Mercredi
8 octobre 2003 :
Malgré le Secret défense sur le nucléaire, Greenpeace révèle
de nouvelles informations sur les transports de plutonium
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Des
informations détaillées sur les transports de plutonium,
rendues publiques en violation délibérée du nouveau décret, seront
présentées par Greenpeace à la "Commission spéciale" sur les affaires
nucléaires qui se réunira aujourd'hui à Cherbourg. Des politiciens,
des hauts fonctionnaires et des représentants de la Cogema, l'entreprise
publique de retraitement de Cherbourg, participeront à cette réunion.
Le haut responsable de la sécurité nucléaire du gouvernement français,
M. Lallemand, qui a fait publier le nouveau décret, doit également
venir témoigner lors de l'audition de la Commission spéciale.
Dans
le but évident de tenter d'empêcher Greenpeace de révéler des informations
sur les transports nucléaires en France, le gouvernement français
a décrété (1) suite à une demande d'Anne Lauvergeon, la directrice
d'Areva/Cogéma, que toute information sur les matières nucléaires
serait classée "Secret défense" pour des raisons de sécurité nationale,
sous prétexte de réduire les risques d'accidents catastrophiques ou
d'attentats.
"Plutôt
que d'essayer de réduire au silence les opposants au nucléaire, le
gouvernement devrait mettre fin à la production, au transport et à
l'utilisation de plutonium utilisable en armement dans les installations
de retraitement nucléaire de la Cogema, avant que ne se produise une
catastrophe" déclare Yannick Rousselet de Greenpeace. "Les
recherches de Greenpeace ont montré que les transports de plutonium
sont vulnérables aux accidents ou aux attentats... (2) (l'ensemble
de ces données sont disponibles sur "www.stop-plutonium.org").
C'est le gros problème auquel la Cogema et le gouvernement se trouvent
confrontés et ce décret essaie de le régler de façon absurde."
En
février dernier, Greenpeace a bloqué un transport nucléaire contenant
150 kilos de plutonium pur en plein centre-ville de Chalon-sur-Saône,
alors qu'il faisait route de la Hague, en Normandie, vers Marcoule,
en Provence. La Cogema effectue généralement 2 ou 3 transports chaque
semaine entre ses installations de retraitement à La Hague et son
usine de production de combustible au
plutonium (MOX) à Marcoule. Chaque transport fait transiter suffisamment
de plutonium pour fabriquer 30 bombes atomiques. En mai, après que
la Cogéma ait repris les transports, Greenpeace a lancé un site web
"d'inspection citoyenne" publiant des informations sur les transports
de plutonium relevées par des bénévoles et des activistes tout au
long des 1.000 kilomètres du trajet des transports.
"Le
commerce international de matières pouvant servir à fabriquer des
bombes atomiques est absolument injustifiable. L'industrie nucléaire
et le gouvernement qui protège ses intérêts se servent de décrets
relatifs à la sécurité nationale pour la mettre à l'abris du regard
des citoyens, mais ils ne sont pas capables de protéger efficacement
leurs transports de plutonium. Nous sommes résolus à mettre en lumière
leur mépris continuel pour la santé publique, l'environnement et la
véritable sécurité nationale," déclare Shaun Burnie de Greenpeace
International.
Le
jeudi 9 octobre, Greenpeace va déposer une plainte contre
le nouveau décret sur le secret défense pour obtenir sa suppression.
L'institut indépendant de recherche radiologique CRIIRAD
et Reporters sans Frontières vont se joindre à Greenpeace
dans cette procédure.
Notes
:
(1) - arrêté du 24 juillet 2003, paru au Journal Officiel du 9 Août
2003
(2) - L'étude Wise-Paris "Les
transports de l'Industrie du Plutonium en France : une activité à
haut risque"
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