* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *
Défendons les Océans Greenpeace France * *
*
* Journal de Bord * Que sont ces prises? * Les responsables * Animation
Flash
* * Solutions * *
* * * *
* * *
* * *
* * Adhérez à Greenpeace
*
***
* * A vous d'agir
*

 

 

***

Esperanza : journal de bord

17 février 2005 - Falmouth - Départ de l'Esperanza pour sa campagne en Atlantique Nord
*
*

Campagne 2005

Présentation de l'équipage
Diaporama 1 | Diaporama 2 | Diaporama 3 | Diaporama 4
Vidéo 1

24 mars 2005
par Jo



Salut, c'est Jo, le vieux assistante chef.
Avant de quitter l'Esperanza j'ai dit à François que j'écrirais un weblog en français. Maintenant, j'ai quelque chose à dire. Ce matin je suis allee aux bureau de Defra (le ministère du gouvernerment anglais qui est responsable pour la pêche.) comme un bénévole pour livrer quelques dauphins mortes trouvés dans la Manche. Nous les avons laissés à l'entrée du bureau.
Il y a quelques jours je suis allée à l'ambassade de France pour faire la même, mais ce fois-la j'étais un 'runner' (un coureur?). J'ai cru d'avoir la possibilité de gagner un peux de pub parce-que le bureau de Defra se trouve derrière les bureaux du BBC et Sky.
J'ai trouvé ces deux activités inquiétantes parce-que les dauphins que nous avons livré étaient ceux récuperés pendant mon séjour au bord de l'Esperanza.
Aujourd'hui était pire parce-que ces dauphins avaient été tailladés par les pecheurs et leurs boyaux se sont penchés... C'était vraiment dégueulasse!
Je croix que les gens sur le bateau sont en train de faire quelques actions. Je dis bonne chance avec tous et que vous me manque! Il faut finir maintenant.

17 mars 2005
par François



Aujourd'hui 17 mars, apres deux nuits passees à l'ancre pour s'abriter des vents et déposer des journalistes à terre, nous sommes repartis vers la zone de pêche où nous avons par deux fois trouvé une bonne partie de la flotte francaise, au sud de Plymouth. C'est en milieu d'après midi, 15h30 heure francaise, que Maryke du WDCS fait une fois de plus une macabre decouverte. Encore un dauphin mort qui flotte devant l'etrave de l'Esperanza, cela commence à devenir systématique et desesperant, c'est le huitième en un mois, et le quatrième en trois jours. Nous jetons une bouée rouge à l'eau pour ne pas le perdre de vue pendant que "captain Frank" manoeuvre pour decrire un cercle autour de lui. Un bateau est mis a l'eau pour la récuperation désormais routinière du cadavre, l'équipage s'apprête a l'amener à bord, prépare une bache, les gants bleus, le liquide desinfectant, les mètres et thermomètres, bref, rebelote...

C'est un grand male de deux mètres vingt, qui n'a pas été tué récemment au vu des premières traces de décomposition autour des yeux, du bec et des nageoires, mais certaines marques ne mentent pas, il a péri dans un filet de pêche. Le fait de trouver autant de dauphins morts nous inquiéte beaucoup. Il est très difficile de repérer un corps flottant en mer, et jusqu'à présent tout ces mammifères marins ont dérivé par chance (si l'on peut dire) suffisamment près de l'Esperanza pour que nous puissions les voir et les recupérer. Il est effrayant d'imaginer leur nombre réel, dissemines sur l'étendue au gré des courants.

15 mars 2005
par Magali



C'EST ASSEZ

Nombreuses paires de chalutiers autour de nous - Françaises – ACTION - Nous allons retirer les bouées flottant à la surface indiquant aux pêcheurs la position des filets - 7h tout le monde est prêt - Combinaisons - Gilets de sauvetage - Eddy escalade la grue pour en atteindre les commandes - Mise à l'eau des bateaux - Mer agitée - Des paquets d'eau s'écrasent sur nous - Nous sommes trempés - Nous arrivons sur un chalut - 2 dauphins sont là aussi - Bouées repérées - Le jet boat n'a pas d'hélice, nous pouvons donc nous en approcher - Subtilisation d'une de ces bouées - Regards des pêcheurs hébétés - Ils remontent leur filet - C'est gagné - Nous les suivons prêts à recommencer - Le capitaine nous appelle - Il se passe quelque chose - nous rentrons - A la proue de l'Esperanza flotte un nouveau dauphin fraîchement mort - Il faut le récupérer - Nous l'atteignons enfin - Les visages sont tendus - Il a été éventré - Ses boyaux flottent - Ecoeurement - Il ne faut pas penser - Penny attrape un aileron - Huw et moi tentons de lui passer une sangle autour du corps - Il glisse - Il coule - Il est lourd - J'ai peur de mettre ma main dans les viscères - Parfois je suis obligée de fermer les yeux - Le spectacle est macabre - Il nous faudra bien un quart d'heure afin de l'accrocher correctement - Mais point de répit - Un autre est repéré - Des mètres d'intestin grêle s'étalent autour de lui - Même procédure d'attache - Pas un mot - Penny est triste - Nous remorquons les 2 cétacés par la queue afin de ne pas plus les Mutiler - Puis il y en eut un troisième - Situation abdominale identique - Je ne détourne même plus les yeux - Les gestes sont rodés - L'instant est grave - Les corps sont remontés sur l'Esperanza - Suspendus a la grue par la queue, les tripes pendent - Serkan mettra plusieurs heures avant de pouvoir reparler - C'est le tournant de la campagne dira plus tard Frank, le capitaine - Les conditions météorologiques se dégradent - Nous rentrons nous mettre à l'abri dans la baie de Falmouth - L'équipage est remonté - Huw, Stan et Penny préparent nos prochaines actions ... Nous attendons le calme ...
J'espère vous avoir retransmis mon dégoût.


