Présentation de notre méthode d'analyse des propositions des candidat·es aux

Climat

Mobilités et transports à Lyon : évaluation des candidat·es aux élections

Présentation de notre méthode d’analyse des propositions des candidat·es aux élections métropolitaines de Lyon

Dans le contexte des élections municipales et métropolitaines de 2020, le groupe local de Greenpeace à Lyon a entrepris d’analyser et évaluer les propositions des candidat·es concernant les politiques mobilités / transports.
Greenpeace est une organisation non partisane et indépendante politiquement. Nous ne soutenons aucune liste, aucun parti, aucun programme ni aucun·e candidat·e.
Afin d’informer les citoyen·nes  sur les positions des candidat·es concernant la lutte contre la pollution automobile, nous avons interpellé ces dernier·ères tout au long de la campagne pour leur demander de prendre des engagements à la hauteur de l’urgence sanitaire et climatique.

Pourquoi les métropolitaines ? 

A Lyon, il y a deux élections différentes : la ville et la métropole. Les décisions prises sur le sujet mobilité et transports en commun sont prises par la métropole. Nous nous sommes donc concentré·es sur les propositions des candidat·es à l’élection métropolitaine.

Pourquoi les transports ? 

Les transports sont :

  • La principale source d’émissions de GES (gaz à effet de serre) en France. Le GIEC nous donne 10 ans pour réduire d’au moins 45% ces GES en précisant que 50 à 70% des actions doivent être prises à l’échelle locale.
  • Une des principales sources de pollution. Et la ville de Lyon est particulièrement concernée avec une trentaine pics de pollution en 2019 et des niveaux de polluants persistants supérieurs aux normes.

La France a par ailleurs été plusieurs fois condamnée pour non-respect des niveaux de pollutions, et l’aire métropolitaine de Lyon fait partie des raisons de cette condamnation. Source

Nous attachons une attention particulière à la santé des enfants puisqu’ils sont les principaux affectés et que 53% des écoles à Lyon sont concernées par des niveaux de pollution au-delà des normes : carte Votre enfant respire-t-il un air trop pollué ?

Malgré de nombreuses sollicitations de notre part et d’une vaste partie des associations lyonnaises, nous n’avons pu que constater le peu d’engagements pris jusque-là par nos élu·es

Les élections métropolitaines sont l’occasion pour les candidat·es de démontrer qu’il·elles ont compris l’importance du sujet pour Lyon et les Lyonnais·es qui l’ont notamment manifesté à travers 3 marches pour le climat. Notre évaluation a ainsi pour but d’éclairer les Lyonnais·es sur la pertinence des propositions des candidat·es et d’inviter ces dernier·ères à être ambitieux pour notre santé, pour le climat, tout en assurant une mobilité efficace et juste.

Notre méthodologie et nos travaux

Nous avons déterminé des thèmes à partir du Classement des 12 plus grandes agglomérations françaises sur les transports réalisé par Greenpeace, le Réseau Action Climat et l’Unicef.

Pour chacun des thèmes retenus, nous avons défini des objectifs à envisager pour développer les mobilités tout en limitant la pollution, en diminuant les gaz à effet de serre, et en accompagnant de manière juste la population.

Voici la liste des thèmes et des objectifs, ainsi que les éléments sur lesquels nous évaluons les positions des candidat·es :

  • Sortie des véhicules polluants :
    • Programmation de la sortie du diesel d’ici la fin du prochain mandat au plus tard, puis de l’essence de toute la métropole avant 2030 (possibilité via la ZFE) ;
    • Extension des restrictions aux véhicules particuliers.
  • Réduction de la place de la voiture :
    • Abandon des projets routiers et autoroutiers et notamment du tronçon périphérique « anneau des sciences » (note : retrouvez l’analyse d’Alternatiba sur ce projet climaticide et extrêmement cher, qui grévera les finances de la métropole sans optimiser le quotidien des Lyonnais·es, imposant de plus un tarif payant pour sa traversée et une destruction de vastes espaces naturels) ;
    • Généralisation de la limitation à 30 km/heure dans la métropole ;
    • Extension des zones piétonnes.
  • Mise en place d’aides pour accompagner les personnes fragiles :
    • Accompagnement à développer les alternatives à la voiture thermique : aides à l’achat de vélos ; aide à l’achat de véhicules électriques ; développement de l’autopartage…
  • Dynamique du vélo (analyse menée en partenariat avec la Ville à Vélo) :
    • Vision du vélo à 2026 ;
    • Création de passerelles vélo ;
    • Lutte contre le stationnement des voitures sur les pistes cyclables ;
    • Création de stationnements vélos ;
    • Prime à l’achat
    • Vélov / MyVélov
    • Autres points notables : ateliers vélos, livraisons, éducation…
  • Dynamique des transports en commun :
    • Augmentation du Budget alloué au SYTRAL ;
    • Développement du réseau, dont prise en compte de l’urgence climatique pour le développement ;
    • Mise en place de tarifs solidaires.
  • Mobilité et santé des enfants :
    • Création de voies piétonnes ou zones à circulation apaisée près des écoles ; aménagement des voies de circulation ;
    • Dispositifs pour faciliter les modes doux : parkings à vélos devant les écoles, pédibus ; éducation au vélo.

