Aujourd’hui, nous interrompons nos communications habituelles pour vous parler d’une situation exceptionnelle. Produits forestiers Résolu, la plus grande entreprise forestière au Canada, a lancé deux poursuites-bâillon de centaines de millions de dollars contre Greenpeace Canada, Greenpeace International et plusieurs entités de Greenpeace aux États-Unis. Son but : réduire au silence notre campagne pour la protection de la forêt boréale canadienne.

Forêts

Greenpeace poursuivie pour avoir défendu les forêts

Aujourd’hui, nous interrompons nos communications habituelles pour vous parler d’une situation exceptionnelle. Produits forestiers Résolu, la plus grande entreprise forestière au Canada, a lancé deux poursuites-bâillon de centaines de millions de dollars contre Greenpeace Canada, Greenpeace International et plusieurs entités de Greenpeace aux États-Unis. Son but : réduire au silence notre campagne pour la protection de la forêt boréale canadienne.

MISE À JOUR (17 mai 2017) : La justice de l’État de Géorgie donne raison à Greenpeace et transmet l’affaire Résolu c. Greenpeace à la Californie. Hier, le tribunal du district sud de l’État de Géorgie (Etats-Unis) a décidé de transférer l’affaire Résolu c. Greenpeace au district nord de l’État de Californie, au motif que l’exploitant forestier n’était pas parvenu à démontrer que l’affaire devait être entendue en Géorgie. La justice vient d’infliger un premier revers à l’entreprise Résolu, dont les manœuvres d’intimidation visent à faire taire ceux qui la critiquent, et ce revers ne sera pas le dernier.

Priver les forêts d’une de leurs voix essentielles

Ces poursuites pourraient largement entamer notre capacité future à donner une voix à l’environnement, et potentiellement engendrer la fermeture des bureaux de Greenpeace en Amérique du Nord. Quelles seraient les conséquences d’une victoire de Résolu pour la lutte environnementale ?

Il ne s’agit pas simplement d’une attaque contre Greenpeace, mais aussi envers les personnes à travers le monde qui soutiennent financièrement nos campagnes, assurant ainsi notre indépendance vis-à-vis des gouvernements et des entreprises; envers les personnes qui agissent en ligne en partageant nos appels à l’action ; envers les activistes qui risquent leur liberté pour dénoncer les atteintes à l’environnement ; et envers les bénévoles qui s’organisent partout dans le monde pour faire connaître nos campagnes.

En outre, ces poursuites-bâillon menacent l’idée même de ce mouvement : l’idée qu’ensemble, nous sommes capables de construire un monde plus équitable et respectueux de l’environnement. Elles concernent toute la société civile.

Et nous ne démordrons pas de cette idée, même sous l’intimidation d’une compagnie de la taille de Résolu.

Notre objectif : protéger la liberté d’expression et préserver les forêts

Résolu ne veut pas que vous sachiez comment elle exploite la forêt boréale. Elle sait qu’elle a les moyens de nous embarquer dans de longues et coûteuses procédures judiciaires afin de décrédibiliser notre travail.

Ce que nous voulons, ce sont des forêts préservées, en bonne santé, au sein desquelles les droits des peuples autochtones sont respectés, des emplois créés pour les communautés et les habitats critiques protégés. Nous n’exigeons pas que les exploitants cessent de s’approvisionner dans la forêt boréale canadienne, mais nous leur demandons, ainsi qu’à leurs clients, de participer à la construction de solutions durables pour les forêts.

Des éditeurs mondiaux en plein paradoxe

Le rapport que nous publions aujourd’hui révèle que de grandes maisons d’édition internationales dont Penguin Random House, HarperCollins, Simon & Schuster et Hachette Livre, s’approvisionnent en produits papier auprès de Résolu.

De grands progrès ont été réalisés en matière de recyclage et de production durable du papier, et les enjeux forestiers liés à la production de papier font l’objet d’une sensibilisation accrue. Pourtant, ces éditeurs continuent d’acheter du papier d’une entreprise aux pratiques controversées, associée à la destruction de forêts anciennes intactes. Ils se placent ainsi en porte-à-faux avec les engagements qu’ils ont pris eux-mêmes vis-à-vis du public.

Les auteurs, philosophes, journalistes et autres personnalités publiques sont, depuis longtemps, des agents actifs luttant pour défendre la liberté d’expression. Historiquement, les éditeurs comptent parmi les plus ardents opposants à la censure et sont des étendards de la liberté d’expression. Leur existence même dépend du respect de la liberté d’expression. Pas de littérature sans libre pensée, libre conscience, libre parole.

Ces grandes maisons d’édition sont derrière certains des romans les plus lus dans le monde. Il est dans leur intérêt de continuer à publier de nouveaux titres sans appuyer de flagrantes attaques à la liberté d’expression, ou la destruction de forêts anciennes intactes et d’habitats d’espèces menacées. Car quand un fournisseur menace les libertés sur lesquelles repose le commerce de ses clients, le paradoxe est évident.

Greenpeace invite donc ces éditeurs à rejoindre son appel pour protéger la liberté d’expression et le droit de se mobiliser collectivement sur des enjeux d’intérêt public, comme la préservation des forêts.

Aidez-nous à dévoiler au grand jour les attaques injustes de Résolu. Envoyez un message aux maisons d’édition internationales, qui comptent parmi les plus gros acheteurs de papier de Résolu, pour leur demander de se joindre à nous et défendre la liberté d’expression.