Mercredi
9 juillet 2003 :
Préfecture
de Saint-Lô (50)
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Ref
: Caen/090703/01
Date : mercredi 9 juillet 2003
Lieu : Préfecture
de Saint-Lô (50)
Heure de début : 14H00
Heure de fin : 16H15
Responsable(s) : Frédéric Marillier
Représentants
de cette administration : Le secrétaire général de la préfecture
- Jean-Pierre Condemine
Objectif
: Répertorier, consulter et examiner les documents publics relatifs
aux plans particuliers d'intervention concernant les transports de
matières radioactives et plus particulièrement
les substances fissiles. Il s'agit de la deuxième visite, après celle
du 26 juin 2003.
Déroulement
de la visite :
A
14h, la délégation de la CCCI se rend à la Préfecture de Saint-Lô.
Les entrées de la préfecture sont filtrées. A notre légitime demande
de citoyens de consulter un document officiel dans ce lieu public,
le responsable de la sécurité, assisté de deux policiers, nous demande
nos papiers et nous prie de patienter. Cette personne nous informe
qu'ils prévoient une manifestation de Greenpeace et souhaitent attendre
l'arrivée de l'ensemble des manifestants. Nous lui expliquons que
nous ne sommes et ne seront que deux pour la consultation des documents
! Pendant ce temps, plusieurs personnes se voient accorder l'entrée
à la préfecture.
A
14h15, le responsable de la sécurité revient après vérification de
nos papiers d'identité et nous signifie que le secrétaire général
de la Préfecture nous recevra à son retour de déjeuner. Après tractation,
nous sommes admis dans la cour de la préfecture afin de patienter
à l'ombre.
A
14h40, toujours aucune nouvelle de monsieur le Secrétaire Général.
Devant notre impatience, un homme en costume qui ne s'est pas donné
la peine de se présenter, s'adresse à nous et nous demande de faire
preuve de patience. Devant la réaffirmation de notre requête - consulter
des documents publics, et non rencontrer le Secrétaire Général -,
il nous affirme que notre requête n'est pas précise. La délégation
de CCCI reformule donc à nouveau sa requête : consulter les plans
particuliers concernant les transports de matière nucléaire.
Notre
demande est enregistrée et transmise, mais l'accès à la préfecture
nous est toujours refusé sans aucune explication. Nous sommes sous
la surveillance de deux policiers ainsi que celle d'un capitaine des
Renseignements Généraux.
Les
minutes s'écoulent et notre demande de patienter à l'accueil, dans
l'espace prévu à cet effet pour les visiteurs, nous est systématiquement
refusée sans aucun motif.
Malgré
le peu de respect qui nous est témoigné, nous décidons de poursuivre
notre attente.
A
15h47, plus d'une heure après notre demande orale et motivée de consulter
les plans particuliers qui s'appliquent aux transports de matières
nucléaires, le Secrétaire Général, Monsieur Jean-Pierre Condemine,
nous ouvre enfin les portes de la préfecture et nous reçoit "entre
deux réunions", dans un coin de l'accueil !
Monsieur Jean-Pierre Condemine nous explique, sans vouloir entrer
sur le fond du dossier, que notre requête ne peut se faire par voie
de demande orale. Il nous tend alors un formulaire-type
de demande de consultation de documents publics, précédé de l'explication
de la procédure (PDF - 274ko). Malgré nos interrogations et nos
protestations, notre visite se terminera sans que nous obtenions rien
d'autre.
A
16h15, la délégation de la CCCI quitte la préfecture.
Commentaires
: La procédure fournie par le Secrétaire Général prévoit bien
la possibilité de faire une demande orale, mais il est précisé : "(ce
type de demande) doit être systématiquement employée par le demandeur
s'il a la certitude que le document lui sera communiqué sans difficulté".
Effectivement la démarche de la CCCI s'inscrivait dans ce cadre,
mais il apparaît aujourd'hui qu'il n'en est rien : il est extrêmement
difficile de consulter les documents publics concernant les plans
particuliers relatifs aux transports de matières nucléaires.
Ce
constat nous paraît tout à fait préoccupant. La CCCI dénonce fermement
le secret et l'opacité qui entourent les transports de plutonium dont
les populations n'ont pas connaissance. De plus, l'extrême lourdeur
des procédures administratives, lorsque ce n'est pas la présence policière,
obstruent et dissuadent les démarches citoyennes qui visent à mieux
comprendre ce qui est aménagé pour garantir la sécurité des populations
exposées à ces transports.
Tout
est échaffaudé pour que le citoyen ne s'intéresse pas à l'industrie
du plutonium et à son business.
Suites
à donner : afin de poursuivre les objectifs qu'elle s'est fixés,
la CCCI remplira rapidement des demandes écrites de consultations
des différents documents relatifs aux transports de matières nucléaires
(à savoir le plan de secours spécialisé) et aux diverses installations
(à savoir le plan particulier d'intervention) concernées par l'industrie
du plutonium, notamment le site de La Hague.
Nous
encourageons vivement tous les citoyens à faire de même.
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