Centrale nucléaire de Tricastin - © Micha Patault / Greenpeace

Tricastin : 40 ans, ça suffit !

Ensemble, exigeons du gouvernement et de l'Autorité de sûrété nucléaire une date de fermeture du réacteur n°1 de la centrale de Tricastin.

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Madame Élisabeth Borne, Ministre de la Transition écologique et solidaire,
Monsieur Bernard Doroszczuk, Président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire,

Le 4e réexamen périodique du réacteur n°1 de Tricastin vient de s’achever et une décision sur la prolongation de la durée de vie ou l’arrêt du réacteur devra être prise prochainement.

Tricastin : une centrale nucléaire à haut risque

EDF devra publier prochainement son rapport de conclusion du réexamen de Tricastin 1. Les dispositions proposées par EDF dans son rapport seront soumises à une enquête publique.

Même si EDF propose quelques modifications pour améliorer le niveau de sûreté du réacteur n°1 de Tricastin, celui-ci ne pourra jamais atteindre un niveau de sûreté suffisant.

Le réacteur n°1 de Tricastin présente de graves déficits en matière de sûreté au regard des exigences françaises et internationales appliquées à l’heure actuelle et les conséquences d'un accident seraient considérables, mettant en péril les riverains, l'environnement et l 'économie locale.

Au vu des défauts, des incertitudes et des risques, le réacteur n°1 de Tricastin ne doit pas recevoir l’autorisation de fonctionner au-delà de la quatrième visite décennale.

Quarante ans ça suffit ! Stop Tricastin !

Nous vous demandons d’arrêter le réacteur n°1 de Tricastin.

Consulter toutes nos raisons

Sûreté de l’installation

Avec 40 années de fonctionnement pour le réacteur n°1 de la centrale de Tricastin celui-ci fait partie des plus vieux du parc nucléaire d’EDF et a dépassé les 30 années de fonctionnement initialement envisagées pour les réacteurs nucléaires.

Une fragilité sur la cuve du réacteur n°1

En 1998, à l’occasion de la seconde visite décennale du réacteur n°1, une vingtaine de fissures sont découvertes dans l’épaisseur de l’acier dans la zone de cœur (soumise à une forte irradiation) de la cuve dont la plus grande d’environ 11 mm. Elles sont appelées des « défauts sous revêtements ». Cette cuve concentre deux tiers des défauts identifiés sur l’ensemble du parc français et répartis sur 8 réacteurs. À l’issue de la troisième visite décennale du réacteur en 2009, l’ASN a exigé entre 2013 et 2015 un nouveau contrôle de la zone de la cuve concernée afin d’observer d’éventuelles évolutions des fissures ainsi que la mise en place d’un dispositif de préchauffage de l’eau du circuit de refroidissement de sécurité pour éviter une rupture de la cuve par un choc thermique chaud-froid en cas de recours à ce circuit de secours.

L’enceinte de confinement en béton : une paroi simple vulnérable aux agressions externes

Comme les autres réacteurs de 900 MW, le bâtiment abritant chaque réacteur est constitué d’une enceinte externe en béton armé de 90 cm d’épaisseur pour les parois cylindriques et 80 cm d’épaisseur pour le dôme. Cette paroi simple en béton est recouverte, à l’intérieur, d’une peau d’étanchéité métallique interne en acier ancrée dans le béton, de 6 mm d’épaisseur. Le principe d’une paroi simple rend les réacteurs plus vulnérables aux agressions externes.

L’usage de combustible MOX : un élément aggravant

La présence de combustible MOX renforce la réactivité et la puissance thermique résiduelle des réacteurs mais aussi des piscines. Elle aggrave les conséquences potentielles d’un accident majeur par la présence accrue de plutonium, plus radiotoxique que les autres matières rejetées en cas d’accident.

Risques d’agressions externes naturelles

Risques d’inondation

Comme pour celles de Fessenheim et du Bugey, la plateforme de la centrale de Tricastin se situe à un niveau inférieur à celui de sa source froide. La centrale est implantée en contrebas de la digue rive droite du canal de Donzère-Mondragon. Elle est donc vulnérable au risque d’inondation en cas d’une défaillance des digues pouvant être provoquée par un séisme ou une crue exceptionnelle du Rhône.

Risques sismiques

A la suite à l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima, l’ASN a prescrit à EDF de mettre en place des dispositions afin de faire face à des séismes « extrêmes » (séisme noyau dur). L’ASN a donc demandé à EDF de renforcer à nouveau la digue protégeant la centrale nucléaire du Tricastin, avant fin 2022 afin qu’elle résiste à un séisme de niveau SND.

