Un vent citoyen

De l'éolien dans l'Indre

  • Le village de Saint-Georges-sur-Arnon est devenu l'emblème du développement éolien. Là-bas, un projet de parc éolien fonctionne à merveille, alimentant une partie de la communauté de communes d'Issoudun, soit plusieurs milliers d'habitants.

    À la suite d'un processus de sensibilisation démarré en janvier 2005, un projet de parc éolien remporte l'adhésion des citoyens. Sur les terres de Saint-Georges-sur-Arnon et Migny, 19 éoliennes déploient majestueusement leurs ailes et s'intègrent parfaitement dans les lignes épurées du paysage. Parmi elles, les cinq éoliennes du parc des Tilleuls, totalisant une puissance de 12,5 MW, produisent de l'électricité pour environ 4 300 foyers, soit 9 500 habitants.

  • L'éolien, c'est beaucoup de retombées positives pour le territoire. D'abord en termes de retombées fiscales, qui ont permis à la commune de Saint-Georges-sur-Arnon de financer d'autres projets et de baisser les impôts locaux de 16 %. En termes d'emploi, ensuite : douze emplois permanents et non délocalisables ont été créés dans la commune, pour la maintenance des Tilleuls et des parcs voisins. Enfin, les collectivités locales (Conseil régional, Communauté de communes du Pays d'Issoudun, Communes d'Issoudun et de Migny) ont en partie racheté le parc des Tilleuls via la création de la société d'économie mixte des énergies renouvelables (SEMER). L'enjeu est notamment de réinvestir les bénéfices perçus grâce à l'exploitation de ces cinq éoliennes dans de nouveaux projets d'énergies renouvelables et de développement du territoire.

  • Quant aux particuliers, ils ne voient pas la différence sur leur facture et sont ravis de contribuer à la transition énergétique dont la planète a besoin. Nouvelles technologies, modèle économique citoyen et implication collective forment un triangle gagnant. La Communauté de communes ambitionne même d'étendre le parc : 11 nouvelles éoliennes devraient voir le jour. Reste à répliquer, grâce à des politiques publiques plus ambitieuses, cette réussite sur l'ensemble du territoire.

Un maire entraînant : Jacques Pallas

Ancien cheminot, maire de Saint-Georges-sur-Arnon depuis plusieurs années, Jacques Pallas sait comment mettre son territoire sur les rails de la transition énergétique. D'abord, c'est un optimiste, quelqu'un qui pense qu'avec un peu de bonne volonté et d'énergie, on peut faire avancer les choses. Il a fait de sa commune une référence du développement éolien.

C'est en 2005, à l'époque du protocole de Kyoto et du film d'Al Gore « Une vérité qui dérange », que Jacques s'est décidé à contribuer avec sa commune au plan d'action « 3 x 20 » de l'Union européenne (réduction de 20 % des gaz à effet de serre, 20 % de renouvelables dans la consommation d'énergie et 20 % d'économies d'énergie). Avec un principe clair en tête : le partage des paysages devait aboutir au partage des richesses. Pari réussi puisque le projet a vu le jour et grandi au-delà de ses espérances, apportant de nouvelles richesses au territoire et contribuant à une redynamisation de l'économie du pays.

+

210

C'est le nombre de kilos de déchets nucléaires évités par an grâce aux éoliennes de Saint-Georges-sur-Arnon et Migny

78 500

C'est la pollution annuelle évitée, en tonnes de Co2

23 600

C'est la production annuelle du parc éolien, soit l'électricité nécessaire au quotidien de plus de 9 500 habitants

Pour les plus curieux...

Comment fonctionne l'énergie éolienne ?

L'énergie éolienne consiste à utiliser la force du vent pour la transformer en électricité. Une éolienne - ou aérogénérateur - se compose :

  • d'un rotor (la partie rotative de l'éolienne composée de trois pales reliées par un moyeu),
  • d'une nacelle (structure soutenue par le mât qui abrite les éléments mécaniques dont le générateur),
  • d'un mât vertical.

Le principe est simple : le vent fait tourner les pales entre 10 et 25 tours par minute. Les pales font elles-mêmes tourner le générateur de l'éolienne, qui transforme alors l'énergie mécanique du vent en énergie électrique injectée dans le réseau.

