Areva assigne Greenpeace au tribunal : Interdiction de manifester à proximité du plutonium américain ou 300 000 euros par infraction constatée !
04 Octobre 2004
Pour en savoir plus : rappel des faits [PDF - 196ko]
Cherbourg/Paris 4 Octobre 2004 : Areva à travers sa filiale Cogema ainsi que BNFL (Britsh Nuclear Fuel Ltd) dont dépendent les 2 navires transportant les 140 kilos de plutonium américain ont assigné Greenpeace devant le Tribunal de Cherbourg. Dans cette procédure en référé d'heure à heure, ils demandent au tribunal d'interdire à Greenpeace d'approcher et de manifester à moins de 100 mètres dans le port de Cherbourg et à moins de 300 mètres dans les eaux territoriales françaises. A cette entrave maritime s'ajoute une entrave terrestre visant aussi à interdire à Greenpeace de s'approcher à moins de 100 mètres des convois routiers entre Cherbourg et l'usine de La Hague par où doit transiter cette cargaison à risque.
La Préfecture maritime de la Manche avait déjà prononcé une interdiction d'approche à moins de 500 mètres des navires en mer et de circuler et de mouiller dans une grande partie de la rade de Cherbourg. Ceci ne suffit pas à Areva qui menace Greenpeace d'une astreinte de 300 000 euros (150 000 par Areva et 150 000 par BNFL) par infraction constatée en mer, et de 150 000 euros par infraction constatée sur la route entre le port de Cherbourg et Cogema La Hague, auxquels s'ajoutent 19 000 euros de frais d'avocats !
Le Tribunal de Cherbourg tiendra cette audience demain mardi 5 Octobre à 14 heures 30.
"Criminaliser les actions qui permettent d'interpeller les médias, et à travers eux le grand public et les décideurs, est la réponse systématique de l'industrie pour masquer son laxisme en matière de sécurité et de prolifération, et éviter tout débat sur les 10 tonnes de plutonium transportées chaque année en France" déclare Yannick Rousselet. Le harcèlement en justice dont Greenpeace fait l'objet a pour seule motivation d'étrangler financièrement l'organisation à coup de condamnations répétées et de frais de justice qui augmentent d'année en année.
Dès l'instant où Greenpeace conteste un transport imminent de matière nucléaire, l'association de protection de l'environnement est traînée au tribunal dans le cadre de procédures en référé d'heure à heure. Ces procédures débouchent presque systématiquement sur des injonctions, interdisant toute forme de protestation, prévoyant par avance le montant des amendes - particulièrement dissuasives - qui seront dues si l'interdiction est transgressée.
"Une fois de plus, Areva et l'industrie nucléaire tentent de museler toute forme de contestation pacifique et non violente. Après avoir obtenu un arrêté Secret défense, l'industrie nucléaire détourne le principe de la procédure du référé en tentant de faire taire Greenpeace par intimidation financière dès qu'un transport va avoir lieu", poursuit Yannick Rousselet, chargé de mission nucléaire à Greenpeace France.
Déjà hier, un bateau de la flotille pour des mers sans nucléaire avait été stoppé dans le port de Cherbourg par des commandos de marine. Eugéne Riguidel et John Castle, ancien skipper des navires de Greenpeace, mis en garde à vue hier matin, ont été relâchés ce matin à 11 heures.