La Commission européenne a finalement décidé ce 17 mai de poursuivre la Franc

Climat

Les statues se bougent pour la qualité de l’air

La pollution est hélas dans l’air du temps… Les victimes de la qualité de l’air ne cessent d’augmenter et pas seulement dans les pays en développement. Plus que jamais, il faut donc sensibiliser le plus grand nombre à cet enjeu. Un samedi matin d’avril, nous avons pris les choses en main pour tenter d’interpeller les Rennais.

La Commission européenne a finalement décidé ce 17 mai de poursuivre la France devant la Cour de justice de l’UE pour non-respect des normes de qualité de l’air. Quelques mois plus tôt, le Conseil d’Etat avait sommé le gouvernement et les collectivités locales de présenter leurs feuilles de route pour enrayer un phénomène qui cause dans le pays 50 000 morts prématurées par an. A leur façon, les mouvements citoyens agissent aussi pour maintenir la pression sur les élus et accélérer les décisions…

A Rennes, Jean Leperdit a eu l’habitude de porter des causes majeures. Déjà au XVIIIe siècle, il insufflait l’esprit révolutionnaire dans une société en plein bouleversement. Le mois dernier, comprenant sans doute que le monde était à nouveau devant des choix décisifs, il a porté un masque anti-pollution pour aider les Rennais à comprendre l’urgence de la situation. Repère de la cité bretonne trônant sur l’emblématique place du Champ-Jacquet, la statue de Jean Leperdit (ancien maire de Rennes) a en effet été équipée par les bénévoles du groupe local de Greenpeace, de même que 6 autres statues du centre-ville (les 4 baigneuses de la Place de Bretagne ainsi que 2 autres statues dans le parc du Thabor) ; bien entendu, les statues liées à un culte ou à la mémoire des anciens combattants n’ont pas été concernées par cette opération de sensibilisation.

 

Des pouvoirs publics relativement inactifs


« On a voulu décliner localement la campagne d’information lancée conjointement par Greenpeace et d’autres associations dont France Nature Environnement et Alternatiba, explique Pierre Artigue, coordinateur du groupe local Greenpeace à Rennes. Face au gigantesque problème de santé publique que représente la pollution de l’air, les pouvoirs publics sont encore relativement inactifs. Depuis que la Commission Européenne agite le chiffon rouge, des actions ont bien sûr été prises. On ne dit pas que rien est fait mais il semble évident qu’il faut aller plus loin encore ! Le dernier ‘plan climat air énergie’ territorial de Rennes Métropole consacre certes 350 millions d’euros à la transition énergétique jusqu’en 2024 mais quelle part de ce montant sera réellement engagée contre la pollution de l’air ? Il faut par exemple favoriser davantage encore l’usage des transports en commun et du vélo… mais la réduction du dispositif VéloStar ne va pas dans ce sens ».

En 2015, la 21eédition de la COnférence des Parties (la fameuse « COP21 ») rassemblant 195 Etats et l’Union européenne a approuvé un premier accord universel qui allait être décisif dans la lutte contre le réchauffement climatique. Cet accord engage quasiment tous les pays du monde à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre pour maintenir le réchauffement climatique sous la barre des 2°C d’ici la fin du siècle. A l’échelle hyper-locale, Rennes Métropole a annoncé début avril l’objectif de diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, par rapport à 2010. Ce plan est assorti d’un budget de 350 millions d’euros jusque 2024, portant sur la rénovation des logements, la réduction du trafic routier (dans un contexte où le nombre d’habitants ne fait qu’augmenter) et le développement des énergies renouvelables, reconnu comme un point faible du territoire.

 

Des villes françaises dans l’illégalité

 

Les travaux scientifiques de toutes parts ne cessent de diagnostiquer les dégâts causés par la pollution de l’air sur la vie humaine. Le mois dernier, l’Organisation Mondiale de la Santé a publié un nouveau bilan constatant 7 millions de morts par an dans le monde (dont 500 000 décès en Europe) en raison de la qualité de l’air, avec une forte augmentation due aux pollutions de l’air extérieur. Ce bilan établit aussi que 500 villes françaises ne respectent pas les limites annuelles de particules fines dans l’air.

Quand on imagine le coût de cette pollution sur les frais de santé d’un pays comme la France, cela donne le vertige. Et quand on réalise que la cause de cette hécatombe est l’activité humaine elle-même, on peut s’interroger sur cette absurde capacité de l’Homme à s’auto-détruire.

 

– Florenvironnement –

 

En savoir plus :

best of des photos

 





Consultez nos offres d'emploi

VOIR LES OFFRES

Nos valeurs

Nous sommes farouchement indépendants de tout pouvoir politique et économique et sommes financés exclusivement par nos adhérents.

En savoir plus

Relayez nos informations sur les réseaux sociaux

Suivez-nous, réagissez à nos actus et partagez l'information à votre communauté.