre à voyager autrement : préserver les écosystèmes et les retombées économiques et sociales pour les populations locales pour vivre une expérience incroyable !

Qu’est ce que
le tourisme
responsable ?

Le GIEC estime qu’il faut rester sous la barre des 1,5 °C d’augmentation des températures pour éviter des conséquences climatiques sans précédent. Pour y parvenir, nous devrions émettre seulement 3 tonnes d’équivalent CO2 par an et par personne d’ici 2030 : c’est ce que l’on appelle le “budget carbone”.

Ce chiffre peut sembler important mais nos émissions d’équivalent CO2 s’additionnent très vite, surtout si l’on voyage en avion de manière régulière.

Le monde du tourisme est l’un des secteurs les plus polluants et néfastes pour le climat, notamment à cause de notre choix de mode de transport.

Choisir de devenir des touristes responsables ne se limite pas seulement à réduire notre empreinte carbone. C’est aussi apprendre à voyager autrement : préserver les écosystèmes et les retombées économiques et sociales pour les populations locales pour vivre une expérience incroyable !

Tourisme responsable : une nouvelle vision du voyage

Le tourisme responsable : définition

Le tourisme responsable est “un tourisme qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels, de l’environnement et des communautés d’accueil”, selon l’Organisation mondiale du tourisme. Il met ainsi au premier plan la protection des écosystèmes et le bien-être des populations locales.

Il peut prendre différentes formes :

Le tourisme local

C’est la forme de tourisme responsable la plus répandue pour préserver l’environnement. C’est être le moins polluant possible en choisissant une destination proche pour éviter autant que possible de prendre l’avion pour son voyage.
Ce tourisme participe également à l’économie locale. Lorsque nous voyageons sur notre territoire, nous observons une tendance à dépenser d’abord notre argent dans les sites et les commerces locaux. À l’inverse, lors de voyages internationaux, les dépenses se concentrent davantage dans des activités touristiques haut de gamme qui bénéficient en priorité à des entreprises mondialisées.
Nous pouvons également être victimes du “greenwashing touristique” en optant pour des voyages lointains : partir en écolodge à l’autre bout du monde, ce n’est pas faire du tourisme responsable. L’hébergement à lui seul ne compense pas les équivalents CO2 émis lors du voyage en avion.

Le tourisme bas-carbone

C’est choisir le mode de transport le moins nocif pour le climat pour ses voyages. Concrètement, cela signifie éviter d’embarquer sur un bateau de croisière, ou de choisir une destination accessible seulement en avion. Un vol aller-retour en Asie, ou une semaine de croisière, c’est tout notre “budget carbone” annuel qui part en fumée en un rien de temps.
Le voyage bas-carbone, c’est aussi limiter l’itinérance en voiture au simple nécessaire, et privilégier dans la mesure du possible (et de ses moyens) les modes de transport faiblement carbonés, comme le train.

Le slow tourisme

C’est un état d’esprit qui est parfaitement en accord avec le tourisme responsable. Pas besoin de prendre l’avion vers des destinations lointaines pour que le dépaysement soit au rendez-vous. Décider de voyager autrement, c’est redonner du temps au temps tout au long de son voyage pour découvrir les régions et les populations locales. Rien ne sert d’aller trop vite car vous risqueriez de passer à côté de paysages incroyables.

Au contraire, prenons le temps de découvrir des lieux et des personnes enrichissantes et de vivre à 100% nos activités de voyage. Nous avons cependant bien conscience que nous n’avons pas toutes et tous les mêmes possibilités dans notre modèle de société actuel et que le slow tourisme n’est pas facilement accessible à tout le monde.

L’écotourisme

En choisissant de mettre la nature au cœur de votre voyage; en l’observant, en la découvrant voire en apprenant comment elle fonctionne dans des zones naturelles ou par des activités écologiques, vous faites ce que l’on appelle de l’’écotourisme. Cette forme de tourisme responsable inclut une part d’éducation et de compréhension de l’environnement. Attention toutefois à éviter autant que possible les zones trop touristiques, notamment en haute saison : la surfréquentation et la dégradation de l’environnement qui souvent l’accompagne seraient totalement contre productives.

Chacune de ces formes touristiques vont de pair avec le tourisme responsable. Vous pouvez d’ailleurs les pratiquer toutes en un seul voyage. C’est le dépaysement garanti et la promesse d’un voyage incroyable !

Pourquoi le tourisme responsable est-il un tourisme sans avion ?

Il y a de nombreuses raisons pour pratiquer le tourisme responsable mais une des raisons principales, vous l’aurez compris, c’est la cause environnementale. La crise climatique s’aggrave et le secteur des transports est l’un des plus polluants en France et dans différents pays du monde.