14 mars 2005
par François Provost


Nous identifions dans la journée sept paires de chalutiers boeuf
pélagiques, douze navires français et deux écossais, avec lesquels nous
décidons bien évidemment de rester pour la nuit. En fonction de leur
chalutage et du trafic maritime nous en perdons quelques-uns sur l'écran
du radar et en retrouvons d'autres, si bien qu'à la timonerie de
l'Esperanza c’est un art difficile de s'y retrouver et de
déterminer qui est qui.

Mais au petit matin lorsque nous partons pour l'action ils sont toujours
Aussi nombreux. Après de nouvelles identifications, nos deux
pneumatiques repèrent un des chaluts-boeuf sur le point de relancer son
filet, il s'agit de la Colombine et de l'Arlequin. Le temps de les
rejoindre, et nous les appelons par radio pour leur exprimer nos
craintes quant à l'ampleur de la destruction engendrée par leur pêcherie
sur la population des espèces protégées que sont les petits cétacés. Ils
refusent de cesser leurs activités, et nous testons notre dernière
innovation. Ces larges chaluts sont reliés près de leur extrémité par deux bouées en
surface qui assurent la bonne tenue du filet. Notre idée consiste à
emprunter ces bouées pour les renvoyer à leur propriétaire à la fin de
la saison de pêche. Alors que le chalut est mis a l'eau, l'un de nos
semi-rigides s'approche et les militants qui l'occupent s'activent à
détacher l'une des fameuses bouées, pour finalement la remonter à bord.
Les pêcheurs sont surpris mais comprennent vite qu'il vaut mieux
interrompre le chalutage sous peine de voir leur bouées confisquées une
a une. Nous les suivons un moment tandis qu'ils photographient la pièce
à conviction à présent dans notre embarcation, mais ce petit jeu cesse
suite à l'appel de l'Esperanza.

Un nouveau dauphin mort vient d'être repéré non loin de l'étrave du
navire, nous rebroussons chemin pour aller le récupérer. Il a été
éventré, et ses boyaux s'étalent au gré des vagues. Cette pratique
permet aux pêcheurs d'espérer que les corps couleront plus vite et
n'iront pas s'échouer sur les plages, ou bien ne seront pas retrouves
par Greenpeace...
Huw, Penny et Magali s'évertuent dans une mer formée à passer une
sangle autour de la queue de l'animal, mais ils ne sont pas au bout de
leur peine. Nous en trouvons un autre, puis encore un autre,
pareillement mutilés. Combien flottent encore autour que nous n'avons
pas pu trouver ? C'est alors une triste tache d’hisser ces trois
cadavres à bord, les tripes à l'air et dégoulinants de sang. Maryke, Kate
et Simon du WDCS entament les premières observations scientifiques. Il
s'agit de deux jeunes males et d'une femelle adulte. La prise de leur
température indique très clairement qu'ils sont morts dans la nuit, et
les marques qu'ils portent sur le corps, en plus de l'eau présente dans
leur système respiratoire sont une preuve formelle de leur noyade dans
un filet de pêche.

Cette matinée de mardi est aussi ponctuée par la venue éclair de Tweety
notre hélicoptère qui dépose deux journalistes anglais a bord et repart
avec les deux dauphins que nous avions trouvés ces dernières semaines
dans les mêmes conditions, et que nous avions congelés afin de les
emmener à l'institut zoologique de Londres, où seront menés des analyses
plus approfondies.

14 mars 2005
par François Provost


Ce week-end 12 et 13 mars l'Esperanza faisait escale dans le port de
Brest, quai Malbert, pour ouvrir ses portes au public et présenter la
campagne en cours sur les prises accessoires. Les Bretons sont venus
nombreux à bord où ils ont pu visionner une vidéo retraçant les
dernières activités en mer, accompagnées des étonnantes images
sous-marines de dauphins prises par Gavin, notre cameraman magicien. De
plus une exposition de photos ainsi que des panneaux explicatifs sur les
principales menaces pesant sur les océans ont été reparties sur le pont.
Les visiteurs pouvaient ensuite suivre une visite du navire guidée par
des bénévoles de Rennes et Paris. Les Brestois furent particulièrement
chaleureux et réceptifs au problème des captures accidentelles de
cétacés qui nous préoccupe.
Quelques marins-pêcheurs de bars à la ligne sont également venus nous
rendre visite et nous assurer de leur soutien, puisque le chalutage en
boeuf sur les frayères représente pour eux une sérieuse menace quant au
renouvellement de la ressource, dont ils dépendent et qu'ils respectent, en
attendant par exemple la fin du frai (période de reproduction) avant de
pêcher à leur tour.
Lorsque nous sommes repartis ce dimanche en fin d'après-midi, deux cents
personnes restaient présentes sur le quai Malbert pour nous saluer, et
soixante-dix nouveaux membres ont rejoints l'association ce week-end.

Ce lundi matin de retour en manche ouest, nous venons de repérer deux
paires de chalutiers que nous allons identifier et documenter cet
après-midi, sur une mer calme et sous un ciel bleu.

9 mars 2005
par François Provost

C'est dans la journée de lundi que nous sommes tombés sur une grosse partie de la flotte française pélagique du bar : Onze paires de chaluts-bœufs en une seule fois, soit vingt-deux navires qui se croisent et chalutent la zone.

Après être allé les identifier un par un et avoir pris contact radio avec eux dans l'après midi, nous mettons de nouveau un pneumatique à l'eau dans la nuit pour aller filmer le plus de remontées de filet possible. En effet l'effort de pêche dure nuit et jour, et les dernières études montrent que la majorité des prises de cétacés ont lieu aux heures de coucher et de lever du soleil. Cela correspond aux données fournies par l'hydrophone (micro sous-marin) que nous avions à bord l'an dernier, l'activité acoustique des dauphins atteint son maximum à l'aube et au crépuscule, et semble induire entre autres un comportement de recherche de nourriture. Nous sommes donc particulièrement intéressés par la pêche du soir et du petit matin. Seulement dans la timonerie de l'Esperanza, de nuit, face à l'horizon éclairé des feux caractéristiques des chaluts-bœufs, et en dépit du radar et des jumelles, il n'est pas évident de déterminer qui remonte ses filets et à quel moment, ni de faire en sorte que notre bateau semi-rigide puisse les rejoindre à temps. Nous parvenons malgré tout à en documenter quelques uns et relançons l'observation au petit matin.

