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Risques et Transports liés aux déchets d'uranium

Les déchets d'uranium | Technologie et management des déchets d'uranium | Exportation en Russie | Risques et Transports liés aux déchets d'uranium | Le stockage en Russie | Vers des sites de stockage internationaux ?


Il y a plusieurs risques concernant les transports de déchets d'uranium en Russie, notamment les conséquences résultant d'un incendie lié à la non conformité des conteneurs aux normes de l'AIEA. Ce dernier point est fondamental car l'UF6 est non seulement dangereux comme matière radioactive mais aussi car il réagit violemment avec l'air pour produire l'acide fluorhydrique, un gaz qui détruit les poumons.

Le transport d'UF6

La majeure partie des déchets d'uranium exportés vers la Russie est sous forme d'UF6. Alors qu'il est stable et ne réagit pas avec l'oxygène, l'azote et le dioxyde de carbone, il réagit violemment avec de l'eau, y compris la vapeur d'eau présente dans l'aire. Il forme alors de l'acide fluorhydrique (HF), acide extrêmement toxique (qui cause des brûlure et des oedèmes pulmonaires mortels), et un composé appelé le fluorure d'uranyle (UO2F2). En raison de cette instabilité, l'UF6 est stocké et transporté dans des conteneurs exigeant la conformité à la norme l'AIEA TS-R-1 pour le transport entre Etats.

Conteneur d'UF6 (type 48Y) sur le port du Havre en partance pour la Russie


Pour le transport d'UF6, comme pour tout transport nucléaire, le risque lié à un incendie est une des questions principales de sûreté. L'UF6 sous forme solide dans les conteneurs se transforme en vapeur au dessus de 56,5°C, ce qui a pour conséquence d'augmenter fortement la pression interne des conteneurs. La norme AIEA citée ci-dessus prévoit que les conteneurs d'UF6 doivent résister à un feu de 800°C pendant 30 minutes. Ces normes très insuffisantes (un incendie à bord d'un navire dure généralement plusieurs heures et excède les 1000°C) sont pourtant loin d'être respectées. Des analyses sur un conteneur ont en effet montré que dans les conditions définies par les normes AIEA, le conteneur ne résistait pas plus de 12minutes et 20 secondes après le début du feu, entraînant une dispersion dans l'air d'1,7 tonnes d'UF6 sur les 12 tonnes contenues dans le conteneur.

En 2000, l'Institut de Protection et de Sûreté Nucléaire (IPSN aujourd'hui devenu IRSN) a conduit une étude arrivant à des conclusions encore plus inquiétante : « La rupture du conteneur 48Y dans un incendie est plus que probable et sa résistance au feu devrait être améliorer pour garantire la sûreté ». Les expériences de l'IPSN suggèrent que le conteneur exploserait après 175 seconde « dans le meilleur des cas » ! Enfin, les scientifiques estiment que « De grandes quantités d'hexafluorure d'uranium [UF6] seraient relâchées dans un accident impliquant un feu ». (1)

Face à ces graves manquements aux normes, il semble que la résistance au feu des conteneurs d'UF6 soit en constante discussion au sein de l'AIEA. Pour l'instant quelques ajustements très récents ont commencé à être mis en place, comme le recours à des couverture thermiques entourant les conteneurs. Cet ajustement pour le moins extrêmement limité, est justifié par l'affirmation que les conteneurs résistent au feu pendant 25 à 35 minutes. Ces allégations sont en totale contradiction avec les études cités ci-dessus.


Le cas particulier de l'URT

Si l'utilisation d'URT est si limité c'est non seulement pour des raisons économiques et industriels (Le mensonge du recyclage) mais aussi car il représente des problèmes supplémentaires de radioprotection : « la présence d'U232 et de divers produits de fission qui engendrent des contraintes en radioprotection (émetteurs aplha et gamma) ». L'utilisation d'URT dans les usines de fabrication de combustibles entraîne une exposition des travailleurs à la radioactivité plus importante, ainsi que la contamination des installations. C'est une des raisons supplémentaires pour l'exportation de l'URT en Russie où les normes de radioprotection sont inférieures à celles appliquées en Europe.

Note:
(1) - L’étude de l’IPSN a été lancée dans le sillage du naufrage du cargo français le Mont Louis, le 25 Août 1984, après une collision avec un Ferry dans la Manche. Le Mont Louis transportait alors 350 tonnes d’UF6 à destination de la Russie.



 

 

 
 
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