Les éoliennes fonctionnent pour des vitesses de vent généralement comprises entre 14 et 90 km/h. Au-delà, elles sont progressivement arrêtées pour sécuriser les équipements et minimiser leur usure.

(source : ADEME)

L'énergie éolienne en France : où en est-on ?

La France bénéficie du deuxième gisement éolien en Europe après la Grande-Bretagne.

En termes de capacité installée, la France se trouve au 8ème rang mondial avec 9,1 GW fin 2014. Les régions avec la plus grande capacité installée sont la Champagne-Ardenne, suivie de la Picardie.

Concernant la production d'électricité, l'éolien avoisinait les 17 000 GWh au 1er janvier 2015, soit l'équivalent de 3,7% de la consommation électrique française.

Pour le moment, la France affiche un retard sur l'éolien offshore car aucun MW n'est encore installé en mer. D'importants projets sont en cours mais risquent d'être insuffisants pour atteindre l'objectif fixé de 6 GW à l'horizon 2020.

(source : FEE)

Les énergies renouvelables ne sont pas une source fiable d'électricité ?

L'énergie que le soleil apporte chaque année à la Terre correspond à 10 000 fois la consommation d'énergie de l'humanité tout entière pour satisfaire tous ses besoins: il n'y a donc aucun risque de pénurie, et un approvisionnement à 100% par les énergies renouvelables est possible. C'est particulièrement vrai dans un pays comme la France, que la nature a généreusement pourvu de soleil, de vent, de cours d'eau, de forêts, de terres cultivables et de géothermie pour couvrir tous ses besoins énergétiques et donc faire des énergies renouvelables une source d'approvisionnement extrêmement fiable.

La première condition pour gérer intelligemment les énergies renouvelables, c'est de jouer en équipe et de les utiliser les unes en complément des autres.

Si certaines énergies renouvelables sont produites au gré des éléments naturels, comme le vent ou le soleil, d'autres peuvent être stockées pour être utilisées en fonction des besoins: c'est le cas du bois et du biogaz, ou encore des réservoirs formés par les lacs des barrages en montagne. Depuis longtemps, les électriciens ont appris à anticiper et à gérer les fluctuations parfois très importantes de la demande : ils savent par exemple que dès que la température extérieure diminue d'un seul degré en hiver, il faut démarrer immédiatement l'équivalent de 2 à 3 réacteurs nucléaires ou importer de l'électricité à cause du nombre très important de convecteurs électriques dans notre pays. On parle donc de la « thermo-sensibilité » de notre système électrique.

Pourquoi ne pas simplement baisser notre consommation ?

Il est clair que la transition énergétique vers 100% d'énergies renouvelables pour tous ne passera pas que par l'installation de nouvelles capacités de production d'énergies renouvelables.

Cela doit se faire aussi en réduisant drastiquement notre consommation d'électricité. Le premier poste pour cela reste le bâtiment, où la rénovation est un chantier immense qui doit être mené de front avec le développement des renouvelables. La rénovation thermique des bâtiments permettra également de lutter contre la précarité énergétique qui touche un très grand nombre (7 millions) de ménages français.

C'est uniquement avec une approche intégrée que la transition sera une réussite et permettra de vraiment réduire les émissions de gaz à effet de serre.

En comparaison avec la construction d'une centrale et de l'électricité fournie, l'électricité éolienne coûte-t-elle moins cher ou plus cher que le nucléaire au particulier ?

Le nucléaire coûte de plus en plus cher. C'est la cour des comptes qui le dit. Ainsi les couts de production d'EDF ont augmenté de 20% en 3 ans et vont continuer d'exploser. Cela est dû à l'accroissement des dépenses liées au vieillissement des centrales. Et cette tendance va s'accélérer car EDF veut à tout prix etendre la durée de vie de ses réacteurs qui arrivent à 40 ans (leur durée maximale de fonctionnement autorisé).

En comparaison, les coûts des énergies renouvelables sont en train de connaitre une chute vertigineuse, en France et dans le monde. Au-delà des dangers et des impacts sur l'environnement, le nucléaire n'est donc plus compétitif avec les renouvelables.

