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PLUTONIUM

Plus d'infos : la création de la CCCI
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Mardi 24 juin 2003 : Greenpeace lance la Cellule Citoyenne de Contrôle et d'Inspection des matières fissiles (CCCI)
Face au développement sans précédent du trafic de produits nucléaires, Greenpeace a annoncé la création d'une Cellule Citoyenne de Contrôle et d'Inspection des matières fissiles (CCCI), lors d'une conférence de presse sur le Viaduc de Calix (14), sur le trajet habituel des convois ultra-sensibles de plutonium. Cette cellule citoyenne a pour mission de contrôler et d'enquêter sur les installations productrices ou utilisatrices de plutonium ou de combustible au plutonium (Mox), ainsi que sur leurs transports. L'association a décidé de solliciter la population ; en effet, que l'on soit chauffeur de camion, employé d'autoroute, élu, pompier ou simple citoyen, sur la route des vacances ou du travail, ces transports incessants concernent l'ensemble de la population française.
Le mercredi 19 février 2003, l'organisation écologiste interceptait et bloquait symboliquement, avec une facilité
déconcertante, un camion de la société Cogema Logitics, avenue
de Paris à Chalon-sur-Saône. Ce camion transportait environ 150 kilogrammes
de poudre de plutonium, sous forme PuO2 (de quoi fabriquer une vingtaine
de bombes de la puissance d'Hiroshima). A l'occasion de cette action
de dénonciation pacifique, Greenpeace a publié une étude traitant de l'ensemble des transports générés par l'industrie du plutonium,
réalisée par le cabinet Wise, et a également ouvert un site Internet
spécialisé "www.stop-plutonium.org".
Depuis cette date, les transports, très momentanément interrompus,
ont repris selon une organisation quasi-identique.
La société COGEMA/AREVA exploite à l'usine de La Hague (Manche) deux
unités d'extraction de plutonium. Chaque année, près de 11 tonnes de
plutonium supplémentaires s'accumulent sur les étagères de l'usine.
Seule une fraction de cette matière est réutilisée pour fabriquer du
combustible Mox (Mixed Oxyde Fuel) dans les usines de Marcoule (Gard),
Cadarache (Bouches-du-Rhône) et Dessel (Belgique). Pour cela, deux à trois fois par semaine, des convois de plutonium traversent la France
de part en part.
Deux inspecteurs de la CCCI lors d'un point de contrôle à
l'entrée du Viaduc de Calix à Caen. Le camion en arrière
plan transporte des déchets nucléaires de faible activité.
Point de contrôle de la CCCI le 24 juin 2003.
Greenpeace met à la disposition du public des courriers
types (1), un répondeur téléphonique
(2) ainsi que le site Internet "www.stop-plutonium.org".
Ainsi, tout citoyen témoin d'une activité suspecte, notamment un trafic
secret de plutonium, pourra informer la cellule afin qu'elle puisse
mener les investigations nécessaires. "Nous soupçonnons un trafic
à grande échelle de matériaux proliférant sur le sol français pouvant
servir à l'approvisionnement des armes de destruction massive. Une grosse
société française pourvoirait le réseau international de plutonium à
partir d'une unité de production située à l'Ouest de la France",
a ironisé Yannick Rousselet, chargé de la Campagne nucléaire à Greenpeace
France. "Des complicités au sein même de l'appareil gouvernemental
et des autorités de sûreté ne sont pas exclues, d'où l'utilité de cette
cellule spéciale citoyenne et indépendante".
La CCCI organisera plusieurs types d'inspections :
- par courrier, auprès des sociétés et services concernés,
- sur le terrain, des isnpections programmées, en direction d'un service
ou une société, en lui communiquant la date de sa venue et la liste
des pièces administratives nécessaires au bon déroulement de l'opération,
- des inspections inopinées, les inspecteurs se réservant le droit
d'intervenir à tout moment sur le trajet des convois de matières (comme
à Chalon-sur-Saône, le 19 février dernier) ou à l'intérieur même des
établissements utilisant ces produits.
Les résultats des inspections seront rendus publics et communiqués deux
fois par mois à la presse. Ils seront également disponibles sur le site
web. La population pourra ainsi suivre l'évolution des investigations
et directement s'impliquer dans les travaux de surveillance des sites
et des transports sensibles.
..."Citoyens, ouvrons l'oeil ! Ensemble nous pouvons faire cesser
ces transports qui mettent en danger les populations et qui contribuent
à la prolifération nucléaire. Si vous croisez l'un d'entre eux, n'hésitez
pas à participer à cette action d'information collective" a lancé
le porte-parole de Greenpeace.
Déroulement des inspections
Les inspections seront selon les cas :
- publiques et organisées avec des interlocuteurs ciblés.
Le service, l'établissement ou l'administration est avisé par avance
de la visite des inspecteurs afin qu'il puisse préparer les documents
ou réponses demandés. La date, l'heure et le lieu seront publiés par
avance selon un calendrier disponible sur le site Internet,
- inopinées : les inspecteurs se réservent le droit de pratiquer des
contrôles sur les transports des matières fissiles ou même à l'intérieur
des établissements qui les utilisent.
Services et
administrations concernés : Directions des DRIRE,
DGSNR, Haut Fonctionnaire de Défense,
Préfets de Régions de Défense, Préfectures, Mairies, Pompiers, CSPI,
Ministère des Transports, Ministère de l'Ecologie, Gendarmeries, Police,
Ecoles, Hôpitaux et services sanitaires.
Autres interlocuteurs pouvant être sollicités : Chauffeurs
de camions, Riverains, Sociétés d'autoroutes, Elus locaux et régionaux,
Associations citoyennes ou de défense de l'environnement.
Calendrier : lors des prochains mois, la CCCI interviendra
à différents endroits du parcours des transports de Plutonium. La
CCCI se concentrera sur des lieux proches d'agglomérations très
peuplées (notamment les régions parisienne et lyonnaise) qui caractérisent
des négligences flagrantes du code de la route ou de la réglementation
sur ce type de transport.
(1) - disponible sur demande ou sur le site Internet
(2) - Répondeur CCCI au 01 44 64 02 02
(3) - Site spécialisé :
www.stop-plutonium.org
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