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Secret défense sur le nucléaire

29 janvier 2004, Paris / France :
Le Haut-Fonctionnaire de la Défense plaide couplable... mais persiste à vouloir museler l'information !


Suite aux différentes actions de sensibilisation menées par Greenpeace sur la question des risques de l'industrie du nucléaire, et à la demande expresse de Madame Lauvergeon, PDG d'AREVA, un arrêté classant "secret défense" l'ensemble des matières nucléaires avait été publié le 25 août 2003 au Journal Officiel. Celui-ci a été aussitôt contesté par un grand nombre d'associations, syndicats et organismes, qui avaient alors déposé un recours devant le Conseil d'Etat afin de l'abroger.

Un nouvel arrêté concernant le "secret défense" est paru au Journal Officiel. M. Lallemand, Haut Fonctionnaire de Défense, reconnaît de manière claire que Greenpeace et toutes les organisations qui ont attaqué le premier arrêté avaient raison. Ce haut responsable revient lui-même sur ses premiers écrits, reconnaissant ainsi leur inapplicabilité et l'atteinte qu'il porte aux libertés fondamentales. Il enrobe ainsi sa protection policière de l'industrie nucléaire d'un nouvel emballage.

M. Lallemand publie ainsi une nouvelle version de son texte, tout aussi inapplicable que la première et agrémentée d'une circulaire aux préfets, avouant par avance que ce texte ne se satisfait pas à lui seul. Rappelons qu'en France, une circulaire n'a pas valeur de loi ! Ce nouveau texte permet toute latitude pour sanctionner le travail d'information des associations, laboratoires, organismes d'étude, dès qu'ils font l'affront d'informer ou de remettre en cause l'industrie du nucléaire.

"Le Haut Fonctionnaire de la Défense continue de se prendre les pieds dans le tapis, une fois ne lui a pas suffit ! Entre sa volonté affichée de "transparence" et le lobby nucléaire, le gouvernement a tranché, le nucléaire restera incompatible avec l'information des citoyens et la démocratie. Cette industrie reste protégée par un système militarisé et secret" a déclaré Yannick Rousselet, chargé de Campagne nucléaire à Greenpeace France.

Alors que le gouvernement tergiverse sur ce texte pour tenter de museler l'information, les transports de matières nucléaires, malgré les nombreuses alertes de Greenpeace, n'ont pas été modifiés ; ainsi, chaque semaine, des centaines de kilos de plutonium pur sillonnent les routes de France au mépris des populations riveraines (1).

"La vraie question aujourd'hui demeure bien celle du risque en matière de sûreté et de sécurité que font courir l'utilisation et le transport des matières nucléaires aux populations. Ce n'est pas en interdisant d'en parler que le problème sera résolu" a ajouté le porte-parole de Greenpeace.

La volonté de la Cogema d'ôter à Greenpeace tout moyen d'informer dans le domaine nucléaire en France se concrétise ; menace de saisie par des huissiers mandatés par AREVA, procès en diffamation pour stopper la liberté d'expression, plainte pour plagiat pour entraver le droit à la parodie... Contrairement à leurs belles déclarations, le lobby nucléaire et Madame Lauvergeon n'ont pas l'intention de construire un débat démocratique.

"Malgré cette nouvelle épée de Damoclès entre les mains du Haut Fonctionnaire de Défense, Greenpeace ne se taira pas et continuera d'informer les citoyens sur les dangers de l'utilisation et du transport des matières nucléaire".

Ainsi Greenpeace poursuivra l'action en justice qu'elle a entreprise afin d'abroger cet arrêté.

Note :
(1) A la demande de Greenpeace, le bureau d'étude Wise-Paris (World Information Service on Energy) a réalisé une étude complète sur l'ensemble des transports liés à l'industrie du plutonium. Le résultat est extrêmement alarmant car il montre que la quantité de matières à haut risque qui circulent sur les routes de France a augmenté de manière constante : environ 90 transports contenant au total près de 12 tonnes de plutonium sous forme de poudre (PuO2) circulent en France chaque année. Sachant qu'il faut environ 8 kilos de cette matière pour faire une bombe atomique, c'est l'équivalent de 1500 bombes qui circulent chaque année. Le cabinet Wise a également établi toute une série d'accidents possibles qui seraient autant de catastrophes humaines et environnementales.


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