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STOP PLUTONIUM

IMPACTS SUR LA SANTE ET L'ENVIRONNEMENT

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RADIOTOXIQUE DURANT DES MILLENAIRES

Le plutonium est un élément artificiel produit par le bombardement neutronique de l'uranium. Il est faiblement irradiant, il est cependant hautement radiotoxique car il se fixe facilement dans le corps humain. Son rayonnement exerce des effet cancérogène, démontrés sur l'animal. L'inhalation est la voie majeure de contamination. Elle peut induire des cancers du poumon même pour des doses extrêmement faible, de l'ordre d'une fraction de milligramme. Les limites annuelles d'incorporation fixées par les autorités de radioprotection sont de 22 millionièmes de grammes pour la population. L'isotope 241 du plutonium (présent à hauteur de 14% dans le plutonium "civil") pose un problème particulier. Il se transforme, à raison d'environ 5% par an, en américium 241, qui est un émetteur gamma, extrêmement pénétrant. Ce qui signifie que sa nocivité croît rapidement avec le temps.

Comme métal lourd, le plutonium est toxique chimiquement, mais c'est sa radiotoxicité qui est déterminante. Tous les isotopes de plutonium qui nous intéressent émettent des particules alpha et des faibles radiations gamma sauf le plutonium 241 qui n'émet que des particules bêta.

L'uranium 235 et uranium 238 sont également des émetteurs alpha. Le plutonium est plus nocif que l'uranium 235 et l'uranium 238, en grande partie à cause des différences dans leur demi-vies et, par conséquent, dans leur activité spécifique. Les demi-vies des cinq isotopes du plutonium qui nous intéressent ici sont bien plus courtes que celles de l'uranium 235 et 238. Le plutonium 239 d'une demi-vie de 24.400 ans, a une activité spécifique environ 200.000 fois plus grande que celle de l'uranium 238 et environ 30.000 fois plus grande que celle de l'uranium 235. Les particules alpha émises dans la désintégration du plutonium 239 sont environ 25% plus énergétiques que celles émises par la désintégration de l'uranium 238 et de l'uranium 235. Donc, le plutonium 239 est environ 250.000 fois plus nocif par gramme que l'uranium 238 et environ 39.000 fois plus nocif par gramme du point de vue radiologique que l'uranium 235.

Ces statistiques ne mesurent pas les dégâts biologiques, qui ne peuvent être calculés qu'en prenant en compte les voies et les durées de résidence dans le corps aussi bien que l'activité spécifique et l'énergie. L'indice du volume de dilution, qui tient compte de ces facteurs, en effet, montre que, par gramme, le plutonium de qualité militaire représente un risque d'inhalation potentiel 23.000 fois plus grand et un risque d'ingestion potentiel 130.000 fois plus grand que celui de l'uranium hautement enrichi.

Le métal plutonium et ses composés peuvent entrer dans le corps par ingestion. Cependant, comme c'est le cas avec l'uranium, la plus grande part du plutonium ingérée est rapidement éliminée. La voie la plus dangereuse est l'inhalation. Comme pour l'uranium, les petites particules sont les plus dangereuses. Les particules de plutonium peuvent se loger dans les poumons où elles peuvent déclencher un cancer ; elles peuvent être portées des poumons jusqu'aux ganglions lymphatiques pulmonaires ; elles peuvent aussi, par le sang, passer aux autres parties du corps. Le plutonium a une tendance à se concentrer dans le foie et dans les os aussi bien que dans le poumon. Dans les os, le plutonium est déposé sur les régions non-calcifiées et non-cartilagineuses.

Comme avec les composés d'uranium, l'impact des composés du plutonium sur le corps dépend de la solubilité du composé. Les composés solubles, y compris le nitrate de plutonium, passent rapidement au foie et aux os et sont une cause prouvée du cancer des os et du foie. Les composés insolubles ou peu solubles, y compris l'oxyde de plutonium, restent dans les poumons pendant des années. L'inhalation d'environ 30 microgrammes de plutonium sous forme insoluble ou peu soluble, supposant une répartition homogène de la charge, est une cause presque certaine du cancer du poumon ; des expériences animales l'ont démontré. Les effets de l'exposition sur le corps humain sont relativement peu connus, notamment, en grande partie parce que les gouvernements n'ont pas systématiquement rassemblé et analysé les données concernant les travailleurs exposés au plutonium.

Le plutonium 241 (demi-vie 13,2 ans), qui se trouve en quantités variables dans toutes les formes de plutonium se désintègre en américium 241, lequel émet des radiations gamma aussi bien que des radiations alpha. L'américium 241 s'accumule dans les tissus, en particulier les reins et les os, y créant un danger semblable à celui du plutonium. De plus, il décroît avec une période de 458 ans par désintégration alpha en neptunium 237, lui-même un émetteur alpha et gamma avec une période de 2 millions d'années. Le plutonium 239 se désintègre en uranium 235.

AUTRES RISQUES DE MANIPULATION DU PLUTONIUM

Pyrophoricité. Le métal plutonium, quand il est finement divisé, est pyrophorique. Les particules de moins d'un millimètre de diamètre sont pyrophoriques à environ 150°C ; les particules de plus de 1 millimètre de diamètre sont pyrophoriques à environ 500°C. Les feux de plutonium produisent une fumée de dioxyde de plutonium, ainsi que des particules fines et insolubles (phyrophore : qui s'enflamme spontanément au contact de l'air).

Criticité imprévue. Environ 5-6 kg de plutonium entourés d'un excellent réflecteur tel qu'une masse d'eau constitue une masse critique ; mais comme avec l'uranium, la quantité nécessaire pour produire une masse critique varie selon des facteurs tels que la géométrie de la masse et la présence des modérateurs ou des réflecteurs de neutrons.
Le plutonium en solution liquide, telle que le nitrate de plutonium est plus susceptible de devenir critique que le plutonium solide.

Difficulté de détection. Parce que le plutonium 239 n'émet que des particules alpha, lesquelles ne parcourent que des distances courtes et ont un rayonnement gamma faible, le plutonium contenu dans un récipient est difficile à détecter. On le mesure par des moyens indirects, normalement des calculs basés sur la radiation gamma présente, ce qui n'est pas une mesure précise. P. Nicolai de Valduc vante une méthode qui permet la mesure de la masse de plutonium dans les déchets avec "une barre d'erreur proche de 15%".

 

 
 
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