Dans l’attente de ces renforcements, l’ASN a prescrit :
- une surveillance renforcée de la digue ;
- un programme d’action en cas de hausse du niveau d’eau dans la digue du canal de Donzère-Mondragon ;
- des moyens humains et matériels sur le site pour faire face à une détérioration de la digue à la suite d’un séisme.

Est-ce que le séisme de magnitude 5,4 (d’après le Bureau Central Sismologique Français) qui s’est produit dans la vallée du Rhône le lundi 11 novembre 2019 aura des conséquences sur les critères de résistance de la centrale nucléaire du Tricastin ? On ne le sait pas pour l’instant.

L’aléa sismique défini pour le troisième réexamen périodique des centrales nucléaires de Cruas et du Tricastin se fonde sur le séisme du 8 août 1873 pour calculer un SMHV de magnitude Ms (magnitude des ondes de surface) de 4,7 à 4 km de profondeur. Cela conduit in fine à un SMS de magnitude Ms de 5,2 à 4 km de profondeur.
L’ASN a demandé à EDF de déterminer, une fois qu’il aura été caractérisé et en tout état de cause avant mars 2020, si le séisme du Teil doit conduire à réévaluer le SMHV (et donc le SMS) des centrales de Cruas et Tricastin. Si tel est le cas, EDF devra déterminer si ces nouveaux niveaux doivent conduire à renforcer ses installations. L’ASN contrôlera l’ensemble du processus et prendra position sur ce sujet.

Risques d’agressions externes non naturelles

Risques industriels

La centrale nucléaire de Tricastin présente une sensibilité particulière du fait de son implantation au sein d’un complexe nucléaire et chimique plus important. Ainsi, dans un rayon de 10 km autour du site, on retrouve quatre installations classées Seveso seuil haut dont une installation chimique liée au nucléaire (Cogema, Comurhex, Soderec et Butagaz) et 2 Seveso seuil bas (Eurodif et Sogif).

La centrale de Tricastin se situe à 30 km d’une autre centrale nucléaire, celle de Cruas, sous les vents dominants. Un accident à la centrale de Cruas pourrait nécessiter une évacuation totale de la centrale de Tricastin.

Risques liés à la chute d’avion

Le site de Tricastin se situe à proximité de trois aéroports transportant au total plus de 7,5 millions de passagers par an et 53 000 tonnes de marchandises. Les piscines de la centrale sont très vulnérables en cas d’agression aérienne volontaire du fait de leur positionnement en hauteur, de la configuration des lieux et de l’absence de confinement.

Conséquences en cas d’accident

La centrale de Tricastin est située à proximité de d’axes de transports majeurs, notamment la ligne TGV Paris-Lyon -Marseille et l’autoroute A7 qui draine en moyenne 70 000 véhicules par jour.

Contamination en cas d’accident

1 900 000 personnes vivent dans un rayon de 80 km autour de la centrale. Dans la vallée du Rhône le vent dominant est le mistral qui souffle du nord au sud avec des rafales pouvant dépasser régulièrement les 100km/h, un nuage radioactif serait donc rapidement sur Avignon, voire même sur Marseille située à 150 km seulement.

Mais le vent est parfois un vent du sud, dans ce cas les villes de Montélimar et de Valence seraient directement menacées.

Risques en termes d’image et impacts socio-économiques

La région proche de la centrale de Tricastin est aussi fortement agricole, et de nombreux AOC sont produits comme la truffe noire de Tricastin. Mais en cas d’accident majeur et en raison des conditions météorologiques et topographiques des lieux, c’est toute la vallée du Rhône jusqu’à Marseille qui serait fortement contaminée. Le vignoble de la vallée du Rhône est le 2e vignoble français d’AOC en superficie et en production pour le conventionnel et le Bio. Produits sur six départements, les vins de la vallée du Rhône représentent la première activité économique de la région.

Incidents, falsifications, anomalies, événements précurseurs, fissures : la liste des problèmes de Tricastin 1 est longue

 

Pétition créée par le collectif Stop Tricastin et Greenpeace France

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 Stop Tricastin est un collectif de citoyens de tous horizons unis pour obtenir la fermeture de la centrale de TRICASTIN et coordonner des actions qui visent à informer les citoyens, les élus et les médias sur les alternatives à l'énergie nucléaire.