C'est là qu'une des deux scientifiques du WDCS (Whale and Dolphin Conservation Society) repère un corps flottant non loin de l'Esperanza, nous rappelons donc notre équipe en mer pour qu'ils aillent le repêcher. Il s'agit d'un dauphin commun femelle en pleine période de lactation ; il faut savoir que la progéniture de cette espèce est dépendante de la mère pendant quatorze à dix-neuf mois. Le cadavre est frais et sa température corporelle indique que l'animal a été piégé très récemment. C'est le deuxième que nous récupérons en mer depuis notre départ, nous en avions trouvé douze sur l'ensemble de la campagne de l'année dernière. Il est très difficile de repérer ces dauphins morts flottant à demi sur l'étendue de la mer, on ne peut vraiment découvrir que ceux qui viennent dériver à proximité du navire. On estime que seulement 10 % des cétacés morts viennent s'échouer sur les plages, et parmi ces derniers, il n'est pas rare de trouver des dauphins délibérément mutilés, le ventre ou la gorge tranchée dans le but de les faire couler plus vite lorsqu'ils sont rejetés en mer.

C'est donc après cette découverte, mardi matin, que nous commençons les actions de protestation contre une des paires de chalutiers de la flotte française que nous suivons, et qui s'est peu à peu éparpillée. Magali et Thilo sont volontaires pour aller nager à quatre reprises en face du « Côte d'Amour » et du « Sonia Jérôme » avec des bouées sur lesquelles sont fixés des drapeaux : « Stop au massacre des dauphins ». L'un des chalutiers se voit bien obligé d'éviter les activistes, mais cela ne nous suffit pas. Nous retournons les voir dans l'après-midi et engageons un contact radio afin de leur faire part de nos arguments et de notre détermination. Après quoi le jet boat (propulsion sans hélice pour approcher le filet) s'engage entre les câbles du chalut pour y accrocher une lourde bouée dans le but d'emmêler leur filet. Après quelque temps les pêcheurs décident de remonter ce dernier et d'interrompre prématurément leur pêche. Ils augmentent leur vitesse et se dirigent vers la France. Nous ne sommes pas dupes et les suivons un moment avant de rejoindre l'Esperanza, mais notre objectif est atteint.

D'une manière générale les pêcheurs ont bien évidemment aussi des arguments à nous opposer. Mais d'années en années, malgré les bonnes paroles et les timides avancées des régulations européennes, et surtout leur manque d'application faute de l'existence d'un organisme de gestion approprié, des milliers de dauphins et autres mammifères marins, tous espèces protégées, meurent chaque année dans les filets de pêche.

Greenpeace demande sur ce sujet l'application du principe de précaution, à travers des mesures restrictives d'urgence, notamment sur la pêcherie pélagique en double du bar. Aujourd'hui mercredi, nous menons une action sur des chalutiers de la flotte britannique, l'« Ocean Dawn » et le « Sunrise ».

7 et 8 mars 2005
par François Paillard

Quand les chalutiers boeuf pélagiques décident de partir en mer, c'est en groupe qu'ils le font. Sur le radar, ça ressemble à une bataille navale, mais la réalité est moins drôle, surtout quand un jeune dauphin perd sa "maman"?

Ce lundi après-midi nous localisons 11 paires de chalutiers et ce dans une zone d'à peine 15 km de larges. Deux de nos bateaux sont mis à l'eau pour identifier toute cette flottille. Ils sont tous français, de Lorient, Saint-Nazaire ou Bayonne. Je reste avec les "campagneurs" et le capitaine sur la passerelle pour servir d'interprète. Le "campagneur" français est dans un de nos bateaux pour tenter de dialoguer avec les chalutiers. Contrairement à ceux de samedi dernier, ils ne veulent rien nous dire sur leurs prises accidentelles. Dans la soirée nous remettons un bateau à l'eau pour aller observer les remontés de filets. Je finis mon quart à minuit.

La nuit sera courte, je dois me lever à 6h30. Nous retournons en effet voir leur "pêche" matinale. La flotte s'est un peu dispersée mais nous sommes encore au milieu de 5 paires de chalutiers. Nous n'observons pas directement de dauphins victimes de ces filets, cependant l'équipage resté sur l'Esperanza nous signale un dauphin mort flottant sur le dos à quelques kilomètres de notre position. Voilà une preuve de l'impact de ce type de pêche sur ces mammifères. Combien d'autres sombrent dans les profondeurs de l'océan ? Et même quand les cadavres flottent encore, il est difficile de distinguer la couleur grise de ces dauphins sur le bleu-gris de la mer. Nous nous approchons donc de cette "prise accessoire" qui n'est justement pas accessoire pour nous. Je fixe un cordage autour de la nageoire caudale et la grue de l'Esperanza soulève le corps jusqu'au pont arrière. Les scientifiques du WDCS peuvent faire leurs observations. Aucun doute : des traces de filets et de coupures nettes sont visibles sur les nageoires. Un détail triste apparaît assez vite : c'est une femelle qui est en période de lactation. Son bébé ne tardera pas à mourir, à moins qu'il soit mort dans les mêmes conditions que sa mère.

Je suis de retour sur l'Esperanza et rapidement deux nouvelles équipes se constituent pour aller se confronter de manière non-violente avec les chalutiers. Des nageurs sont placés devant ces derniers. Nous n'arrivons pas à stopper leur pêche mortelle mais ils dévient légèrement leur trajectoire. Cet après-midi, nous retenterons sûrement quelque chose...