À lui seul, le transport aérien constitue 41 % de l’empreinte carbone du secteur touristique français. Et, ce mode de transport est loin de décroître Les vols pour motifs personnels ont même doublé en l’espace de 10 ans en France !

À votre échelle, vous pouvez œuvrer pour un tourisme plus responsable et promouvoir ce mode de voyage auprès de votre entourage ou de votre communauté pour déconstruire l’imaginaire du voyage rapide et lointain instauré par le tourisme international, l’industrie aérienne et repenser plus globalement votre rapport au voyage, au tourisme et aux vacances comme l’indique Saskia Cousin, sociologue et anthropologue du tourisme dans son interview pour Tourmag.

Comment faire du tourisme responsable ?

Évidemment, la lutte pour la cause environnementale ne se limite pas à éviter l’usage de l’avion. Le tourisme responsable est un véritable état d’esprit pour celui ou celle qui veut voyager autrement. Voici quelques règles et notions qui nous semblent bien résumer cette façon de penser et voyager :

Les 7 règles d'or pour voyager responsable : 1. Eviter l'avion 2. Ne laisser aucune trace 3. Rester sur les sentiers balisés 4. Soutenir l'économie locale 5. Ne pas cueillir ni dégrader les plantes 6. Ne pas nourrir ni déranger les animaux 7. Eviter l'avion... vraiment !

Pour avoir un peu plus d’idées sur comment voyager autrement, voici la vidéo « 10 idées pour des vacances écologiques“ de Swann Périssé »

1. Optez pour des séjours et/ou micro-aventures “clé en main”

Qu’est-ce que la micro-aventure ? D’après l’aventurier britannique Alastair Humphreys, il s’agit d’activités (canoë, kayak, vélo, randonnée, paddle …) de courte durée et réalisables en plein air, accessibles près de chez soi et à toutes les personnes en quête d’aventure.

L’hébergement et les déplacements au moment de l’activité sont compris. Les repas peuvent être inclus selon l’activité choisie.
Aucun stress ni aucune charge mentale sur l’organisation et la préparation du séjour : tout est géré par l’organisme, il ne faut penser qu’au transport pour vous rendre sur place et éventuellement aux repas s’ils ne sont pas inclus.

Cette tendance qui invite au tourisme responsable ne fait que croître avec les années. Aujourd’hui, de nombreux organismes proposent des séjours de micro-aventure pour le bonheur de toutes et tous.

Prenons l’exemple de Mad Jacques.

Cet organisme a une façon bien à lui d’appréhender la micro-aventure. Mad Jacques organise des “courses” en vélo, des balades en canoë ou des randonnées partout en France pour des groupes d’aventuriers et d’aventurières. Découvrez les activités proposées pour l’année en cours, réservez et c’est parti pour quelques jours de folie avec une fête en plein air à l’arrivée !

Point important à ne pas négliger : les séjours “clé en main” se pratiquent généralement en groupe d’au moins 10 personnes selon les activités. Si vous appréciez de rencontrer de nouvelles personnes avec les mêmes centres d’intérêts, ce sera une expérience des plus enrichissantes ! Dans le cas contraire, le séjour peut-être un peu éprouvant émotionnellement.

Au-delà de la micro-aventure, des agences de voyages “responsables” organisent des vacances selon vos besoins, en solo ou en groupe.
Attention toutefois à ne pas tomber dans le piège du greenwashing ! N’oublions pas qu’il faut minimiser son impact sur l’environnement en évitant autant que possible l’avion pour pratiquer un “véritable” tourisme responsable.
Partir en Asie ou au Costa Rica et dormir dans un écolodge, ce n’est pas du tourisme responsable. C’est du greenwashing ! On ne le répétera jamais assez mais l’avion est le transport le plus néfaste pour le climat. Aller à Bali en avion c’est plus mauvais pour le climat que regarder tout le catalogue de Netflix !

Même si, sur le papier, ces organismes présentent de nombreux avantages, le prix peut sembler élevé selon votre budget vacances. Notre conseil : pensez à bien calculer ce qui est le plus rentable (hébergement, repas, déplacement) entre organiser vous-même votre voyage responsable ou passer par des organismes de séjours “clé en main”: le voyage le plus économique n’est pas toujours celui que l’on croit !

2. Créez votre propre circuit touristique écolo

Il y a tellement de raisons de créer son propre circuit touristique : le plaisir d’organiser son voyage, l’envie de créer une aventure unique, la joie d’inventer un parcours qui vous correspond, avoir la garantie de voyager autrement et de ne pas tomber dans les pièges du greenwashing…

L’un des avantages, non négligeable, de créer son propre voyage est de pouvoir l’adapter à ses envies et à son budget. Encore une fois, n’hésitez pas à prendre le temps de calculer le coût réel d’un voyage “tout compris” et d’un voyage fait maison.

