28
février 2004, Paris / France :
Information Plutonium ouverte aux péages de Beuzeville
(27 et Villefranche-sur-Saône (69)
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Ce
samedi, à l'occasion du chassé-croisé sur les routes de France correspondant
à la fin des vacances scolaires, une centaine de militants de Greenpeace
ont distribué des brochures d'informations sur les transports de Plutonium
aux péages de Beuzeville (Eure) et de Villefranche-sur-Saône (Rhone).
Ces tracts sont destinés aux automobilistes ainsi qu'au personnel
des autoroutes et péages concernés. Le but de cette action d'information
est d'avertir les populations riveraines ainsi que les personnes qui
circulent sur la "Route du Plutonium" de l'existence de transports
par camion de Plutonium pur (sous forme de poudre PuO2) sur les routes
de France (de l'usine de retraitement de Cherbourg, dans la Manche,
jusqu'à l'usine de Marcoule, dans le Gard). Chaque camion transporte
150 kg de Plutonium, soit environ l'équivalent de 20 bombes
atomiques de type Hiroshima.
Le
19 février 2003, Greenpeace bloquait, avec une facilité déconcertante
et pendant une demi-journée, l'un de ces camions dans le centre ville
de Châlon-sur-Saône (71). Les militants de l'association écologiste
avaient, au cours des semaines précédentes, pu identifier les trajets
exacts, les jours et les horaires à la minute près, ainsi que les
descriptifs et plaques d'immatriculation des camions. La récolte de
ces données s'était effectuée à partir d'une simple observation depuis
des lieux publics ou des bordures de routes. L'ensemble de ces données
était disponible sur un site Internet spécialement dédié au danger
de ces transports "www.stop-plutonium.org".
Depuis
cette date, l'organisation écologiste multiplie les actions de sensibilisation
aux problèmes et dangers de ces transports. En particulier sur les
aspects de la sûreté (accidents, incendie,
qualité des containers, etc...), mais aussi sur la sécurité etsurtout
le risque considérable que représenterait une attaque terroriste
contre l'un de ces transports.
L'unique
réponse apportée par les autorités et l'industrie nucléaire s'est
résumée à un arrêté publié le 9 août 2003 au Journal Officiel et qui
stipule que toutes les matières nucléaires et leurs connexions, en
l'occurrence les installations, les transports, les plans d'exercices
de crise sont maintenant affublés du sceau du secret-défense. Il est
désormais interdit de communiquer ou d'informer sur la filière nucléaire
française. Totalement arbitraire et inadapté, cet arrêté a été modifié
en janvier dernier, tout en gardant la même confusion. Greenpeace,
la CRIIRAD, Reporters Sans Frontières ainsi que
des associations de journalistes ont demandé au Conseil d'Etat l'annulation
de l'arrêté classant secret-défense l'information sur les matières
nucléaires.
"Ce
texte est une atteinte scandaleuse à la liberté d'expression. De toute
évidence, la réponse des autorités françaises n'apporte aucune réponse
au grave problème de la sécurité des transports de plutonium à travers
la France. La seule méthode est l'arrêt definitif de ceux-ci"
commentait Yannick Rousselet, chargé de campagne Nucléaire à Greenpeace
France.
"Ce
n'est pas en cassant le thermomètre que la température va baisser"
a regretté Yannick Rousselet. Les populations riveraines mais également
les services susceptibles d'intervenir en cas d'incident (personnel
d'autoroute, hôpitaux, pompiers et gendarmes, élus locaux...) doivent
être enfin informés du danger scandaleux que fait courir l'industrie
du plutonium aux personnes et à l'environnement.
"Vous habitez sur la Route du Plutonium, n'hésitez pas à questionner
vos élus locaux ou les services concernés. Ne laissez plus ces camions
mortifères passer sous vos fenêtres et exigez de ne plus les croiser
lorsque vous circulez" a appelé Yannick Rousselet.
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