06 mars 2005
par Magali

DIMANCHE A L'ANCRE AU LARGE DE PLYMOUTH
Pause dans notre quête - La mer est de nouveau calme - Soleil - Silence - Notre petit univers se réveille doucement…

LA VEILLE
4 filets pélagiques autour de nous pillant la mer - Tous français - Un des pêcheurs nous dit avoir remonte 2 dauphins la nuit précédente - Force 8 , mer trop agitee nous ne pouvons mettre les bateaux à l'eau, aller à leur rencontre, être présent aux remontées de filets - nous les suivons - Mais point de répis n'eut la mer ce jour là -

REVENONS A DIMANCHE
Relâchement - Flâneries - Puis la vie reprend, légère - Chacun a son activité - Natasha, Nena : fabrication de banderoles - Huw et Kate : tricote respectivement un bonnet et des chaussettes - Simon, Marika et Stéphanie comptent les dauphins que nous croisons sur notre sillage - 2 personnes revêtent 1 combinaison argentée – Tweety notre hélicoptère rouge arrive dans 15 minutes - Chacun son poste - Lances à incendies en position - Nema, notre medic prête a intervenir - Eddy, lunettes de soleil, fait des grands gestes avec les bras tendus, je crois que c'est pour indiquer les niveaux - Serkan et Maike en tenue, prêts à bondir dans un bateau déjà préparé pour une mise a l'eau rapide - Il arrive - Hugh, le pilote et Myriam journaliste pour plongée magazine - Ils viennent de Cherbourg, là-bas il neige - Il faut maintenant aller chercher Tillo, responsable océan allemand - Il y a une place dans l'hélicoptère - J'y vais - Premier vol - Belles sensations au décollage - Le bateau s'éloigne, mes amis Serkan et Nena, encore elle, me font des signes - Grand moment - Au retour Damian, Franck et Nena, encore elle, font du skate board sur le pont - Soleil - Tee-shirts - Rires - Nous levons l'ancre, il fait beau maintenant - La mission continue - Gevin, cameraman créatif, prend des images sous marines - Il a attaché sa caméra à un grand mat qu'il commande du bateau - Il a tout construit lui même avec les morceaux fer qu'il trouvait - Des dauphins partout - Belles images en perspectives - Et le jour tombe doucement - Coucher de soleil à la proue - Merci Léon - Tous arrivent, seul ou en groupe - Bent est la aussi - Willy compte les dauphins, nous en aurons croises plus d'une centaine ce jour - Lunettes de soleil - Sourires - Du monde à chaque étage - Le bonheur est palpable - Nous retrouvons des chalutiers avec leurs grands filets - Nous les suivons, ils sont danois - Le repas, merci Loïc - Et le FILM : "In this World" de Michael Winterbottom Ours d'or Berlin 2002 - A VOIR ABSOLUMENT - Ce fut un bon dimanche de ma vie...

05 mars 2005
par François Provost

11h45, nous repérons une paire de chaluts bœufs à environ 18 milles au large de "Lizard Point". Nous mettons un semi-rigide à l’eau pour les observer de plus près, il s’agit du "Magellan" et du "Le Baron" de Bayonne. Nous engageons un contact radio cordial, et apprenons qu’ils ont malencontreusement pêché deux dauphins la nuit dernière… Cette capture de mammifères marins est accidentelle mais n’en reste pas moins grave et inacceptable au vu de sa fréquence. Les marsouins et dauphins sont comme tous les cétacés des
espèces protégées, ils font pourtant partie des "dommages collatéraux" des industries de pêches : Sur l’effort de pêche mondial, on estime à 23 % le nombre de prises accessoires (non désirées) qui sont rejetées à la mer, mortes en pure perte.

La mer grossit, nous retournons à bord et repérons trois autres paires de chalutiers pélagiques français qui vont peu à peu se disperser dans l’après-midi. Nous décidons de suivre les premiers rencontrés en espérant que la mer se fasse plus clémente au cours de la nuit pour pouvoir documenter la remontée de leur filet. Au petit matin les deux chalutiers cessent leur pêche et s’en retournent vers la France, qui possède la plus importante flotte pélagique de cette pêcherie du bar.

Pour notre part nous avions rendez-vous à l’ancre avec l’hélicoptère cette même matinée, afin d’embarquer deux nouvelles personnes. Après quoi "Tweety" a de nouveau décollé pour un vol de reconnaissance, et nous est revenu avec des informations sur la direction à prendre pour rejoindre d’autres chalutiers… Affaire à suivre donc.

Alors que nous repartons cette fin d’après-midi , de nombreux dauphins communs viennent nous saluer et jouer autour de l’Esperanza, intrigués par la camera sous-marine installée sous le tribord arrière.

03 mars 2005
par François Provost

Nous disposons à Greenpeace d’un hélicoptère qui est utilisé en ce moment comme soutien pour notre campagne contre les prises accessoires de cétacés. En cas de besoin « Tweety » nous sert donc, entre autres, à faire la navette entre la terre ferme et notre navire pour embarquer ou débarquer certains membres d’équipage. C’est dans ce cadre que je me suis retrouvé en l’air ce mercredi 2 mars pour aller relever Frederic à bord de l’Esperanza.

A l’approche du bateau nous remarquons avec le pilote que deux chalutiers en bœuf (qui tirent le même filet) sont à proximité, et que deux de nos zodiacs sont en action. Nous voilà donc en position privilégiée pour observer la scène, l’objectif de nos activistes est de déposer une lourde bouée dans leur filet afin de contraindre l’Ocean Star et l’Ocean Crest à stopper leur activité.

Nous avions déjà fait une action ce week-end pour protester contre ces deux bateaux, dont nous savons par les observateurs gouvernementaux britanniques qu’ils ont l’an dernier tué plus de 150 dauphins. Mais cette fois, le fait de revoir les zodiacs à l’eau suffit pour qu’ils prennent la décision d’arrêter leur pêche et de remonter partiellement leur chalut avant que nous puissions intervenir. Pendant que l’un des chalutiers s’occupe du filet, l’autre tente de chasser nos embarcations pour nous empêcher de filmer ce qu’il pouvait contenir.

L’hélicoptère atterri finalement sur le pont de l’Esperanza et nous suivons la scène de plus loin. Après quelques ronds dans l’eau le calme peut revenir, les pêcheurs finissent de remonter leur prises et quittent le secteur. Dans la même journée nous trouvons une autre paire, l’Ocean Dawn et le Sunrise, que nous nous contentons de suivre aujourd’hui, l’état de la mer ne permettant pas autre chose.