3. Choisissez le mode de transport le moins polluant

L’une des caractéristiques les plus importantes dans l’organisation d’un voyage écologique est le mode de transport. L’avion est le mode de transport le plus polluant. Un trajet aller-retour Paris-Bali, c’est 4 tonnes d’équivalent CO2 rejeté dans l’air. Cela équivaut à chauffer son appartement pendant 4 ans !
Éviter l’avion pour ses voyages de loisirs est l’un des gestes les plus forts pour protéger le climat.

Pour connaître le mode de transport à privilégier pour votre voyage, vous pouvez vous rendre sur le site Mon Impact Transport. Attention à bien prendre en compte les traînées des avions dans le calcul de votre impact en cliquant sur le point d’interrogation rouge à côté de l’avion. Elles ont des conséquences non négligeables sur le climat. Pour plus d’informations à ce sujet, vous pouvez lire notre article ici.

Grâce à cet outil, vous pouvez ajouter la distance en km (si vous la connaissez), votre itinéraire (lieu de départ et d’arrivée) ou encore évaluer au quotidien l’impact environnemental de votre transport pour vous rendre à votre travail.

Petit conseil pour vos billets de train

Si vous en avez la possibilité, prenez vos billets de train le plus en avance possible et hors période de surfréquentation (vacances scolaires et vacances d’été), ils sont bien plus abordables. Et si vous comptez traverser un pays, pensez à prendre votre billet de train sur le site du pays. Par exemple, en Allemagne, sur le site Deutsche Bahn, les prix peuvent être nettement moins chers !

Petit conseil pour vos voyages en itinérance, à vélo ou à pied

Si vous souhaitez entreprendre un voyage à vélo, nous vous conseillons de créer votre parcours grâce à la carte européenne des véloroutes ou à la carte françaises des véloroutes. Pour les itinéraires à pied, vous pouvez utiliser le site Mon Gr pour trouver la randonnée qui vous convient, par exemple le GR® 52 de Saint-Dalmas-Valdeblore à Menton en passant par la Vallée des Merveilles !
Optez pour des hébergements au plus proche de la nature et de la population locale

Pour réserver un hébergement dans un territoire accessible sans avion, il existe de nombreuses alternatives à Airbnb, comme Green Go ou We go greenR.

D’autres initiatives permettent de vous imprégner plus fortement encore des territoires et des personnes qui les habitent. Le site Warmshowers propose d’accueillir les cyclo-randonneurs de passage. On vous offrira une douche chaude et très souvent le gîte et le couvert. La coopérative “Les oiseaux de passage” propose des chambres d’hôte, où des « passeurs de voyage » seront ravis de vous raconter leur territoire.

Si vous avez du temps, vous pouvez également tenter une expérience de woofing dans une ferme écologique. Vos hôtes se feront un plaisir de partager avec vous leurs connaissances, un gîte et un couvert, en échange de quelques heures de travail par jour.

Conclusion

Nous n’avons pas la prétention de fournir toutes les clés d’un voyage réussi, ni celle de vouloir interdire tout trajet en avion.
Tout le monde n’a pas les mêmes aspirations ou possibilités. Certains usages de l’avion restent nécessaires (l’aide humanitaire, les déplacements familiaux…).
Notre but est de sensibiliser aux ordres de grandeur et à l’impact concret d’un vol sur le climat, réinventer un voyage véritablement désirable, écologique et durable afin que l’avion (re)devienne un moyen de déplacement exceptionnel.

L’action individuelle, bien que nécessaire, n’est pas suffisante face au réchauffement climatique. C’est d’abord l’action politique qui est indispensable. Il est du ressort des responsables politiques de réguler les secteurs polluants comme le secteur aérien et de rendre accessibles et de soutenir les modes de transport alternatifs moins polluants.
Nous pouvons chacun et chacune agir à notre échelle. Si l’avion est le mode de déplacement le plus néfaste pour le climat et au vu de l’urgence climatique, voyager autrement et être dépaysé·e, c’est possible.
Mais ce n’est pas toujours facile de savoir où partir… et surtout comment, quand on a pris l’habitude de voyager en avion. Téléchargez notre guide réunissant pas loin de 41 idées de voyages écolos accessibles sans avion à travers la France et l’Europe pour vous aider à trouver l’inspiration !

Je fonce !

Crédit photo : © Alain Rappeneau