Jeudi
21 août 2003 :
Greenpeace exige l'arrêt immédiat des transports
de plutonium, cibles faciles du terrorisme !
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Alors
que les actes de terrorisme se multiplient dans le monde et que le
plan Vigipirate reste activé en France, dans le cadre de l'enquête
sur l'attentat de Casablanca, un terroriste français, arrêté au Maroc,
avoue avoir projeté plusieurs attentats contre divers objectifs dont
"des camions transportant du plutonium sur les routes de France" (selon
le quotidien Le Parisien du mercredi 20 août 2003).
La
société Cogema/Areva exploite à l'usine de La Hague (Manche) deux
unités d'extraction de plutonium. Chaque
année, se sont ainsi environ 11 tonnes de plutonium supplémentaires
qui s'accumulent. Cependant, une petite partie de cette matière est
réutilisée pour fabriquer du combustible Mox
(Mixed Oxyde Fuel) dans les usines de Marcoule (Gard) et Dessel (Belgique).
Deux à trois fois par semaine, des convois de plutonium traversent
la France pour acheminer le plutonium de La Hague à Marcoule. Bien
que Cogema déclare n'avoir que des activités civiles, les transports
de plutonium sont sous le sceau du secret défense. Ce plutonium est
directement utilisable à des fins militaires. Il n'est donc pas étonnant
que des terroristes en fassent un objectif.
Mercredi
19 février 2003, l'organisation écologiste interceptait et bloquait
symboliquement, avec une facilité déconcertante, un camion de la société
Cogema Logitics, avenue de Paris, à Chalon-sur-Saône. Ce camion transportait
environ 150 kilogrammes de poudre de plutonium, sous forme PuO2 (de
quoi fabriquer une vingtaine de bombes de la puissance d'Hiroshima).
A l'occasion de cette action de dénonciation pacifique, Greenpeace
a publié une étude traitant de l'ensemble des transports générés par
l'industrie du plutonium, réalisée par le cabinet Wise et ouvert un
site Internet spécialisé "www.stop-plutonium.org".
Au
cours de cette action symbolique, l'organisation pacifiste a démontré
qu'il est extrêmement facile de s'approcher de ces véhicules. Le temps
de réaction des autorités face à cette action non-violente et l'absence
totale de plan d'intervention pour répondre à ce blocage, démontrent
l'impossibilité de protéger un trafic devenu industriel. Il aura fallu
presque quatre heures pour que le camion puisse reprendre sa route.
Que se serait-il passé au cas d'une intervention plus belliqueuse
? "La seule bonne solution est l'arrêt immédiat de ces transports"
répète depuis plusieurs mois Yannick Rousselet, chargé de campagne
nucléaire à Greenpeace France. Depuis cette date, les transports qui
ont été momentanément interrompus ont repris avec très peu de modifications
quant à leur organisation. C'est aussi pour ces raisons que Greenpeace
a créé la CCCI, Cellule Citoyenne de Contrôle et d'Inspection
des matériaux fissiles. Elle a pour but d'enquêter et de contrôler
les installations productrices ou utilisatrices et les transports
de plutonium ou de combustibles au plutonium
(Mox). En effet, que l'on soit chauffeur de camion, employé d'autoroute,
élu, pompier ou simple citoyen sur la route des vacances ou du travail,
ces transports incessants concernent toute la population française.
La
CCCI organise plusieurs types d'inspections qui sont rendues publiques
par des lettres de suivi disponibles sur le site internet de Greenpeace.
Ainsi, la population peut suivre l'évolution des investigations et
s'investir directement dans les travaux de surveillance des sites
et des transports sensibles. "Les aveux de Pierre Robert, terroriste
extrémiste islamiste, démontrent combien il est inconscient de continuer
de faire transiter du plutonium sur les routes de France. Ces transports
inutiles, coûteux et dangereux, doivent cesser immédiatement" a déclaré
le porte-parole de Greenpeace France. "Toutes les informations qui
nous ont permis d'approcher ces camions et nous permettent encore
de le faire quotidiennement, ne sont que le fruit de la collecte de
renseignements publics et d'observations sur la voix publique" a
t-il ajouté.
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