03 mars 2005
par Cédric Counor

Hier, journée de ***** pour la campagne. Frédéric part et se fait remplacer par François. Sauf que.... nous avons une paire de chalutiers au radar. Alors, nous préparons Grey Whale et Queeny pour partir si besoin, et pendant ce temps, nous nous rapprochons d'eux pour les identifier.

Evidemment, Ocean Star et Ocean Crest. Pas d'hésitation, nous mettons les bouchées doubles pour préparer et mettre à l'eau nos deux bateaux. La mer est assez calme, c'est le bon moment. A peine arrive sur place, il semblerait que notre seule présence les incite a remonter leur filets. Enfin, le fait de positionner notre bateau a hauteur de leurs filets pour y jeter une énorme bouée câblée doit aussi avoir fait son effet.

Cette bouée, c'est ce que nous avons déjà utilisée la semaine dernière. C'est un dispositif qui ferme l'entrée du filet sans l'endommager, mais qui oblige les pêcheurs à remonter plus tôt que prévu. Ensuite, il faut faire en sorte, une fois qu'ils ont démêle leur matériel, qu'il ne remette pas a l'eau ces filets meurtriers. Et ça peut durer longtemps.

Pas cette fois ci, en nous mettant en position, nous voyons les deux bateaux, instantanément, qui essayent de nous prendre au piège en refermant leur dispositif sur nous. Avec notre Zodiac, nous nous en sortons facilement. Et ils enchaînent tout de suite la remontée du filet, qui prendra un peu de temps bien sur. Des que l'un d'eux est libre de sa partie de filet, il se dirige sur nous, comme a l'habitude, pour nous empêcher de filmer la remontée... au cas ou?

Puis, les deux décident de filer droit vers Plymouth, sans remettre a l'eau. C'est gagne.

Nous rentrons alors au bateau avec un peu plus de vent... et de la grêle qui fouette le visage.

26 février 2005
par Frédéric Castell

Et voila, On s'est décidé a échanger les RIBs. On oublie le Jet, qui n'a
décidemment pas envie de travailler sur cette campagne.

Nous étions à l'ancre hier soir pour s'abriter du mauvais temps, et
attendre que cela se calme. Aujourd'hui, la mer est plate, quasiemment,
donc nous repartons en mer, à la recherche de filets pélagiques. Le
temps est bien calme, mais le soleil manque, pour un petit samedi matin,
j'aurais bien aimé quelques rayons de soleil sur mon visage, mais rien,
il ne veut pas se montrer.

Nous continuons de travailler sur les bateaux, on se prepare si nous
trouvons des filets pélagiques....

24 février 2005
par Frédéric Castell

L'Ocean Star et l'Ocean Crest ont une nouvelle fois été repérés sur le radar en fin de soirée hier. Nous décidons donc de leur rendre une petite visite ce matin au réveil. Les équipes sont prêtes et les zodiacs à l'eau dès sept heures. Seul petit problème, un des deux zodiacs refuse de démarrer. La visite est donc annulée et les deux chalutiers en profitent pour remonter leurs filets et prendre des routes distinctes. Nous nous décidons quant à nous rapprocher des côtes afin de résoudre les problèmes de démarrage du zodiac. Une alternative trouvée pour le zodiac, nous décidons vers 14h de reprendre la mer en suivant un transect qui permettra à l'équipe du WDCS à bord de l'Esperanza de collecter des données pour faire une estimation des populations de dauphins dans la zone. Apres avoir reçu une formation relative aux méthodes d'observation et à leur protocole de recherche au cours des derniers jours, je viens en appui à leur équipe, un de leur membre étant cloué au lit avec 39 de fièvre. Nous effectuons ainsi tout au long de la journée des rotations de 30 minutes en différents points du pont pour observer le maximum de cétacés le long du transect. Chaque fois qu'un ou plusieurs animaux sont observés, un nombre important de donnés sont collectées et sont simultanément enregistrées par un "data manager" : espèce, nombre d'animaux, distance, orientation, type de déplacement, profondeur, température de l'eau, etc. A l'issue de la mission, l'ensemble des données seront traitées à l'aide de modèles mathématiques afin d'affiner les connaissances relatives aux populations de dauphin dans la Manche. A 18h, le soleil commençant à se coucher, les observations prennent fin, et l'équipe se retrouve autour d'un thé brûlant. En ce jeudi 24 Février, 91 dauphins communs ont pu être observes par les différentes personnes qui se sont relayés sur le pont de l'Esperanza dans le froid hivernal de la Manche.

22 février 2005
par Magali

Visionner le Diaporama

Dauphin mort repéré -Nombreuses manoeuvres pour l'approcher - Mer forte - Autre bateau à eviter - Il est le long de la coque - Nombreux outils préparés - Tout le monde prêt à aider - Il faut faire vite - L'animal glisse, coule et réapparait - Nombreuses tentatives - On l'attrappe au lasso - Impossible de le remonter - 120 kilos - Une deuxieme attache est nécessaire - On y arrive enfin - Une dizaine de personnes à tirer - Il sort de l'eau - Il nous faut utiliser la grue maintenant - Le dauphin est soulevé par la queue - Nombreuses cicatrices et lacérations - Nageoires, aileron et queue entailles - Il s'est battu -
Battu pour vivre - Battu pour respirer - Battu contre le fillet - Mais l'HOMME a tout prevu : Il n'y a pas d'issue - La lutte est vaine et inegale - Il faut mourir -
Quand sa tête apparait enfin au dessus du pont, une larme de sang coule
de son oeil droit - EMOTION - REFLEXION ...


20 février 2005
par Frédéric Castell

Réveil pour les campaigners prévu à 5h30 afin d'envisager les différents scénario. Au réveil, le troisieme officier de navigation et les personnes qui ont passé une partie de la nuit avec lui sur le pont nous font un compte-rendu des activités des chalutiers au cours de la nuit. Ils ont apparement repris leur pêche vers 4h30 du matin. Nous réveillons alors les membres de l'équipage qui se joindront à nous pour leur rendre une petite visite en zodiac. Une nouvelle fois, chacun y va de son pronostic quant à la nationalite des chalutiers. La majorite semble penser que ce sont à nouveau l'OCEAN star et l'OCEAN crest, rencontrés la veille. La réponse viendra quelques minutes plus tard. A 7h00, deux zodiacs sont a l'eau et nous decouvrons rapidement que ce sont le MARY CRISTO et le THOMAS NICOLAS, chalutiers francais basés a Saint-Nazaire.

