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STOP PLUTONIUM

Communiqué de presse

Mardi 25 février 2003, Paris :
12 tonnes de plutonium en vadrouille sur les routes de France chaque année


25 militants de Greenpeace ont bloqué, mercredi 19 février à Chalon-sur-Saône, un camion transportant près de 150 kg de plutonium, soit l'équivalent de 20 bombes atomiques de type Hiroshima.

L'organisation écologiste entendait ainsi révéler ce trafic bi-hebdomadaire de matières extrêmement dangereuses, traversant des dizaines de localités entre Cherbourg, Marcoule et Cadarache, mais bénéficiant d'une protection très limitée. Sur l'année, ce sont près de 12 tonnes de plutonium (l'équivalent de 1.500 bombes !) que le groupe AREVA/Cogema fait circuler en convois banalisés, sur les autoroutes, près des écoles, sous les fenêtres de riverains ignorant tout du danger auquel l'industrie nucléaire les expose de manière totalement irresponsable.

"A notre surprise, nous avons constaté qu'aucun dispositif de sécurité sérieux n'était prévu en cas de blocage du camion et qu'un groupe de terroristes aurait pu s'emparer très facilement de ce convoi et menacer avec son contenu une grande partie de la population française", s'est indigné Yannick Rousselet, chargé de la Campagne nucléaire à Greenpeace France. "Egalement préoccupant, les normes de sécurité du transport de plutonium ne prévoient pas un certain nombre d'accidents tout à fait possibles qui seraient autant de catastrophes humanitaires et écologiques".

Photos, interview et détails sur l'action de blocage >>

En parallèle à l'action non-violente menée à Châlon-sur-Saône , Greenpeace a organisé un "vrai-faux" transport de Plutonium sur le même parcours que les camions de la Cogema afin d'alerter les élus et les citoyens.

La communauté internationale est confrontée en Irak comme en Corée du Nord, en Inde comme au Pakistan ou en Israël, à l'irresponsabilité de l'industrie nucléaire qui, pour ses seuls intérêts financiers, vend des technologies dites civiles mais aisément "militarisables" qui deviennent autant de risques effroyables pour la paix, la stabilité, la sécurité et la santé des personnes et l'environnement.

"La distinction que tente de faire l'industrie du nucléaire entre nucléaire civil et nucléaire militaire est mensongère. Le plutonium sert d'abord des objectifs militaires, il a été inventé pour faire des bombes atomiques et constituera toujours un risque énorme pour les populations. Le nucléaire civil n'existe pas !" a ajouté Yannick Rousselet.

Après l'arrestation des activistes de Greenpeace, qui ont été "gardés à vue" alors que le camion chargé de plutonium était quant à lui en vadrouille... Greenpeace est très préoccupée de constater qu'on enferme des militants qui ont montré l'irresponsabilité d'un système ultra dangereux sans qu'Areva/Cogema ou ses autorités de tutelle n'aient à justifier des risques qu'ils font courir inutilement aux populations françaises et au reste du monde.

Pour interpeller les populations riveraines et les élus locaux sur les menaces liées au transport du plutonium, Greenpeace a organisé un convoi identique à celui des convois d'Areva/Cogema. Ce convoi est parti de La Hague et a rejoint, après plusieurs étapes qui sont autant de rendez-vous avec le public et la presse, le site nucléaire de Marcoule. "La responsabilité de Greenpeace est de révéler aux citoyens les dangers auxquels l'industrie nucléaire les expose sans les en informer. Qui oserait défendre qu'il faut taire qu'on peut en France facilement s'emparer de l'équivalent de dizaines de bombes atomiques ou provoquer du fait d'un accident non prévu mais prévisible une véritable catastrophe humanitaire ?" s'insurge Fredéric Marillier, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace France.

"Nous refusons cette dictature du risque qu'on nous impose. Les profits d'Areva/Cogema ne peuvent pas justifier les risques de prolifération du nucléaire militaire ou du terrorisme ainsi que les menaces terribles pour la santé des populations et pour l'environnement : il faut arrêter immédiatement l'industrie du plutonium et le trafic dangereux, coûteux et inutile qu'elle génère", conclut Yannick Rousselet.

Pour éviter les risques de prolifération du nucléaire militaire ou du terrorisme, pour éviter les menaces terribles pour la santé des populations et l'environnement : il faut arrêter immédiatement l'industrie du plutonium et ses trafic coûteux, dangereux et inutiles.


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