Mercredi 17 février 2005 -
Paris/Bagnoles sur Cèzes/Cherbourg
Plutonium américain : une nouvelle étape dans le trafic
Alors que la Cogéma communique largement sur le 10ème transport de résidus vitrifiés à destination du Japon organisé ce jour (transports historiquement condamnés par Greenpeace), l'industriel français continue de maintenir le secret autour des transports de 140 kilos de plutonium militaire américain sur le territoire national.
Les équipes de Greenpeace et les CCCI (Cellule Citoyenne de Contrôle des Inspections des matériaux fissiles) en poste devant l'usine de Marcoule depuis plus de 4 semaines ont en effet remarqué une hausse sensible de l'activité. Deux camions neufs dont les plaques d'immatriculation sont inconnues ont fait l'objet d'un soin intensif et ont été équipés spécialement pour accueillir les emballages de MOX. Dans le même temps, l'arrivée de nombreuses forces de police a pu être observée par les équipes de Greenpeace également présente à Cherbourg.
Selon les prévisions de l'association écologiste, ces deux camions devraient retraverser de manière imminente la France du sud au nord pour rejoindre l'établissement Aréva/Cogéma de La Hague où ils seront reconditionnés avant d'être chargés sur des bateaux à destination des Etats-Unis. Arrivés en France le 6 octobre dernier à Cherbourg, les 140 kilos de plutonium avaient ensuite été acheminés par camion à vers l'usine de Cadarache, près d'Aix en Provence.
"Une fois de plus, la Cogéma va chercher à brouiller les pistes. En cumulant ces deux opérations en même temps, l'entreprise cherche avant tout à réitérer son arnaque : elle pourra marteler son message classique sur le retour des déchets dans leur pays d'origine tout en évitant soigneusement d'avoir à prendre ses responsabilités sur son rôle dans la prolifération nucléaire mondiale. Nous ne nous laisserons pas berner et, une fois de plus, nous continuerons notre travail de veille et d'alerte", affirme Yannick Rousselet, responsable de la campagne nucléaire pour Greenpeace.
Comme lors du voyage aller, Greenpeace à l'intention de manifester son opposition en étant présente tout au long du parcours et en alertant pouvoirs publics locaux, professionnels de la route, médias, citoyens et usagers sur les dangers de tels convois. Consciente de l'action de l'association écologiste sur l'ensemble du territoire, la Cogéma risque en effet de vouloir réaliser ce trajet en une seule étape pour limiter au maximum la visibilité de ses camions.
"Au moment où l'on parle de ces 140 kilos de plutonium militaire américain, la Cogéma produit chaque jour l'équivalent de deux bombes nucléaires de la puissance de Nagasaki dans son usine de La Hague. L'ensemble représentant une production annuelle de plus de 10 tonnes de plutonium. Il est scandaleux qu'Aréva, plus grand producteur mondial de plutonium, se drape dans son programme d'élimination pour la paix alors qu'il s'agit du plus grand contributeur à la prolifération nucléaire mondiale", martèle Yannick Rousselet.