Nous rentrons en contact radio pour leur présenter la campagne sur les prises accessoires de dauphins, campagne qui ne leur est certes pas inconnue, l'Esperanza ayant deja croisé leur chemin le 7 Mars 2004 lors de l'expédition 2004. Apres une discussion au cours de laquelle nous leur exposons les menaces qui pesent sur la population de dauphins communs dans la Manche, nous leur demandons d'arreter de pêcher afin de ne pas contribuer à la disparition de cette espèce protegée dans la zone. Ils décident toutefois de poursuivre leur pêche et nous informent que la remontée de leur chalut est prévue pour 13h. Etonnant, sachant que leur filet a été mis à l'eau à 4h30 et qu'un trait de chalut dure généralement environ 6h. Nous décidons toutefois de rejoindre l'Esperanza et de revenir un peu plus tard. Nous continuons alors à observer depuis le pont de l'Esperanza les deux chalutiers. A 10h20, ils se rapprochent l'un de l'autre, Sarah la chargée de campagne anglaise lance un appel "vite dans le zodiac, ils remontent leur chalut". Dix minutes plus tard le zodiac est sur place mais nous arrivons trop tard, le poisson est déjà sur le pont du chalutier. Nouveau retour sur l'Esperanza un peu décus de ne pas etre arrivés à temps pour observer leur peche. MARY CRISTO et THOMAS NICOLAS semblent maintenant se diriger vers les eaux francaises mais nous les gardons à l'oeil.

20 février 2005
par Cédric Counor

Ce matin, lever 6h !

Hier soir, nous avions une paire de chalut pélagique au radar. Facile a repérer, il s'agit de deux bateaux de petite taille qui naviguent à faible allure en restant bien parallele. Nous decidons alors d'y aller le matin, dès les premiers rayons du soleil pour voir... francais ou anglais ?

7h. A l'eau... enfin, on pensait, car le jet refuse de demarrer. Aller hop, on remonte le jet, on ouvre, on examine, on repart.
7h40. A l'eau , pour de bon cette fois-ci. Quand il marche, le jet est très agréable à conduire.

Pendant ce temps, le press boat est deja parti établir un premier contact avec les chalutiers : ils sont francais. Allez Fred, a toi de parler ! La conversation amicale nous apprends qu'ils remonteront les filets à 13h, heure francaise.

Il neige un peu, le vent se leve... On repart, on reviendra pour 12h.

20 février 2005
par Frédéric Castell

Le dimanche est jour de repos pour l'équipage. C'est aussi l'occasion d'apprendre de nouvelles choses. En particulier ce dimanche ou les membres du WDCS nous ont expliquer leur méthode de comptage des cétacés en fonction de leur apparition à la surface.

Comme tous les soirs, je suis de quart sur la passerelle, de 20h à minuit. Je dois ainsi assister l'officier de navigation en scrutant l'horizon à la recherche des signaux de position des bateaux croisant dans notre zone. Plusieurs navires de commerce apparaissent sur le radar, mais peu après 20h, nous repérons à l'oeil nu deux point lumineux à babord. Le signal sur l'ecran radar ne fait apparaitre qu'un seul écho, mais nous avons progressivement la certitude qu'il s'agit bien de deux chalutiers-boeufs (pair trawlers) : vitesse d'environ 5 noeuds (9km/h), distance entre les deux bateaux de plusieurs centaines de mètre. Nous réduisons notre vitesse et les laissont approcher. Progressivement, deux points se distinguent sur l'écran, il n'y a plus aucun doute. Vers 22h, les deux bateaux se rapprochent l'un de l'autre pour remonter le chalut. Ils ont considerablement réduit leur vitesse, nous obligeant à faire quelques changement de direction pour rester à plus de 5 miles nautiques. Jusqu'à la fin du quart ils resteront ainsi sans vitesse ni direction constante. L'équipage de l'Esperanza est prévenu que le lendemain matin nous irons probablement voir de plus près ces deux navires de peche.

18 février 2005
par Frédéric Castell

Hier jeudi 17 fevrier, le navire de Greenpeace, l'Esperanza a quitté le port de Falmouth (extreme sud de l'Angleterre), pour aller protéger les dauphins dans la Manche. Chaque année des centaines de dauphins meurent dans d'immenses filets trainés par deux bateaux (chalut-boeuf pélagique). Une nouvelle étude estime le nombre de dauphins communs dans la zone de pêche est inferieure 10 000 individus. Les observateurs independants du gouvernement britannique ont de leur côté observé la mort de 169 dauphins dans un seul chalut-boeuf pélagique en 2004. Ces données permettent d'affirmer que les flottes britanniques et francaises réunies pourraient tuer dans la zone plus de 2000 dauphins par an.

A bord de l'Esperanza, 35 personnes aux rôles differents mais complémentaires, du capitaine à l'activiste en passant par le cuisinier ou la photographe, nous avons tous un objectif commun, protéger les dauphins de la mort dans les filets de pêche. Se trouve également à bord une équipe de chercheurs du WDCS (the Whales and Dolphins Conservation Society) spécialistes des mammifères marins. Tout au long de l'expédition, le WDCS effectuera des observations et comptages de petits cétacés afin d'évaluer l'état de conservation et les menaces qui pesent sur les populations de baleines, dauphins et marsouins. Sur une mer d'huile, idéale pour l'observation de dauphins, le WDCS a observé 121 dauphins communs lors de cette premiere journée en mer. Comme pour nous remercier de l'initiative, plusieurs heures durant, certains de ces dauphins ont escorté le bateau.

