Il
s'agit d'armes capables de tuer un très grand nombre de personnes,
indistinctement civiles et militaires, en un laps de temps très court,
et possédant un pouvoir de destruction matériel quasi illimité.
Il existe deux
familles d'armes nucléaires : les bombes à fission
(ou bombes A) et les bombes à fusion (ou bombes H, appelées aussi
thermonucléaires). Dans les bombes A, l'énergie libérée provient de
la fission de noyaux d'atomes lourds. Il existe deux types de noyaux
"fissiles", l'uranium (bombe de
Hiroshima, maquette bleue sur la photo), et le plutonium
(bombe de Nagasaki, maquette jaune). Respectivement
surnommée "Little Boy" et "Fat Man". Le
problème est de se procurer ces matières.
Pour l'uranium,
qui existe de façon naturel, il faut isoler l'isotope 235 suivant
une technologie très sophistiquée. Le plutonium lui n'existe pas de
manière naturelle, il est produit lors de la réaction de fission dans
les réacteurs. Il faut alors l'extraire
du combustible usé. Cette dernière opération est la moins compliquée.
Enfin, il y a sans doute moyen d'acheter ces matières à des intermédiaires
clandestins de grandes puissances nucléaires, ou encore de les détourner.
Il suffit de 8kg
de plutonium (ce chiffre varie suivant la qualité du plutonium de
5 à 10 kilos, c'est pourquoi on utilise communément la référence de
8 kilos) et de 25kg d'uranium 235 pour faire une bombe.
Dans les bombes
H, l'énergie est libérée par la fusion de noyaux très légers (deutérium
et tritium). La technologie de telles bombes est encore plus avancée
et plus coûteuse, mais l'énergie dégagée est quasi illimitée.
Qui possède
ces bombes ?
Aujourd'hui, sept pays sont ouvertement des puissances nucléaires
: aux cinq du "club" initial - États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France,
Chine - se sont ajoutés (depuis 1998) l'Inde et le Pakistan. Il est
presque certain qu'Israël fait partie des puissances nucléaires et
doit posséder quelques centaines de têtes nucléaires. De même, il
est vraisemblable que d'autres pays ont, ou ont eu, un programme de
fabrication (Iran, Irak, Libye, Algérie, Afrique du Sud et Corée du
Nord). Ce dernier pays a d'ailleurs annoncé en décembre 2002 la reprise
"immédiate" de son programme nucléaire gelé en 1994 dans le cadre
d'un accord avec les Etats-Unis destiné à empêcher le régime stalinien
de se doter de la bombe atomique.
Traité de non
prolifération
Signé en 1968 et prorogé en 1994, ce traité est un contrat. L'AIEA
(Agence internationale de l'Energie Atomique) est chargée de la
surveillance. Les Etats signataires qui ne possèdent pas l'arme nucléaire
promettent de ne pas l'acquérir et, en contrepartie, les Etats signataires
déjà nucléarisés s'engagent à démanteler leur arsenal nucléaire. Depuis
près de trente ans, les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la France,
la Russie et la Chine ont, dans les faits, foulé du pied ces engagements
! Lors de la conférence de révision du Traité de Non Prolifération
en 2000, les Etats-Unis et les autres Etats signataires se sont mis
d'accord pour interdire les essais nucléaires en mettant en ouvre
le Traité d'interdiction des essais nucléaires comme premier des 13
engagements spécifiques sur le désarmement. En 2002, les Etats-Unis
ont signifié qu'ils refusaient ces nouveaux engagements et mis de
ce fait le TNP en cause.
Dernière
Réunion du Comité préparatoire des Etats parties du TNP
Genève, Suisse, 28 avril - 9 mai 2003
La
réunion du Comité préparatoire visant les recommandations
pour 2005 de la révision du TNP s'est tenue à Genève du 28
avril au 9 mai 2003. La Conférence du Traité de non-prolifération
des armes nucléaires se termine sur un fiasco. Les puissances
nucléaires ont ignoré avec arrogance les appels au désarmement.
Le
soir du 9 mai 2003, à la clôture de la plus importante conférence
sur la non-prolifération nucléaire et le désarmement atomique,
les Etats parties au Traité de non-prolifération des armes
nucléaires (TNP) ne se sont pas accordés sur une compréhension
ou une voie commune pour éliminer les arsenaux atomiques.
Lors
de la conférence, la majorité des Etats parties au TNP ont
soutenu leur droit inaliénable à commercer à des fins pacifiques
avec des matières et des technologies nucléaires. L'incapacité
presque complète des Etats parties au TNP à reconnaître que
ce droit inaliénable fixé par le TNP, donne les moyens à certains
d'entre eux d'accéder à un armement atomique, ignore les réalités
de l'actuelle prolifération nucléaire sur notre planète.
Les
désaccords ont porté sur :
-
Le manque de progrès dans l'abolition planétaire des armes
atomiques ;
-
L'arsenal atomique d'Israël et l'établissement d'une zone
sans armes atomiques dans la région, ainsi que les programmes
d'armement atomique de l'Inde et du Pakistan ;
-
La menace réitérée, de la part des USA et d'autres, d'utiliser
des armes atomiques même en cas de conflit conventionnel et,
dans certains cas, de façon préventive ;
-
Les programmes de développement de nouvelles armes atomiques
;
-
La possible reprise des essais de bombes atomiques ;
-
L'incapacité à commencer à négocier un traité pour
restreindre l'accès aux matières nucléaires pouvant être utilisées
dans des armes atomiques ;
-
Le renforcement du TNP pour lui permettre de répondre de façon
adéquate aux questions de non-conformité et de retrait des
Etats parties, comme dans le récent cas de la Corée du Nord
;
-
Le droit des Etats à accéder à la technologie nucléaire à
des fins pacifiques, comme le programme de retraitement de
plutonium du Japon et le programme d'enrichissement d'uranium
de l'Iran ;
-
L'attaque unilatérale de l'Irak par les USA soutenus par le
Royaume-Uni.
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Les Etats parties
se rencontreront de nouveau en 2004 avant la conférence de révision
formelle du TNP en 2005.