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STOP PLUTONIUM

TOMSK

Le « Siberian Chimical Combine », dont l’activité a commencé en 1954, est un immense complexe nucléaire situé à quelques kilomètres de la ville de Tomsk, capitale administrative du sud de la Sibérie, à environ 3000 km de Moscou. Ce complexe s’étend sur un territoire clos de plus de 190 km2 au bord de la rivière Tom, et renferme une cité fermée de plus de 100 000 habitants : Seversk, longtemps uniquement connue sous le code Tomsk-7.


Les installations :
Le site nucléaire de Tomsk, l’un des plus importants au monde, possède de nombreuses installations et notamment :
- 5 cinq réacteurs pour la fabrication de plutonium militaire. Aujourd’hui, deux sont toujours en fonctionnement et produisent chaque année entre 1 et 2 tonnes de plutonium. C’est le dernier endroit au monde on l’on produit officiellement du plutonium à des fins militaires !
- une usine de retraitement, initialement destinée à extraire le plutonium des 5 réacteurs militaires, elle a aussi servi à retraiter des combustibles irradiés d’autres sites. Le plutonium qui sort encore aujourd’hui de cette usine est stocké en attendant d’être utilisé dans des têtes nucléaires.
- une usine d’enrichissement utilisant la technologie de la centrifugation. Cette usine a des contrats avec des industries occidentales comme Cogema ou Urenco.
- différents emplacements de stockage de déchets nucléaires sous des formes variées (liquide ou solide) et dans des conditions de sûreté très pauvres.

Des impacts énormes :
Les nombreuses installations ont, au cours des années, rejeté des quantités immenses de matières nucléaires directement dans l’environnement et ont accumulés d’importants stocks de déchets extrêmement dangereux, ayant un impact terrible sur la région et ses habitants. Les principaux impacts sont :

- les nombreux rejets (notamment les eaux de refroidissement du premier réacteur et aussi les effluents de l’usine de retraitement à ces débuts) directement rejetées dans le chenal "Ramashka" affluent de la rivière Tom ont beaucoup contaminés le lit et les abords de ces cours d’eau. Aujourd’hui sur plusieurs kilomètres des panneaux rappellent aux populations la forte contamination de l’environnement et l’interdiction de pécher.
- les effluents hautement radioactifs de l’usine de retraitement sont injectés dans les couches de sables en profondeur. Ces injections faites à quelques 10, 20 km de la rivière Tom concernent des millions de m3 de liquides radioactifs représentant plusieurs millions de Tera-Becquerel, soit l’un des plus gros rejets radioactifs dans l’environnement au monde.
- le 6 avril 1993 une grave explosion d’un réservoir de 25m3 d’une solution contenant notamment plusieurs milliers de kilos d’uranium et plusieurs centaines de kilos de plutonium, a eu lieu. Cet accident a provoqué une importante dispersion de radioéléments à vie longue contaminant toute la région nord-est du site. Certains village ont du être évacués et aujourd’hui encore des panneaux alertent la population sur le danger de cueillir des champignons et des baies sauvages.

Le projet d’usine MOX :
Dans le cadre des programmes de désarmement Start I et II entre les Etats-Unis et la Russie, chacun des deux pays s’est engagé à réduire de 34 tonnes les surplus de plutonium de leur arsenal militaire.
La Russie, par la voie de son ministère dédié à l’énergie atomique, MINATOM, a fortement milité pour utiliser ce plutonium pour fabriquer du combustible MOX (mélange d’oxyde de plutonium et d’uranium). Pourtant la seconde option technologique qui consiste à immobiliser le plutonium en le mélangeant à des déchets hautement radioactif, est l’option techniquement la plus efficace et la moins chère, comme l’a montré une étude du Département à l’Energie (DoE) américain.

L’idée de MINATOM est simple : n’ayant plus de fond pour son programme nucléaire, il souhaite faire financer par des fonds internationaux (par les pays du G8) et sous couvert de désarmement la relance de son industrie du plutonium.
Le site officiellement choisi par MINATOM pour l’implantation de l’usine qui fabriquera le MOX est le site de Tomsk. Le fait que sur ce même site de Tomsk, la Russie produise encore chaque année 1 à 2 tonnes de plutonium à des fins militaires, démontre la véritable motivation du MINATOM.

 

 
 
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