Aujourd'hui, vendredi, en fin de matinée, les premiers bateaux pratiquant la pêche au bar au chalut boeuf pélagique apparaissent sur le radar. Changement de cap pour l'Esperanza et 21 milles a parcourir avant de les rejoindre. Seront-ils francais ou britanniques, chacun y va de son pronostic. Vers 13h, nous avons la reponse ce sont deux bateaux ecossais, l'OCEAN STAR et l'OCEAN CREST bien connus de Greenpeace car ce sont eux qui ont pris en 2004, 169 dauphins dans leur chalut. Un contact radio est établi pour leur expliquer la raison de notre présence sur la zone. La discussion sera courte, les chalutiers ne souhaitant pas s'exprimer sur le probleme des prises de dauphins dans les filets. Quelques minutes plus tard, un zodiac avec à son bord 6 personnes est à l'eau afin d'aller documenter la remontee de leur chalut. L'OCEAN STAR et l'OCEAN CREST décident alors de quitter la zone et nous les suivons jusqu'a leur destination finale, le port de Plymouth. En soirée,nous décidons de jeter l'ancre à l'entrée du port pour y passer la nuit et être prêts à suivre à nouveau l'OCEAN STAR et l'OCEAN CREST ou tout autres bateaux prenant la mer pour aller pêcher le bar au chalut-boeuf pélagique.

5 et 6 février 2005
par François Paillard

Nous allons rester une dizaine de jours à Falmouth pour préparer la
prochaine campagne. Certains font des séances d'entraînements sur les Zodiacs. Le samedi soir, je vais avec quelques autres membres d'équipage profiter des pubs de Falmouth. La ville est très jolie et semble très vivante. Ici, c'est l'extrême sud-ouest de la Grande-Bretagne. La Cornouaille conserve un certain particularisme d'origine celtique comme ses voisins : le pays de Galles au Nord et la Bretagne au Sud. Le dimanche le cuisinier a droit a son jour de repos et c'est donc 2 ou 3 d'entre nous qui préparons les repas. Ainsi, tout l'équipage est heureux de manger des crêpes le soir ! Cette semaine nous pourrons voir l'arrivée au port d'Helen Mc Arthur qui rentre après son tour du monde.

4 Février 2005
par François Paillard

Nous arrivons à Falmouth en Cornouaille en début d'après-midi. A quelques miles nautiques de la côte, nous avons pu voir plusieurs dizaine de dauphins communs. Nous en avions déjà vu quelques-uns, deux semaines plus tôt, mais là ils semblent être beaucoup plus nombreux des deux côtés de l'Esperanza et surtout à la proue où la vague d'étrave leur permet de surfer et avancer sans avoir à bouger leur nageoire.

1, 2 et 3 février 2005
par François Paillard

Nous arrivons le mardi matin à Portland-Weymouth au sud de l'Angleterre et nous jetons l'ancre pour quelques jours. Nous pouvons voir un immense yacht de luxe qui, après quelques recherches, semble appartenir à un des dirigeants de Microsoft ! Curieux, le capitaine du yacht demande à la radio ce que nous faisons ici. Heureusement pour lui ce n'est qu'une escale logistique et nous n'avons, pour le moment, aucune raison de bloquer son navire ! Nous avons l'occasion lors des deux soirs à terre de profiter un peu de la ville. Nous repartons le jeudi soir.

29 et 30 Janvier 2005
par François Paillard

Le week-end à terre permet de nous ravitailler (eau, provisions alimentaires, journaux...). Certains membres d'équipage sont remplacés après de longs mois passés en mer. Nous repartons de Lorient le dimanche soir à 16h00. Nous longeons la côte Sud-Finistère en dépassant plusieurs phares mythiques : Eckmul, Ar-Men, Le Creac'h.

28 Janvier 2005
par François Paillard

Nous avons jeté l'ancre hier soir entre l'île de Groix et Larmor-Plage, à l'abri des regards. José Bové et les autres invités sont descendus à terre pour préparer le comité d'accueil du Golden Lion. Celui-ci arrive à 5 heures du matin. Plusieurs centaines de personnes sont sur le quai, des canoës et des Zodiacs de Greenpeace sont sur l'eau. Etant resté à bord de l'Esperanza en soutien logistique, vous en savez peut-être plus que moi sur l'action et sa perception médiatique. Nous entrons dans le port de Commerce de Lorient vers 13 heures et nous accueillons les activistes, les campaigners et les sympathisants de Greenpeace. L'enthousiasme retombe un peu, certains étant déçus de n'avoir pu bloquer le cargo plus longtemps. Celui-ci décharge sa cargaison transgenique à quelques centaines de mètre de l'Esperanza.
Plus d'info sur cette action de l'Esperanza sur : www.detectivesOGM.org

27 Janvier 2005
par François Paillard

Nous commençons à avoir plus de détails sur la suite de la campagne. Notre but est de créer une mobilisation citoyenne refusant le déchargement du soja transgènique en Bretagne. Des manifestations sont prévues, les dockers semblent être d'accord pour soutenir le mouvement ou au moins ne pas l'empêcher ; de même avec les pêcheurs qui dans un premier temps semblaient être hostiles à notre venue et qui, après un dialogue avec la Confédération Paysanne, comprennent mieux l'enjeu de la campagne. Les scénarios des actions à venir s'adaptent à chaque minute aux informations qui nous parviennent. L'arrivée est prévue pour ce soir 19h.
Plus d'info sur cette action de l'Esperanza sur : www.detectivesOGM.org

Campagne 2004

01 février 2004
par François Provost

Me voici donc parti pour trois mois à bord de l'Esperanza en tant qu'équipier marin. Embarquement le 16 janvier à Londres, pour un appareillage le 21.

