Dernière bataille pour le thon rouge

L'industrie du thon

Avec la pêche industrielle au thon rouge, on est loin de l'image d'Epinal du pêcheur à la ligne. C'est en réalité une véritable industrie prédatrice dotée de moyens importants, pour être sûr de ne laisser aucune chance au thon rouge.

Vue d'ensemble

Cette carte ne montre que 4 propositions de réserves marines (zones fermées à la pêche et à toute activité extractive), parmi les 33 zones que Greenpeace a identifiées en Méditerranée afin de protéger espèces et habitats remarquables. L’industrie thonière pêche majoritairement dans ces zones.

  • 1. Baléares

    Zone de reproduction importante pour les thons et les espadons, ainsi que pour les petits poissons pélagiques (sardines, anchois). On y trouve aussi des coraux profonds, des cachalots et des grands requins blancs.

  • 2. Détroit de Sicile

    Zone de haute productivité biologique. Présence de monts sous-marins près de la Sicile, de plages de nidification de tortues sur la côte tunisienne, ainsi que d’herbiers de posidonie, qui servent de garde manger et d'habitat, et de champs d’éponges.

  • 3. Golfe de la Grande Syrte

    Lieu d’alimentation important pour le thon rouge, présence d’herbiers de posidonie et de plages de nidification de tortues.

  • 4. Détroit de Chypre

    Lieu de reproduction pour le thon rouge, zones de nidification pour tortues de mer.

  • Migration des thons rouges

    Ils viennent se reproduire en Méditerranée en mai-juin-juillet, puis retournent en Atlantique.

Repérage

Les thoniers senneurs, bateaux industriels de pêche, emploient de petits avions qu'on appelle spotters, qui repèrent les bancs de thons pour augmenter la rentabilité de la sortie en mer. Cette pratique a été déclarée illégale en 2007.

La capture à la senne - 15 mai / 15 juin

Les thoniers industriels, dont les bateaux mesurent en moyenne entre 30 et 40 mètres, emploient cet immense filet, qui peut être faire plusieurs centaines de mètres, pour faire le tour d'un banc et emprisonner les thons rouges en quelques minutes.

Transport

Les thons sont ensuite remorqués dans ces grandes cages immergées, vers les fermes d'engraissement. Le transport se fait à moins de 5 km/h, car les thons rouges doivent continuer à nager pour respirer, ils font donc des ronds dans cette cage tout au long du transport.

Engraissement - juin à janvier

Les thons sont engraissés pendant plusieurs mois, Pour correspondre aux standards du haut de gamme du marché japonais et prendre du poids et donc de la valeur.

70% des fermes d'engraissement se situent autour de Malte.

Cette pratique s'est développée il y a moins de 20 ans, elle a en partie généré surpêche et pêche illégale.

Congélation et export - décembre à février

Les thons sont finalement abattus, congelés et transportés par bateau pour l'essentiel au Japon (80% de la consommation mondiale). Là, ils sont stockés dans des entrepôts frigorifiques. Le Japon a plus d'un an de consommation en réserve, pour réguler le cours.