Le
contrat actuel de retraitement passé entre
EDF et Cogema a pris fin en 2001. En septembre 2001, selon le service
de presse de Cogema, EDF et Cogema ont signé un accord qui couvre l'ensemble
des services fournis par Cogéma à EDF jusqu'en 2007. Ils comprennent
le retraitement d'environ 5250 tonnes de combustibles
issus des centrales nucléaires d'EDF, soit, en moyenne, 850 tonnes par
an ; et la fourniture de 100 tonnes par an de combustible Mox.
Cet accord nécessite un contrat final qui à ce jour est toujours en
attente.
En
1999, la CNE a présenté la stratégie de l'EDF prévue jusqu'en 2070 qui
se base "sur l'hypothèse que le nucléaire représente en France une
option à long terme et une composante majoritaire de l'approvisionnement
national". Selon cette stratégie, EDF garderait un parc de réacteurs
"correspondant à une production constante d'électricité nucléaire
de 400 TWh par an, et une politique de monorecyclage du plutonium
sous la forme de combustibles MOX, correspondant à un retraitement annuel
de l'ordre de 850 tonnes de combustibles usés UOX". "EDF table
actuellement sur des vies techniques de 40 ans pour le palier [de réacteurs
de] 900 MWe et de 50 ans pour le palier 1.300 MW". Au fur et à mesure
du vieillissement de ces réacteurs, EDF
les remplacerait par des réacteurs "de type évolutionnaire de la
filière dite REP-2000, qui serait très vraisemblablement constituée
de réacteurs EPR." L'utilisation du MOX, à un moxage moyen de 15%,
dans 19 réacteurs d'un parc de 35 EPR, garantirait l'équilibre production-consommation
de plutonium. L'utilisation du MOX dans des réacteurs supplémentaires
permettrait, selon EDF, l'absorption d'une partie du stock d'UOX non-retraité.
EDF
"exclut explicitement toute option de multirecyclage du plutonium,
comme le MIX, qui repose sur un recyclage homogène du plutonium à faible
teneur, sur support d'uranium enrichi". Dans le cas de l'option
MIX, étudiée par le CEA, chaque assemblage contient du plutonium. Des
"taux de combustion de 55.000 MWj/t sont possibles pour des teneurs
de 2% en plutonium et de 3,8% en uranium 235".
La
CNE fait remarquer que, "sur la période de 70 ans considérée dans
la présentation d'EDF, l'adoption du multirecyclage du plutonium dans
des combustibles de type MIX, ou autres (.), aurait pour effet de réduire
fortement les quantités de combustibles usés non retraités (en principe
la totalité du plutonium du parc est recyclé) et que l'inventaire en
plutonium dans les réacteurs et dans le cycle se stabiliserait autour
de 200 tonnes selon la source CEA, citée dans le rapport no°3, à
comparer aux 600 tonnes annoncées par EDF en 2070".
Cependant,
C. Bataille et R. Galley indiquent les inconvénients de cette méthode.
"Un premier inconvénient est que l'ensemble des réacteurs à eau pressurisée
devrait être adapté pour utiliser ce combustible". "Par ailleurs,
les stocks de plutonium seraient bien stabilisés avec le MIX. Mais ceci
n'arriverait qu'au bout de 50 ans, alors que, dans l'intervalle, une
croissance du stock net de plutonium se produirait". De plus, "selon
toute vraisemblance, la technique du MIX conduirait certes à stabiliser
le plutonium, mais parallèlement à augmenter inévitablement la proportion
d'actinides mineurs dans le combustible irradié".
La
stratégie de l'EDF jusqu'en 2070 ne prend pas en compte les réacteurs
RNR. Le CEA avait lancé en 1993 le projet Capra (Consommation accrue
de plutonium dans les rapides), pour mettre au point de futurs réacteurs
à neutrons rapides, conçus pour "consommer" du plutonium. Les réacteurs
à eau pressurisée utilisant le combustible MOX peuvent "transformer"
les isotopes fissiles du plutonium en d'autres matières, mais le CEA
préfère les RNR, parce qu'ils peuvent -en théorie- transformer du plutonium
de n'importe quelle qualité isotopique en
grande quantité, ainsi que d'autres actinides. La mise à l'arrêt officielle
de Superphénix a porté un coup sévère au programme Capra. Ce programme
ne pourra en effet pas "être réalisé dans sa totalité" bien que
certaines études puissent être menées dans le réacteur Phénix.
La
stratégie présentée par EDF jusqu'en 2070 n'inclut aucune référence
à des applications découlant de "l'axe 1". Cela signifie, (le MOX mis
à part), que l'EDF n'envisage actuellement de mettre en application
aucun des scénarios de séparation-transmutation étudiés par le CEA et
d'autres organismes.
Le
MOX
La filière du plutonium