Nous avons attribué une note de 0 à 4 pour chaque critère :

  • 0 : Aucune mesure satisfaisante
  • 1 : Programme trop peu ambitieux
  • 2 : Quelques mesures intéressantes mais pas assez nombreuses, ambitieuses, précises
  • 3 : Programme ambitieux mais avec quelques points à améliorer ou à préciser
  • 4 : Programme ambitieux

Afin de recueillir les propositions des candidat·es, nous avons multiplié les sollicitations : mails, courriers, ou réseaux sociaux. Nous avons eu des retours écrits de Bruno Bernard, David Kimelfeld et Gérard Collomb. Par la suite, nous avons pu avoir des échanges avec une partie d’entre eux pour préciser certains éléments dont EELV, la Gauche Unie et Lyon en Commun. Toutes nos analyses reposent donc sur les programmes officiels et/ou sur les échanges réalisés avec les candidat·es/partis.
Note : Le manque d’informations a été évalué comme négatif.

Nous invitons les candidat·es à revenir vers nous pour apporter des précisions ou plus d’ambitions sur ces éléments, et nous nous réservons la possibilité de publier une mise à jour en fonction de ces éventuels éléments.

Nous vous invitons également à venir échanger avec nous le 7 mars lors d’une journée d’action et de présentation de ces éléments aux publics.
Événement Facebook ou événement du blog

Le groupe local de Greenpeace Lyon, déterminé pour la planète. 

 

Les résultats d’analyse

Suite à une première publication le 4 mars, nous publions une mise à jour le 13 mars. 

Notre évaluation intègre désormais les programmes de Eric Lafond, de la liste 100% Citoyens, ainsi que de François-Noel Buffet de la liste Les Républicains.

Nous encourageons les candidat.e.s à prendre les mesures les plus ambitieuses sur nos demandes relatives à la sortie des véhicules polluants et du tout-voiture, dont ils seront ensuite redevables devant les citoyen.nes.

Un programme ne vaut que s’il est applicable, et appliqué.

Nous conservons donc une certaine distance critique vis-à-vis des promesses de campagne et serons vigilants sur leurs mises en application après les élections. Nous ne manquerons pas de rappeler aux futur.es élu.es leurs responsabilités vis-à-vis des citoyens et continuerons à maintenir la pression contre la pollution, pour le climat et notre santé.

Nous invitons d’ailleurs l’ensemble des citoyens à surveiller attentivement la mise en œuvre des promesses électorales.

Voici la synthèse de nos analyses :

Point par candidat·e :

Bruno Bernard :
La quasi exhaustivité des recommandations de Greenpeace sont reprises par le candidat EELV : sortie des véhicules polluants avec l’interdiction progressive des diesels, y compris véhicules particuliers, grand plan vélo, plan transports en commun privilégiant le développement rapide des réseaux de transports en commun pour répondre à l’urgence climatique, généralisation de la zone 30. Nous déplorons néanmoins l’absence de planification de la sortie des véhicules essence au sein de la métropole

François-Noël Buffet :
François-Noël Buffet ne place pas la réduction de la place de la voiture sur la métropole au centre de ses priorités. En effet, à part le développement des véhicules à hydrogène et électrique, aucune mesure n’est mentionnée par le candidat qui a même pour idée un grand projet autoroutier. Les perspectives de développement du vélo restent faibles.
Nous notons un plan transport en commun avec différentes mesures tels que le mise en place d’un RER, de navettes fluviales ou encore agrandir le réseau de métrocommun pour répondre à l’urgence climatique, généralisation de la zone 30.

