- Aerial view of intensive factory farms in France.

Agriculture

Élevage industriel : les 10 chiffres choc

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De moins en moins de fermes, mais un niveau de production constant voire en augmentation pour certaines filières. Le constat est sans appel : en France, l’élevage s’industrialise continuellement depuis une trentaine d’années, bien que ce niveau d’industrialisation soit très variable d’une filière à une autre. Cette évolution a été favorisée par les subventions publiques et l’action des gouvernements successifs, qui ont largement détricoté la législation encadrant l’installation et l'agrandissement des élevages sur notre territoire. Illustration en 10 chiffres issus de notre rapport intitulé “Industrialisation de l’élevage en France”.

L’élevage industriel, une menace environnementale, sanitaire et sociale en expansion

Si l’élevage peut être une solution pour lutter contre le changement climatique et la perte de biodiversité, il est une véritable catastrophe lorsqu’il est pratiqué de façon industrielle. Émissions massives de gaz à effet de serre, pollution des eaux et des sols, déforestation pour la culture du soja à destination des animaux d’élevage, destruction du monde paysan, crises sanitaires, algues vertes… L’élevage industriel et la surconsommation de viande qu’il génère sont responsables de nombreux maux de notre temps. Malgré les discours de la FNSEA qui veut taire cette réalité, une partie de l’élevage français s’est industrialisée au cours des dernières décennies, attisant ainsi de profondes crises environnementales et sociales. La preuve avec ces chiffres issus de notre dernier rapport.

  • x3

Entre 2000 et 2010, le nombre de porcins par exploitation a quasiment triplé.

  • 50%

La Bretagne concentre près de 50% des élevages soumis à autorisation de type ICPE (Installation classée pour la protection de l'environnement), classification qui concerne les élevages regroupant le plus d’animaux. Cette zone géographique regroupe ainsi l’écrasante majorité des plus grands élevages français de l’hexagone. Les algues vertes qui intoxiquent chaque année le littoral breton sont une des conséquences les plus marquantes de cette hyper-concentration.

  • 70%

En 2016, 70% des poules pondeuses étaient élevées dans des élevages concentrant plus de 50 000 poules.

  • 87%

Entre 1988 et 2010, le nombre d’élevages s’est effondré : en 22 ans, le nombre d’élevage de porcs a diminué de 87%, tout comme celui de poules pondeuses. Et si sur la même période, le nombre de porcs élevés a légèrement diminué, le nombre de poules pondeuses a quant à lui explosé. Résultat : les animaux sont concentrés dans de moins en moins de fermes.

  • 162 kg

La production de lait par vache de race Prim’Holstein est passée d’environ 7400 kg en 2003 à 9352 kg en 2015. Cela fait donc 162 kg de lait en plus par vache par an​. Dans le même intervalle, plusieurs crises liées à une situation de surproduction chronique ont secoué la filière laitière.

Les gouvernements français et la PAC, moteurs de l’industrialisation de l’élevage

L’Etat français et la politique agricole commune (PAC) ont largement favorisé l’émergence d’un élevage de type industriel sur notre territoire. Côté législatif, grâce à de nombreux décrets, les gouvernements français qui se sont succédé depuis le début des années 2010 ont facilité l’agrandissement et l’implantation des fermes-usines en France. Parallèlement, les subventions publiques ont alimenté le développement d’élevages de moins en moins nombreux mais de plus en plus concentrés.

  • 40%

40% des élevages classés ICPE soumis à autorisation en Bretagne ont reçu des aides directes de la PAC en 2018, pour un total de plus de 17 millions d’euros. Un comble pour ce modèle d’élevage qui revendique sa compétitivité et son besoin de renforcer son orientation vers les marchés.

  • 10 000

C’est le nombre d’exploitations qui ont été exemptées du régime d’autorisation ICPE et des contrôles associés depuis 2011. En cause : le détricotage méthodique de la réglementation ICPE par la puissance publique, qui a relevé les seuils du régime d’autorisation et créé un régime d’enregistrement moins exigeant et plus léger en termes de contrôles. Ainsi les installations sous le régime d’enregistrement ne doivent plus demander d’autorisation préfectorale d’installation ou d'agrandissement : une démarche simplifiée, sans enquête publique, suffit. Si ce régime n’avait pas été créé, elles seraient aujourd'hui classées ICPE : leur demande d'autorisation aurait été soumise à une enquête publique et aurait pu être refusée par les autorités.

Cela a eu d’énormes répercussions notamment sur la filière porcine. En effet, avant 2014, tout élevage porcin comprenant plus de 450 “animaux-équivalents” devait obtenir une autorisation des autorités publiques pour s’installer ou s'agrandir. Or aujourd’hui, seules les exploitations dépassant 2000 animaux équivalents sont considérées comme des ICPE soumises à autorisation. Ainsi, d’un coup de baguette législative, 8077 exploitations porcines ont été soustraites au régime d’autorisation ICPE, échappant ainsi aux contrôles et exigences qui y sont associés.

  • 1/7

Les installations ayant du s’enregistrer auprès des pouvoirs publics sont soumises à un contrôle tous les sept ans. Les installations ICPE sont quant à elles censées être contrôlées tous les trois ans. Dans les faits, le nombre de contrôles effectués chaque année est inférieur à ce qu’il devrait être avec de telles fréquences. Ainsi, même avec l’allégement de la réglementation opéré par les gouvernements successifs, les élevages ne sont pas contrôlés comme ils devraient l’être...

  • 750 euros

… Et les éleveurs et éleveuses sont très peu sanctionné·es en cas d’atteinte à l’environnement. Un exploitant agricole a en effet été condamné à 750 euros d’amende suite à la pollution de 5 km de cours d’eau en mai 2019 par le tribunal de Brest. Une somme dérisoire, quand on sait que la peine encourue associée au délit de pollution des eaux peut aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.

  • 63,7%

Les traités de libre-échange favorisent aussi l’industrialisation de notre élevage, en mettant en compétition des pays ne disposant pas des mêmes normes de production. Ainsi, l’accord de libre-échange entre l’UE et les pays sud-américains du MERCOSUR aurait pour conséquence d’augmenter de 63,7% les importations de bœuf en provenance des pays du MERCOSUR d’ici 2032. Pour faire face à cette concurrence nouvelle, les fermes françaises vont être incitées à maximiser les gains de productivité, et donc continuer sur la voie de l’industrialisation.

Il est urgent d’agir : la transition s’impose

Les faits sont là : l’élevage français s’est industrialisé au cours des dernières années avec la complicité de l’État. Alors que l’urgence climatique et sociale se fait de plus en plus pressante, cette course à la dérégulation et à l’hyper concentration doit s’arrêter. Nous ne pouvons plus nous permettre de suivre le modèle de pays comme les États-Unis, le Brésil ou la Chine, qui ont fait le choix de saccager leur environnement pour faire prospérer leur agro-industrie. Pour amorcer l’indispensable métamorphose de notre agriculture, nous proposons les mesures suivantes :

  • Créer un moratoire sur les futures “méga-installations” en élevage
  • Encadrer strictement les “méga-installations” existantes, via des contrôles et des sanctions renforcés et l’arrêt de leurs financements publics
  • Mettre en place des politiques publiques qui financent les paysans et paysannes et la transition, pas la surproduction
  • Limiter les volumes de production de viande et de produits laitiers régionalement en fonction des niveaux de consommation
  • Sortir des accords climaticides de libre-échange, en particulier pour le secteur agricole

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