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Les craintes de Greenpeace concernant le transport de plutonium américain reprises par un membre du Congrès des Etats-Unis

Jeudi 26 août - Tandis que Greenpeace a suivi depuis le 12 août 7 convois par route de plutonium ou de rebuts de plutonium "civil" partant de La Hague, l'association réitère son rejet du plutonium américain qui doit transiter des Etats-Unis vers la France dans quelques semaines. Ces craintes vis-à-vis de ce transport controversé viennent d'être reprises par un membre du congrès américain, Jim Turner.

Jim Turner, membre démocrate du comité de sécurité intérieure américain, a fait connaître à Spencer Abraham, secrétaire du département de l'énergie américain, ses préoccupations concernant le dispositif de sécurité du transport de plutonium vers la France.

"Ce transport est inutile et dangereux et doit être stoppé" a déclaré Tom Clements de Greenpeace International. "D'un côté, le Président Bush exprime des craintes concernant le terrorisme international et la sécurité, de l'autre, il pousse ce transport risqué de matières nucléaires dangereuses à travers le monde. Il est rassurant de constater que certains responsables haut placés commencent à questionner ce programme."

Greenpeace a récemment rencontré des membres du bureau des investigations du Congrès américain (GAO), afin de discuter des transports de plutonium et des dangers associés. Ils ont visionné une vidéo qui montrait les défaillances du système de sécurité sur les transports de plutonium par route en France.

L'administration Bush a prévu d'envoyer une cargaison de plutonium de Charleston, en Caroline du Sud, à Cherbourg, en France, à bord de deux navires battant pavillon du Royaume-Uni et peu sécurisés. Les 140 kg de plutonium de qualité militaire seraient transportés dans des containers incapables de résister au choc d'une arme anti-char (1)! Une fois arrivé en France, le matériel nucléaire devra être transporté sur 1000 km jusqu'au Sud du pays par camion. Greenpeace a déjà démontré à plusieurs reprises que ces convois par route sont faciles à suivre et à intercepter pour d'éventuels terroristes.

Greenpeace, dans la ligne des recommandations de l'AIEA, défend la solution consistant à traiter le plutonium comme un déchet nucléaire, en l'immobilisant, ce qui est plus sûr et moins cher que de poursuivre les risques de prolifération en l'utilisant dans le nucléaire "civil".

"La France a mis en lumière l'incohérence de l'Administration Bush à l'égard des armes de destruction massive pendant la guerre en Irak. L'Etat français ne doit pas maintenant jouer à l'apprenti sorcier et développer le trafic mondial de plutonium sous prétexte que les intérêts de son lobby nucléaire sont en jeu" conclut Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace France.

Note : (1) - Institut de Radioprotection et Sûreté Nucléaire

Le courrier de Jim Turner au "Secretary of Energy" - PDF
Le courrier de Edward J. Markey au "Department of Homeland Security" - PDF
Le courrier de Edward J. Markey à la "Nuclear Regulatory Commission" - PDF

 

 
 
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