Gérard Collomb :
Le programme de Gérard Collomb annonce une ambition de réduire la place de la voiture, mais ne définit que de petites mesures et privilégie l’approche technologique. Il ne se donne pas les moyens des objectifs : aucune volonté d’aller plus loin sur la ZFE, poursuite du projet d’autoroute urbaine périphérique ouest à 5 milliards d’euros et des contournements Est.
On note toutefois :
– Quelques avancées sur une volonté de développer des zones piétonnes, mais non chiffrées.
– La volonté de poursuivre le développement vélo pour assurer une continuité des pistes.
– Une bonne dynamique sur les transports en commun mais sans accompagnement social/mise en place d’une tarification solidaire.

Eric Lafond :
La liste 100 % citoyens présente un plan de développement des transports en commun intéressant, s’attachant à répondre rapidement aux besoins de mobilité.
Elle accorde une importance toute particulière à la création de hubs mobilité-travail, centres de télé-travail situés à des points d’intermodalité, afin de réduire les déplacements des travailleurs. Une réflexion est menée pour réduire la place des véhicules thermiques mais il n’y a pas d’informations concernant l’extension de la ZFE, la généralisation de la limitation à 30 km/heure, ni la piétonisation de certaines zones.
La dynamique du vélo est présente mais le maillage des pistes cyclable n’est pas non plus précisé. Enfin les mesures d’accompagnement des citoyens (aide à l’achat de vélos ou de véhicules électriques et tarifs solidaires des transports en commun) sont peu développées.

David Kimelfeld :
David Kimelfeld propose d’interdire le diesel mais pour les VUL/PL uniquement. L’élargissement aux véhicules particuliers serait soumis à consultation alors que le climat nous pousse à le planifier dès à présent. Il propose également d’élargir grandement le périmètre de zones 30 et de voies piétonnes. Il abandonne le climaticide anneau des sciences mais poursuit néanmoins les contournements Grand Est. Le plan transports en commun est très ambitieux mais nécessite de gros investissements et un temps de déploiement sur 10 ans. La réalisation d’un grand plan vélo végétalisé est détaillée. Il propose également des zones air prioritaires autour des écoles, dispositif intéressant mais limité pour l’instant à une vingtaine d’écoles.

Andréa Kotarac :
Il n’a pas répondu à nos sollicitations. Dans ses prises de parole, on retrouve un soutien à l’anneau des sciences et la volonté de laisser place à la voiture…

Renaud Payre :
Les programmes de la Gauche Unie pour les élections métropolitaines et municipales sont assez ambitieux et précis. Ce parti privilégie une politique d’accompagnement et de soutien dans l’abandon de la voiture : les plans de développement des transports en commun sont  sont précisément détaillés (nature et localisation des axes, types de transports, délais de réalisation, budget). La dynamique vélo est présente mais nécessite plus de clarification. La Gauche Unie a aussi le souci d’associer les citoyens à cette transition en mettant en place des débats et des consultations. Nous notons toutefois peu de mesures précises concernant l’aménagement des abords des écoles : les propositions sont positives mais peu développées et insuffisantes. Enfin, aucune mention n’est faite de l’extension des zones 30 en ville et deux projets routiers, totalisant 40 km d’infrastructure, sont prévus.

Nathalie Perrin-Gilbert :
Le programme Lyon en Commun s’attache de manière ambitieuse à réduire la place de la voiture via la sortie de tous véhicules polluants d’ici 2026 pour les diesels et 2030 pour l’essence en accord avec les recommandations que nous portons. Il s’appuie pour cela sur une ZFE progressive et large qui intégrera à la fin l’ensemble de la métropole. L’ensemble de la métropole passerait en zone 30 et le périphérique deviendrait un boulevard urbain avec une circulation à 50 km/h. Les transports en commun seront dans un premier temps rendus gratuits le lundi et en cas de pics de pollution puis tous les jours pour inciter à réduire la place de la voiture. Nous relevons de bonnes intentions sur le développement des transports en communs, la dynamique vélo ou la mise en place d’aides pour aider les plus démunis à se passer de la voiture, mais dont le manque de détails ne permet pas encore d’analyse complète.

 

Note : Remerciements à la Ville à Vélo pour leurs éclairages et analyses sur la partie vélo.