Areva, qui produit l'équivalent de 4 bombes atomiques par jour, assigne de nouveau Greenpeace en justice
07 Octobre 2004
Areva et le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) ont de nouveau assigné Greenpeace devant la justice. Au Tribunal de Grande Instance d'Aix-en-Provence, à 14h cet après-midi, l'industrie du nucléaire demandera à la justice d'interdire à Greenpeace et au Réseau Sortir du Nucléaire de protester pacifiquement contre le convoi routier emmenant les 140 kilos de plutonium militaire américain. A cette interdiction est assortie une demande d'astreinte de 75 000 euros d'amende par infraction constatée, auxquels s'ajoutent 15 000 euros de frais d'avocats !
"Après l'arrêté Secret défense, Areva continue sa stratégie pour faire taire tout questionnement sur l'industrie du plutonium. Areva ne peut-elle assumer publiquement qu'elle produit tous les jours l'équivalent de 4 bombes atomiques ? qu'elle fait circuler 10 tonnes de plutonium sur les routes de France chaque année ?" s'insurge Frédéric Marillier, chargé de campagne Nucléaire à Greenpeace France.
Le 5 octobre dernier, faisant suite à une procédure similaire, le Tribunal de Grande Instance de Cherbourg a satisfait aux requêtes en référé d'Areva et de la compagnie British Nuclear Fuel Ltd (transporteur de la cargaison du plutonium militaire américain), en empêchant Greenpeace de s'approcher à moins de 300 mètres des navires transportant cette cargaison dangereuse, à moins de 100 mètres dans le port de Cherbourg ainsi que sur la route de Cherbourg à La Hague.
"Au nom de la stabilité mondiale, on s'inquiète légitimement des quelques kilos de plutonium que posséderait la Corée du Nord. Au nom du Dieu commerce, la France finance la production de plus de 10 tonnes de plutonium sur son territoire" poursuit Jan Vande Putte, chargé de campagne Nucléaire à Greenpeace International. "Et aujourd'hui Areva ne semble pas inquiète à l'idée de faire circuler sur près de 1200 km à travers la France l'équivalent de 70 bombes nucléaires, et d'envoyer cette cargaison dans une usine qui ne répond plus aux normes sismiques actuelles".
Greenpeace rappelle que si elle soutient pleinement les accords de désarmement, le choix de l'utilisation du plutonium pour la fabrication de combustible MOX, va au contraire augmenter les risques de prolifération au niveau international. Greenpeace estime que la seule solution raisonnable reste de gérer le plutonium comme un déchets, et donc de l'immobiliser en le mélangeant aux déchets nucléaires hautement radioactifs.