Ainsi, comme Greenpeace l'a déjà montré, l'éolien terrestre (de 40 à 80€/MWh) est déjà compétitif face au nucléaire ancien (entre 70 et 90€/MWh) qui a besoin d'être rénové (ce qui pourrait accroitre ses coûts jusqu'à 133€/MWh si l'on veut le rénover aux standards de l'EPR selon une étude de Greenpeace de mai 2014). C'est encore plus le cas pour le nouveau nucléaire (type réacteur EPR) dont les coûts s'envolent (95euros/MWh au minimum) et qui est encore loin d'être opérationnel.

Les énergies renouvelables sont-elles source d'emploi ?

En France, en 2013, 176 000 emplois directs et indirects dépendaient du secteur des renouvelables. Et la transition énergétique pourrait générer 600 000 emplois d'ici 2030 en France. En Allemagne, ce sont déjà 400 000 emplois qui ont été créés dans ce secteur.

Dans le monde, selon l'Agence internationale des énergies renouvelables (IRENA), si l'on exclut les grandes centrales hydroélectriques, les énergies renouvelables étaient en 2013 la source de 7,7 millions d'emplois (directs et indirects). Ce chiffre est d'autant plus impressionnant qu'il est en croissance de 18 % par rapport à l'année précédente. En incluant les grands barrages, ce sont même 1,5 million d'emplois supplémentaires qui dépendent des énergies renouvelables. Aussi, selon les mots mêmes du Président de l'IRENA, Adnam Amin, « les renouvelables continuent de s'affirmer comme un employeur majeur à l'échelle du globe, générant d'importants bénéfices sociaux et économiques ».

Les éoliennes ne sont-elles pas nuisibles pour la santé ?

Les éoliennes, tout comme le vent dans les arbres ou la circulation automobile, émettent des infrasons, c'est-à-dire des sons de basse fréquence, inférieurs au seuil audible par l'oreille humaine. Selon l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset), aucune donnée sanitaire disponible ne permet d'observer les effets liés à l'exposition aux basses fréquences et aux infrasons générés par les éoliennes.

(source : FEE)

Les éoliennes récentes sont peu bruyantes, et des études n'ont pas montré d'impact particulier du bruit sur les riverains des parcs éoliens. Les machines font l'objet de perfectionnements techniques constants pour réduire encore le bruit : diminution de la vitesse de rotation des pales, engrenages de précision silencieux, montage des arbres de transmission sur amortisseurs, capitonnage de la nacelle.

Enfin, les projets éoliens sont soumis à la réglementation relative à la lutte contre les bruits de voisinage (décret 2006-1099 du 31/08/2006).

(source : ADEME)

Quel impact les éoliennes ont-elles sur les oiseaux ?

Les développeurs éoliens travaillent de concert avec les associations environnementales, notamment la Ligue de protection des oiseaux (LPO) ou des bureaux d'études spécialisés, pour évaluer la sensibilité d'une zone envisagée pour un projet d'implantation.

L'étude d'impact nécessaire à un projet de parc éolien comporte un volet "milieu naturel", qui traite en particulier de l'avifaune. L'implantation doit se faire hors des couloirs de migration ou des zones sensibles pour les oiseaux nicheurs.

(source : FEE ; ADEME)

L'Etat peut-il réquisitionner des terres pour implanter des champs d'éoliennes ?

Personne n'a jamais été exproprié pour laisser place à une éolienne. Jamais les éoliennes, qui sont des projets privés, n'ont été déclarées d'intérêt public, procédure préalable à l'expropriation. Le développement des énergies renouvelables se fait donc toujours avec l'accord des propriétaires - contre rémunération - et avec la consultation des populations riveraines, après enquête ouverte d'utilité publique, phase au cours de laquelle les avis de chacun sont minutieusement recueillis et pris en compte.

Les éoliennes ne fonctionnent que lorsqu'il y a du vent : est-ce vraiment efficace ?

