10
octobre 2003, Paris / Washington :
Alors que l'administration Bush décide d'exporter vers la
France du plutonium militaire, Greenpeace exige le retrait
de l'arrêté antidémocratique du gouvernement français
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Selon
un document
du NRC (Nuclear Regulatory Commission) diffusé le 7 octobre, le
DEO (U.S. Departement of Energie) a annoncé publiquement son intention
d'envoyer vers la France 140 kilos de plutonium pur de qualité militaire
- de quoi fabriquer 50 bombes nucléaire - afin de fabriquer quatre
assemblages de MOX (Mixed Oxyde Fuel, combustible contenant 6 à 7%
de plutonium). Le plan détaillé dans ce document a pour but d'obtenir
les autorisations nécessaires à ce transport. L'organisation Greenpeace
considère que ce transport présente un risque inacceptable de prolifération
et de sécurité et doit être annulé. Cette annonce est faite au moment
où un intense débat concernant le "secret défense" à propos des matières
nucléaire se déroule en France.
Après
le dépôt d'un recours
auprès du Conseil d'Etat et suite à de longs
débats lors de la réunion d'information de La Hague avec M. Lallemand,
Haut Fonctionnaire de Défense et rédacteur de cet arrêté antidémocratique,
Greenpeace a été invité par celui-ci à une séance d'explication ce
lundi 13 octobre. Cependant, ce monsieur précise à propos de cette
réunion, "qu'elle ne comportera aucun relevé de conclusions".
L'organisation écologiste ne se rendra pas à cette réunion, refusant
ainsi de se voir expliquer un arrêté, qui par ailleurs, doit être
simplement supprimé.
Il
est étonnant de comparer deux attitudes extrêmement différentes entre
l'information diffusée aux USA et celle désormais interdite en France.
Le document du NRC explique ainsi de manière très détaillée le déroulement
du prochain transport, son parcours, son contenu (notamment la présence
de 140 kilos de plutonium et sa qualité
isotopique), la période où il se déroulera,
etc. De l'autre côté de l'Atlantique, en France, la parution de l'
arrêté "secret défense" interdit la publication de toutes ces informations
!
Au
mois d'août 2004, 140 kilogrammes de plutonium de qualité militaire,
actuellement stockés à Los Alamos (Nouveau-Méxique), quitteront les
Etats Unis, via le port militaire de Charleston (Caroline du Sud),
pour se rendre à Cadarache (Rhône-Alpes), via le port de Cherbourg.
Deux navires de BNFL (British Nuclear Fuel Limited), le Pacific Pintail
et le Pacific Teal sont prévus pour cette expédition. Il est important
de rappeler que l'atelier ATPu de Cadarache a été fermé par la Cogema
en juillet dernier sur ordre de la DGSNR
(autorité de sûreté nucléaire française) pour raison de risque sismique
sérieux. Cogema a ainsi décidé d'importer ce plutonium sans l'autorisation
de travailler dans cette installation.
"Ce
transport de plutonium militaire se déroulera sur le sol français
et sera donc couvert par l'arrêté de M. Le Haut Fonctionnaire de Défense
; les responsables des services américains devraient par conséquent
être immédiatement emprisonnés pour avoir divulgué des informations
extrêmement précises sur ce transport" a déclaré Yannick Rousselet,
porte-parole de Greenpeace France. "Il serait préférable que les
autorités françaises comprennent qu'au nom de la liberté d'expression
et le droit légitime à l'information concernant directement la santé
et la sécurité des populations, la seule méthode est une réelle transparence
et le débat public" a-t-il ajouté.
"Aucun
système de sécurité ne peut garantir la protection de ce plutonium,
c'est pour cette raison que les autorités françaises tentent de dissimuler
auprès du public les informations légitimes auxquelles il peut prétendre".
"Le plutonium, qu'il soit produit par la Cogema à La Hague ou bien
importé des USA, est en réalité bien utilisable à des fins militaires.
L'unique solution est l'arrêt immédiat de la production de cette matière",
a répété Shaun Burnie, chargé de Campagne nucléaire à Greenpeace international.
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