Ce que tout le monde aura retenu d’abord, sans aucun doute : la rayonnante per

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Communication Non-Violente : tout un apprentissage

Depuis son origine, Greenpeace porte dans ses gènes - et jusque dans son nom - la non-violence. Fidèle à ses valeurs, l’organisation propose régulièrement à ses militants des formations à la “CNV” (Communication Non-Violente). La dernière session était en février à Bordeaux et le groupe local de Rennes a eu la chance d’y participer. Détails.

Ce que tout le monde aura retenu d’abord, sans aucun doute : la rayonnante personnalité de la formatrice. Nathalie Achard, originellement diplômée en Histoire et passée par une école de commerce, a fait partie des équipes de communication de Greenpeace pendant près de 5 ans. Aujourd’hui, elle anime la communication du Mouvement des Colibris ainsi qu’un cycle de formation à la Communication Non-Violente [la “CNV”, donc…], en milieu carcéral notamment. Intarissable sur les tenants et aboutissants de la CNV, Nathalie a aussi une fine expertise des problématiques environnementales.

La non-violence peut s’appréhender par son opposé, la violence. Le fil rouge de la formation est donc exprimé par cette citation du père de la CNV, Marshall Rosenberg : “La violence est l’expression tragique de nos besoins qui ne sont pas nourris…” Et Nathalie de préciser “La violence, il faut pouvoir la recevoir, la traiter et ne pas la renvoyer vers l’extérieur… ce qui suppose de bien communiquer avec soi-même”. En effet, nous le savons, la paix envers les autres commence par la paix envers soi-même.

Résoudre les conflits

Il serait bien impossible – et tellement réducteur ! – de résumer en quelques lignes, ou même en quelques pages, la substance de l’enseignement dispensé pendant ces dix heures de formation. Car au-delà d’une méthode, un langage, une façon de penser, la Communication Non-Violente est une posture sous-tendue par des notions comme la bienveillance, le respect, la responsabilité, l’empathie ou l’amour (rien que ça !). Elle s’appuie sur un processus en quatre étapes, désigné sous l’appellation “O.S.B.D” : le partage de l’observation (O), l’expression des sentiments (S), la clarification du besoin (B) et la formulation de la demande (D) à l’autre et à soi-même pourvu qu’elle soit réalisable, concrète, précise et positive. Outil précieux pour construire le rapport aux autres, la CNV gagne à être expérimentée sur le plan personnel… mais pas seulement : méthode éprouvée pour la résolution des conflits, elle trouvera aussi son utilité sur un terrain professionnel et/ou militant.

Justement, pendant cette formation, un exercice a consisté à imaginer ou relater une situation à laquelle la CNV pouvait être appliquée. Une participante a alors proposé le scénario suivant : “Je suis dans la rue à militer contre le nucléaire et un passant me déclare tout net que cette lutte est vaine et que le nucléaire ne pose absolument aucun problème de sécurité ou d’écologie ! D’ailleurs, il est bien au courant puisque son oncle, qui travaille justement dans une centrale nucléaire non-loin de là, le lui a confirmé”. Dans pareil cas, la CNV permet d’analyser la situation (à l’aide des 4 étapes O.S.B.D.) et de comprendre que, en fait, derrière la relative agressivité de ce passant, il y a… une peur. La peur de ne pas comprendre des informations contradictoires lorsque d’un côté, une personne de confiance (i.e. votre oncle) vous affirme avec sincérité qu’il n’y a pas de problème et, de l’autre, des personnes qui vous sont étrangères, mais qui semblent pourtant dignes aussi d’une certaine confiance, vous affirment qu’il y a sérieusement péril en la demeure.

Parvenir à « se mettre en lien »

Dans cette situation, une erreur classique consisterait à vouloir échanger sur un registre factuel avec des chiffres, des statistiques, etc. alors même que les protagonistes ne sont pas ceux d’un débat d’experts et qu’on fait face à une situation plutôt émotionnelle. Une approche inspirée de la CNV sera plutôt de “se mettre en lien” avec le passant pro-nucléaire pour comprendre la douleur qu’il ressent face aux arguments contradictoires et lui dire à quel point on comprend cet inconfort. « Se ‘mettre en lien’ avec un interlocuteur est la phase-clé pour pouvoir échanger avec authenticité, rappelle Nathalie Achard. Et construire ce pont avec la personne peut demander une énergie énorme ». Après cette phase très centrée sur l’écoute, il deviendra peut-être possible d’obtenir aussi un peu d’écoute de cette personne et de lui donner quelques éléments supplémentaires pour nourrir sa réflexion. Eléments qui pourront faire leur chemin dans son esprit au fil des semaines suivantes… Au fond, un des ressorts de la Communication Non-Violente est d’être dans un simple esprit de partage d’idée, sans objectif de vouloir convaincre l’autre à tout prix.

Diversité et convivialité

Voilà donc quelques thèmes qui ont nourri la quinzaine de militants Greenpeace réunis à Bordeaux pour cette formation. Parmi eux, une pleine diversité de profils : un paysagiste, un directeur de maison de quartier, une sculpteuse, une professeure des écoles, un agent d’entretien, un apiculteur, un salarié de Greenpeace, des étudiants,… En marge de cette formation, le groupe local de Bordeaux avait concocté des moments de convivialité aussi très appréciés pour échanger sur les parcours et projets de chacun. Finalement, dans ce weekend sur la Communication Non-Violente, il n’y a eu qu’une chose un peu violente : devoir retourner au travail le lendemain !

 

 

Pour découvrir la CNV
. “Les mots sont des fenêtres, ou ce sont des murs”, Marshall Rosenberg (éditions La Découverte)

 

– Florenvironnement –





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