Il faut savoir que les éoliennes en France tournent 80% du temps. Car elles sont situées dans des zones où il y a suffisamment de vent pour produire de l'électricité 80% du temps de l'année. Mais elles ne tournent pas toute l'année à plein régime c'est pour cela que l'on dit qu'elles ont un "taux de charge" de 25%.

Les éoliennes tombent-elles souvent en panne ?

Comme toute technologie, les éoliennes nécessitent un peu de maintenance de temps à autre. Mais c'est une technologie désormais robuste et relativement simple, si bien que les coûts liés à l'entretien sont assez faibles.

Les éoliennes peuvent-elles nuire au tourisme ?

En aucun cas les éoliennes ne peuvent nuire au tourisme. D'abord, une enquête publique est chargée de déterminer la compatibilité d'un projet éolien avec le patrimoine territorial. Ensuite, les éoliennes dégagent des ressources financières pour les territoires, ce qui leur permet de mettre en valeur leur potentiel touristique à travers divers projets de développement ou de rénovation. Enfin, les éoliennes elles-mêmes constituent des sources de curiosité touristique : à Saint-Georges-sur-Arnon, par exemple, des visites sont régulièrement organisées, et au Danemark, les champs éoliens offshore sont même devenus des sites tellement attractifs qu'ils constituent une activité touristique à part entière!

Les éoliennes ne présentent-elles pas une forme de pollution visuelle ?

Non, les éoliennes ne sont pas forcément un handicap pour les paysages. Leur mouvement s'intègre parfaitement dans certains horizons, où elles peuvent devenir un élément très esthétique - et dans tous les cas nettement plus qu'une centrale. Elles ne doivent simplement pas être implantées n'importe comment. Par exemple, les règles en vigueur aujourd'hui empêchent qu'elles soient construites trop près des habitations.

Les éoliennes peuvent-elles être démontées facilement ?

La réglementation précise, dans l'article L553-3 du Code de l'environnement, que l'exploitant d'une éolienne est responsable de son démantèlement et de la remise en état du site à la fin de l'exploitation. Constituée d'acier et de matières plastiques, une éolienne est démontable en fin de vie et presque totalement recyclable. Elle ne laisse pas de polluant sur son site d'implantation.

Le démantèlement d'une éolienne est estimé à environ une semaine en mettant tous les moyens à disposition. Le démantèlement peut être réalisé par démontage à l'aide d'une grue ou par effondrement à l'aide de personnels qualifiés, et dans le cadre de mesures de sécurités strictes.

Si l'on compare aux rares exemples que l'on a de démantèlement de réacteurs nucléaires qui prennent plusieurs années voire dizaines d'années, c'est sans comparaison en termes d'impact sur le territoire et les populations.

En outre, l'exploitant est obligé de provisionner la somme de 50 000 euros par mât, faute de quoi il n'obtient pas son permis. Cette somme est inscrite dans les immobilisations de la société qui exploite. Elle ne peut pas disparaître : l'actif sera toujours repris par quelqu'un d'autre. Le démantèlement va jusqu'au premier mètre du socle béton, remplacé par de la terre végétale.

Où sont fabriquées les éoliennes ?

La plupart des turbines des parcs éoliens en France viennent d'Allemagne et du Danemark, qui sont les premiers fabricants européens. Toutefois, certaines parties des éoliennes sont fabriquées en France.

Qu'est qu'une SEM ?

Une société d'économie mixte (SEM) est une société anonyme au service des collectivités locales, des territoires et de leurs habitants. Elle se caractérise par sa nature d'entreprise commerciale, la nécessaire participation des collectivités locales à son capital, ainsi que sa vocation à satisfaire l'intérêt général et à privilégier les ressources locales.

Elle est créée par des collectivités locales ou leurs groupements et dispose d'au moins sept actionnaires. Les collectivités locales doivent être majoritaires et détenir entre 50 % et 85 % du capital. Les actionnaires privés apportent leur savoir-faire et contribuent à la bonne gouvernance de la société.

Les SEM sont compétentes pour réaliser des opérations d'aménagement et de construction, ou pour exploiter des services publics à caractère industriel ou commercial ainsi que toute autre activité d'intérêt général.

(source : Fédération des entreprises publiques locales)

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