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mars 2004, Paris / France :
Accidents ou attentats sur la route du Plutonium : des millions
de personnes contaminées, des milliers de cancers mortels...
et Paris évacuée ? |
Greenpeace
publie aujourd'hui une étude évaluant les effets d'un accident ou
d'un attentat contre les camions de plutonium passant près de Paris
et Lyon. Selon la gravité des accidents, les retombées de plutonium
pourraient contaminer jusqu'à des centaines de kilomètres carrés et
des millions de personnes. Cette étude, effectuée par les consultants
nucléaires indépendants Large & Associates (1) se penche sur un certain
nombre de scénarios d'accidents et d'actes de terrorisme. Sur la base
d'hypothèses officielles et conservatrices (2), elle modélise la dispersion
et les retombées de particules respirables de plutonium à la suite
d'un incendie grave et prolongé en divers endroits, notamment à proximité
du Château de Versailles, près de Paris, et dans la banlieue de Lyon
(3).
Impact
potentiel et conséquences d'incidents implicant un transport de dioxyde
de plutonium entre COGEMA La Hague et
Marcoule/Cadarache :
-
Etude résumée en français
-
Etude complète en français
-
Etude complète en anglais
"Même
si nous sommes restés très prudents dans nos modélisations, nous sommes
partis de l'hypothèse que le(s) véhicule(s) du convoi se trouveraient
entourés par un feu d'une intensité suffisante pour venir à bout des
châteaux FS47 contenant le dioxyde de plutonium, et qu'un ou plusieurs
de ceux-ci cèderaient pour rejeter et propulser dans l'air un panache
de contamination radioactive, bien au-delà du périmètre immédiat de
l'accident, et jusque sur Paris. Les conséquences sanitaires d'un
accident grave dans le tunnel de Versailles doivent être considérées
comme inacceptables" déclare le consultant nucléaire John Large,
auteur de l'étude.

Les
effets d'un accident grave ou d'un attentat seraient catastrophiques
et nécessiteraient un périmètre de sécurité pouvant s'étendre jusqu'à
110 km du site, selon la gravité de l'accident. A titre indicatif,
la tour Eiffel ne se trouve qu'à 15 km du point de passage hebdomadaire
du convoi. Des millions de personnes seraient touchées par les retombées
du panache de plutonium, induisant plusieurs milliers de morts par
cancers à long terme.

Ces
conclusions sont d'autant plus préoccupantes que selon le rapport
de la commission Vrousos (4) rendu public hier : "La France n'est
toujours pas dotée d'une véritable stratégie de gestion du risque
pour faire face à une contamination importante du territoire qui résulterait
d'un accident nucléaire ou d'un acte de malveillance entraînant une
exposition durable de la population".
"Ces
études révèlent clairement que les transports de plutonium constituent
un risque inacceptable et doivent cesser immédiatement" déclare
Yannick Rousselet, chargé de Campagne nucléaire à Greenpeace France.
"Cela montre l'étendue de l'irresponsabilité de l'industrie française
du plutonium quand elle s'entête à effectuer ces transports alors
qu'ils représentent une cible potentielle de choix pour des terroristes".
Greenpeace
interpelle depuis plus d'un an les autorités publiques sur l'étude
qu'elles font des risques encourus aux populations et les dispositifs
d'intervention prévus en cas d'accident ou d'attentat. Jusqu'à présent,
aucune réponse n'a été donnée. La seule réponse effective des autorités
est l'arrêté "secret défense" qui veut museler toute information relative
aux transports nucléaires en France.
Le
fait que les transports soient fréquents (deux camions par période
de 7 à 10 jours), prévisibles (le même trajet toutes les semaines),
et mal protégés (camions banalisés) comparés (par exemple) aux transports
de plutonium militaire étasuniens, les rend particulièrement vulnérables
à des attentats.
Notes
:
(1) - Ingénieur consultant, Membre de l'Institut des Ingénieurs en
Génie Mécanique (UK), Membre diplômé de l'Institut des Ingénieurs
en Génie Civil (UK), Membre de la Société britannique du Génie Nucléaire,
et Membre de la Société Royale d'Art (UK), John Large a collaboré
avec de nombreux gouvernements ; il a notamment dirigé l'équipe d'experts
pour l'évaluation des risques et des dangers des opérations en 2001
liées au sous-marin nucléaire le Koursk. Il fut décoré à cette occasion
par les autorités russes pour le sauvetage du Koursk.
(2) - La quantité rejetée envisagée par Large & Associates s'appuie
sur des chiffres du département étasunien de l'Energie (US DoE) publiés
dans une récente analyse d'impact environnemental. Le schéma des retombées
a été calculé à l'aide du modèle NOOA Hypsplit et de simulations d'élévation
de panache faites par Hotspot. Les effets sanitaires ont été calculés
à l'aide du programme COSYMA de modélisation de la dispersion radioactive
et des conséquences sanitaires mis au point par la Commission européenne.
(3)
- Les investigations de Greenpeace au cours des dernières années ont
relevé que des convois transportant environ 300 kilogrammes de plutonium
passent par ces endroits toutes les semaines lors de leur trajet de
1.000 km entre la Normandie et la Provence.
(4)
- La commission Vrousos avait été chargée par André-Claude Lacoste,
Directeur de la DGSNR, au nom du Ministre de la santé, de mener une
réflexion sur les actions prioritaires en matière de radioprotection.
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