Mercredi
19 février 2003 :
Stopper l'industrie du plutonium, c'est
stopper la prolifération nucléaire ! |
Dernières
infos :
les
25 militants arrêtés dans l'après-midi ont été
retenus par les forces de l'ordre. Le camion chargé de 150 kg
de plutonium a "disparu". Il
ne passera pas, cette fois, la nuit dans la caserne militaire de Chalon-sur-Saône...
A
11h30 ce mercredi matin, en plein centre ville de Chalon-sur-Saône,
25 militants de Greenpeace ont bloqué un camion transportant près
de 150 kg de plutonium.
Ils se sont enchaînés aux roues et à l'avant du camion et ont déployé
des banderoles.
Ce
camion en provenance de l'usine Areva/Cogema de La Hague (Manche),
devait se rendre au site nucléaire de Marcoule (Gard). L'organisation
écologiste entend ainsi dénoncer publiquement et pacifiquement ce
trafic quasi-quotidien de quantités considérables de plutonium à travers
toute la France.
Ces
transports de matières extrêmement dangereuses doivent cesser, comme
doit cesser l'industrie du plutonium, première source de prolifération
d'armes atomiques.
Interview
de Y. Rousselet (Chalon-sur-Saône - .wav
- 811ko)
Toutes
les semaines, généralement le lundi, le mardi et le mercredi, toujours
à la même heure et suivant exactement le même parcours, des camions,
transportant chacun l'équivalent d'une vingtaine de bombes atomiques,
quittent l'usine de La Hague à destination des usines de Marcoule
ou de Cadarache dans la vallée du Rhône. Ces transports s'effectuent
au mépris des populations et des élus locaux qui ignorent tout de
ce trafic sous contrôle du Haut-Commissaire de la Défense. Un attentat
ou un accident pourrait pourtant entraîner une catastrophe sans précédent
et contaminer des régions entières pendant
des décennies.
En
stoppant ce camion à quelques mètres de l'entrée de la caserne militaire
"Carnot", Greenpeace fait la démonstration que la distinction que
tente de faire l'industrie nucléaire, ici Areva/Cogema, entre nucléaire
"civil" et nucléaire militaire n'est qu'un artifice de communication.
Le nucléaire n'est pas une industrie comme une autre, loin s'en faut.
Le plutonium sert d'abord des objectifs militaires, il a été inventé
pour faire des bombes atomiques et constituera toujours un risque
énorme pour les populations du monde. Le nucléaire civil n'existe
pas. Le fonctionnement même de cette industrie du plutonium repose
sur ce système militaire. L'utilisation par le régime nord-coréen
de son programme nucléaire "civil", d'origine américaine, pour fabriquer
des bombes atomiques avec lesquelles il menace aujourd'hui les Etats-Unis
est dramatiquement exemplaire.
Cette
action non violente s'inscrit volontairement dans le contexte international
de la crise irakienne, dont l'un des enjeux majeurs est la prolifération
nucléaire. Le Président de la République refuse aujourd'hui avec
courage le bellicisme de l'administration Bush, en opposant une logique
du désarmement dans la paix à une logique de guerre aux conséquences
incertaines mais dramatiques.
"Monsieur
Chirac doit maintenant aller plus loin dans la voie du droit et du
désarmement. Il doit prendre l'initiative d'une rupture dans les pratiques
des pays nucléarisés qui consistent, administration Bush en tête,
à fouler au pied les traités internationaux de désarmement comme le
Traité de non-prolifération nucléaire. Les membres permanents du Conseil
de Sécurité, principaux détenteurs d'armes de destruction massive,
seraient beaucoup mieux inspirés de mettre en ouvre ces traités immédiatement.
Ce qui signifie arrêter de vendre à qui peut payer des technologies
dites civiles mais facilement "militarisables" et mettre fin à l'industrie
du plutonium, intrinsèquement liée à la prolifération nucléaire"
déclare Yannick Rousselet, chargé de la campagne nucléaire à Greenpeace
France. "Il y a plus de plutonium dans le camion que Greenpeace
vient de bloquer que dans l'ensemble du Proche-Orient. L'irresponsabilité
des industriels du nucléaire comme Areva/Cogema est la première source
de prolifération d'armes atomiques. Il faut stopper la prolifération
à la source !".
A
la demande de Greenpeace, le cabinet Wise-Paris (World Information
Service on Energy), a fait une étude complète
sur l'ensemble des transports liés à l'industrie du plutonium.
Le résultat est extrêmement alarmant : environ 90 transports totalisant
près de 12 tonnes de plutonium sous forme de poudre circulent en France
chaque année. Sachant qu'il faut environ 8 kilos de cette matière
pour faire une bombe atomique, c'est l'équivalent de 1.500 bombes
qui circulent chaque année. Le cabinet Wise a également évalué l'impact
de différents scenari d'accidents possibles qui seraient autant de
catastrophes humaines et environnementales.
Afin d'assurer
pleinement son rôle d'information sur un secteur totalement opaque,
Greenpeace lance aujourd'hui "www.stop-plutonium.org",
qui détaille toutes les informations sur les transports et
l'industrie de plutonium. Greenpeace considère qu'il est de sa
responsabilité de rendre ces informations publiques afin que ces transports
ultra dangereux cessent. Comme vous pourrez le constater sur ce
site, ces convois considérés par les pouvoirs publics comme ultra
secrets, sont très peu protégés et un petit groupe de militants écologistes
a pu aisément les identifier, les observer, les suivre et les photographier
sans être repéré.
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