Eugène Riguidel en route pour son procès
lun 22 novembre 2004 - Paris - Eugène Riguidel, membre de la Flottille pour des mers sans nucléaire, est parti à la voile le samedi 20 novembre du port d'Etel (Morbihan), pour se rendre à son procès qui aura lieu le 30 novembre au Tribunal de Grande Instance de Cherbourg (Manche). Greenpeace soutient pleinement la démarche du célèbre navigateur qui avait manifesté pacifiquement contre un transport de plutonium militaire américain ; l'organisation écologiste sera présente sur les étapes de sa route et lors de son procès.
Programme de la tournée
- Départ le 20 novembre à Etel
- Le 22 novembre à Concarneau
- Le 25 novembre à Brest
- Arrivée prévue le 29 à Cherbourg
- le 30 à Cherbourg: rendez-vous est donné à 12h au Port de plaisance, à l’extrémité du ponton visiteurs. A 14h, un point presse sera donné par le navigateur et les organisations soutien. Ce soutien se poursuivra jusque devant le tribunal de grande instance où l’audience est prévue à 17h.
Le dimanche 2 octobre dernier, Eugène Riguidel avait été interpellé lors d'une sortie en mer dans la rade de Cherbourg, à bord du voilier La Rieuse, membre de la Flottille Atlantique pour des mers sans nucléaires. Eugène Riguidel ainsi que Pernilla Svenberg, de Greenpeace International, et John Castle, ancien capitaine sur les bateaux de Greenpeace, manifestaient pacifiquement contre le transport de 140 kg de plutonium militaire américain arrivée à Cherbourg quelques jours plus tard et auraient pénétré dans la zone militaire du port.
Les trois militants sont aujourd'hui poursuivis pour "introduction frauduleuse sur un terrain militaire" .
"Avec le nucléaire, on est dans un système totalement policier où trois personnes vont être traînées devant un tribunal pour avoir franchi avec une petite embarcation une ligne invisible dans une immense rade, au cours de plusieurs jours de manifestation pacifique sans aucun incident" déclare Frédéric Marillier, chargé de Campagne Nucléaire pour Greenpeace France.
L'arrivée du plutonium américain s'inscrit dans un vaste programme Russo-américain pour diminuer les surplus de plutonium militaire des deux pays. Le plutonium est destiné à la fabrication de combustible Mox (mélange de plutonium et d'uranium). Alors que d'autres options existaient, comme l'immobilisation du plutonium dans des déchets hautement radioactifs, Greenpeace condamne fermement l'option Mox qui fait courir d'important risques de sûreté (chute ou incendie des containers, naufrage du bateau, accident des camions, etc.) et de sécurité (risques terroristes et de prolifération). De plus, la gestion de ce combustible usé posera d'énormes problèmes (actuellement personne ne connaît de bonne solution pour l'avenir de ce type de déchet hautement radioactif).
Pour Greenpeace l'utilisation du plutonium dans le Mox est un facteur aggravant de prolifération, car elle met cette matière extrêmement sensible et dangereuse en circulation au lieu de l'éliminer le plus rapidement possible. Le plutonium américain arrivée en octobre se trouve actuellement sur le site de Cadarache (Bouches-du-Rhône) pour la fabrication de Mox qui devrait repartir pour les Etats-Unis dans les prochains mois.
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