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STOP PLUTONIUM

Comment eDF et les opérateurs électriques européens
exportent leurs déchets nucléaires en Russie

Les matières (ou les déchets d’uranium)

Les déchets d'uranium | Technologie et management des déchets d'uranium | Exportation en Russie | Risques et Transports liés aux déchets d'uranium | Le stockage en Russie | Vers des sites de stockage internationaux ?


L’uranium de retraitement

L’uranium de retraitement est issu du traitement des combustibles irradiés à l’usine Cogema/Areva de La Hague (ou de sa cousine britannique à Sellafield).

A partir d’un combustible irradié sont séparés le plutonium (1% du volume) et les produits de fission et actinides mineurs (3%)(1) créés lors de la réaction en réacteur, et l’uranium de retraitement (96%).
Chaque année environ 1200 tonnes de combustibles irradiés sortent des centrales eDF. Environ 850 tonnes sont destinés au retraitement dont résultera environ 805 tonnes d’URT.
Entre le début de leur existence et 1999, les usines de La Hague et Sellafield avaient produit plus de 12000 tonnes d’URT2. Cette production a fortement augmenté à la fin des années 90. En 2003 en France, la quantité d’URT produit uniquement à l’usine de La Hague était de l’ordre de 18°000 tonnes dont la moitié provenant de combustibles eDF, l’autre moitié venant d’autres électriciens étrangers clients de Cogema. (voir figure 1 ci-dessous)
Si l’on ajoute la production d’URT de l’usine UP1 de Marcoule, la quantité totale d’URT français produite fin 2003 est estimée à 19000 tonnes (et même à plus de 30000 tonnes si l’on compte l’URT issu du retraitement à des fins militaires).


Quantités cumulées d’uranium de retraitement produits à l’usine Cogema-La Hague à partir de combustibles irradiés de réacteurs à eau légère, en tHM, 1976-2003



L’uranium appauvri

L’uranium appauvri est produit au cours de la phase d’enrichissement. Cette phase vise à augmenter la teneur en isotope 235 (U235) de l’uranium qui permet la réaction nucléaire de fission en réacteur. A titre de comparaison : l’uranium naturel contient 0,7% d’U235, le reste étant principalement l’isotope U238 non fissile. Pour une utilisation en réacteur la teneur doit être enrichie à hauteur de 3% à 5%. L’uranium appauvri a généralement une teneur aux alentours de 0,3%, mais on considère comme appauvri tout uranium ayant une teneur en isotope 235 inférieure à 0,7%.
Pour produire de l’uranium enrichi, il faut beaucoup d’uranium naturel, et le procédé créé d’importantes quantités d’uranium appauvri (voir figure 2).




L’usine d’enrichissement française Eurodif (filiale d’Areva) à Pierrelatte est l’une des principales au monde. eDF est son principal client mais de nombreux pays notamment européens sont aussi clients. Urenco, compagnie tri-nationale (Allemagne, Royaume-Uni et Pays-Bas), est la seconde productrice d’uranium enrichi en Europe. Elle possède des usines à Almelo (Pays-Bas), Gronau (Allemagne) et Capenhurst (Royaume-Uni).
Fin 2003, l’inventaire de l’Andra recensait 220000 tonnes d’uranium appauvri stockées sur le sol français, issu des contrats d’eDF et des autres clients. Selon les prévisions, ce gigantesque stock devrait passer à 350000 tonnes d’ici 2020 du fait uniquement de l’enrichissement à destination des combustibles d’eDF.


Le statut des matières

En France comme dans la plupart des pays, l’uranium de retraitement ou l’uranium appauvri ne sont pas officiellement considérés comme des déchets, mais comme des « ressources stratégiques ». Il est pourtant aujourd’hui évident que ces matières ne sont pas utilisées à grande échelle, et ne le seront pas dans un futur proche. Ainsi, eDF a provisionné dans ces comptes la surveillance du stockage d’URT pendant 250 ans ! (3)
Certains pays commencent à regarder la réalité en face. Par exemple, les Etats-Unis, qui jusqu’à présent n’envisageaient l’Uapp que pour de nouvelles utilisations, ont décidé en 2005 que l’Uapp pouvait être à présent mis en stockage définitif. (4)

En Europe et particulièrement en France, autorités et industriels refusent l’évidence et considèrent toujours les déchets d’uranium comme des ressources. Pourtant chaque année leur stock continue d’augmenter de manière importante, et pose de plus en plus de problèmes.


Notes:
1. Les actinides mineurs et produits de fission concentrent 99% de la radioactivité.
2.
« Fifteen years of experience in the use of reprocessed uranium » G. Lamorlette, D. Comte – Cogema, septembre 1999
3. « Le démantèlement des installations nucléaires et la gestion des déchets radioactifs » - Rapport de la Cour des Comptes, janvier 2005
4. “Depleted Uranium A By-product of the Nuclear Chain”, Peter Diehl, Depleted Uranium - A Post-War Disaster for Environment and Health, Laka Foundation, Mai 1999.

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