Contrairement
à EDF, la Cogema toujours fait preuve d'enthousiasme à l'égard du MOX
en tant que source d'énergie. Pour profiter au maximum de son expérience
de fabrication de MOX, la société s'est tournée vers les électriciens
étrangers depuis une dizaine d'années. L'établissement AtPu
de Cogema à Cadarache travaille uniquement pour les électriciens Allemands.
Cogema a construit une deuxième ligne de production à l'usine Melox
destinée à la fabrication de combustibles
pour réacteurs à eau bouillante. Ce combustible
sera forcément utilisé pour les clients japonais et/ou allemands, puisque
le parc d'EDF ne comporte que des réacteurs à eau pressurisée.
L'extension
en question, que Cogema appelle "l'aménagement Melox" porte sur
30 à 80 t/an en fonction du mode d'exploitation. L'autorisation de mise
en service de l'extension ne permet pas à la Cogema d'augmenter la capacité
nominale de l'usine. Néanmoins, la Cogema a indiqué qu'elle pourrait,
une fois l'autorisation nécessaire accordée, produire à Melox 250 t/an
de MOX en exploitation 5x8 (5 équipes, 8 heures par équipe) sur l'installation
de base et l'extension. Si cette nouvelle autorisation n'est pas accordée,
Melox devra réduire sa production destinée à EDF pour pouvoir produire
du MOX pour l'exportation.
Avec
l'autorisation de production actuelle (115 tonnes d'oxyde soit 101,3
tonnes de métal lourd par an), la Cogema n'est pas capable de produire
assez de MOX pour stabiliser le stock de plutonium séparé d'EDF, et
ceci même si Melox produisait exclusivement du MOX pour l'électricien
français. En 2000, avec un combustible MOX enrichi en plutonium à 6%
environ, il faudrait produire environ 140 tonnes métal lourd (ML) de
MOX pour résorber le flux annuel de 8,5 tonnes de plutonium, produit
à partir du retraitement des 850 tonnes de combustibles usés d'EDF.
"Au taux maximal de 7,08% de plutonium dans le MOX autorisé depuis
la fin 1998, la production totale de Melox, 101,3 tonnes, ne permet
pas d'écouler plus de 7,2 tonnes de plutonium par an". Néanmoins,
la Cogema a réalisé dans Melox les "premières fabrications de combustibles
MOX japonais pour la compagnie électrique Kansai en 1999". De plus,
Cogema demande actuellement au Gouvernement d'autoriser le transfert
de production de MOX allemand de Cadarache à Melox pour permettre la
fermeture de l'AtPu. Cette dernière est réclamée par la DSIN
depuis 1995 en raison du risque sismique lié à la région. Cogema a mis
en place une situation dans laquelle elle pense apparemment pouvoir
forcer le Gouvernement à autoriser l'usine Melox à produire plus de
115 t/an.
Le
MOX
La filière du plutonium