Mission : se documenter sur la mort de milliers de dauphins qui s'échouent chaque année sur les côtes européennes, en grande partie pris dans les filets des chaluts pélagiques. L'association Whale & Dolphin Conservation Society (WDCS) estime que 23% des prises de pêche non voulues, dont les dauphins, sont rejetées mortes en Atlantique. Deux membres du WDCS nous accompagnent dans cette campagne pour compléter leurs données sur le comportement et les zones d'habitat de nos cousins mammifères.
Sortis de la Tamise nous croisons au large des côtes anglaises et galloises pendant une dizaine de jours. Nous rencontrons plusieurs chalutiers, et nos charges de campagnes sont invités à bord de bateaux écossais et français. Fort heureusement les cétacés aussi sont la : quelques baleines mais aussi beaucoup de dauphins (plus de 1500) sur leurs territoires de prédilection. Et je vous assure que c'est un réel plaisir de repeindre la grue de lancement de l'African Queen, un de nos bateaux pneumatiques semi-rigides, lorsqu'une dizaine de dauphins communs vous saluent par bonds successifs le long de la coque de l'Esperanza...

Ces petits instants de bonheur renforcent la bonne ambiance du bord, compose d'une trentaine de spécialistes ou membres d'équipage, et pas moins de dix nationalités différentes. Nos journées sont bien remplies et se partagent pour ma part entre l'entretien du navire, les quarts de navigation, l'observation d'éventuels cétacés, les sorties en mer ou encore la "garbology". Entendez par là le tri et la gestion de nos déchets, que nous prenons bien sûr très au sérieux. Cette activité qui devient vite une banale habitude, a pourtant vivement intéressé un des journalistes présent quelques jours à bord, et me vaudra m'a t-il assuré, un bel article dans un grand journal anglais...
Nous avons ces deux derniers jours traversé la mer Celtique sous une tempête de force 10 sur l'échelle de Beaufort, pour jeter l'ancre aujourd'hui dans les eaux vertes et tourmentés de la côte ouest de l'Irlande, plus précisément dans la baie de Dingle, réputée pour sa large population de dauphins.

Toujours sous des rafales atteignant plus de 130km/h, nous attendons la prochaine accalmie pour repartir.
J'espère vous en faire partager un peu plus très prochainement.
D'ici là je vous salue bien bas, et vous dis à très bientôt !

08 février 2004
par François Provost

Après une semaine mouvementée sur les eaux de la mer Celtique, nous voici de retour dans la Manche avec l'espoir d'y trouver la clémence de Neptune... Nous jetons l'ancre quelques heures dans la baie de Saint Yves, charmant petit port en Cornouailles, le temps de se ravitailler et de recevoir le chaleureux soutien de quelques habitants du coin. Ca fait du bien de passer deux heures a terre ! Nous repartons le soir même et repérons dans la nuit de jeudi a vendredi une paire de chaluts pélagiques sur le radar.

Au petit matin j'accompagne Stan, Sarah, Gavin, Kate et Julie à bord de notre hors-bord l'African Queen, pour observer de près l'activité des pêcheurs que nous avons suivi. Ils nous disent avoir commencé leur pêche depuis deux jours, et n'ont jusqu'ici "pas vu la couleur d'un dauphin". Nous croiserons dans la journée deux autres paires de chaluts pélagiques, les derniers nous avouant avoir récemment pris des dauphins au piège... Tous ces chaluts étaient français.

Mais revenons à la fin de matinée de ce même vendredi. De retour de la première sortie en mer, je monte sur la passerelle pour aider Mareike et Simon du WDCS (Whale & Dolphin Conservation Society) dans leur observation journalière d'éventuels cétacés. C'est alors que je repère le premier dauphin mort, très vite nous voyons le second, puis le troisième... ils sont cinq à flotter non loin d'une masse verdâtre entre deux eaux : une partie d'un filet. Nous sommes bien sur tous consternés, et dans le même temps relativement satisfaits de pouvoir collecter une telle preuve. Sur les cinq mammifères nous en récupérons quatre, plus le filet. Les cadavres sont mesurés, examinés, et portent de très nettes blessures au nez et aux
nageoires. De plus, leur température corporelle atteste de la "fraîcheur" de leur mort. Commence alors une longue corvée tristement surréaliste, sous un début de force 8 : Rachel, Eva, Penny et moi enveloppons un par un ces dauphins sanguinolents, utilisant pour linceul une vieille banderole anti-OGM. Nous les descendons ensuite dans la chambre froide. A notre prochaine escale ils seront transférés à Plymouth pour une étude post-mortem approfondie.
Nous en avons malheureusement trouvés deux autres ce dimanche, eux aussi en compagnie d'un reste de filet, et portant les même marques significatives de leur combat pour la vie. Nous les avons cette fois laissés dans leur élément naturel après les avoir mesurés, et avoir pu constater qu'ils étaient mort depuis plus longtemps que les premiers.

A chaque fois nous avons trouvé ces animaux dans un rayon de moins de 100 mètres autour de l'Esperanza. Combien sont-ils à flotter ainsi sur toute l'étendue de la mer ? Et combien d'entre eux couleront sans être "repêché" sur les côtes européennes ? Il est bien difficile d'établir des statistiques détaillées, toujours est-il qu'on peut déjà répondre à ces question par "beaucoup trop".

J'espère vous faire partager une histoire moins triste la prochaine fois !
A très bientôt.
Un salut tout particulier au groupe local de Marseille, ainsi qu'a tous les bénévoles et le bureau de Greenpeace France.

18 février 2004
par François Provost

Nous avons vu la semaine dernière un large groupe de dauphins gris (ou dauphins de Risso). Ces animaux mesurent environ quatre mètres et sont marqués de nombreuses rayures blanches en raison de leur cicatrisation particulière. Ils sont très rares à observer car ils sont très timides et peuvent plonger près de 20 minutes sans refaire surface. Jusqu'ici nous
avons pu répertorie 399 fois un ou plusieurs dauphins, marsouins ou baleines, grâce à la méthode imparable des membres du Whale & Dolphin Conservation Society. Autrement dit, grâce au recrutement massif des membres d'équipage disponibles pour scruter la mer avec des jumelles dans le froid, en compagnie d'un talkie, ou d'un dictaphone afin de reporter précisément les coordonnées et le comportement des intéressés.

Mais la semaine dernière toujours, après avoir pisté plusieurs autres chaluts pélagiques, nous avons fait escale deux jours au port de Falmouth pour procéder à une rotation d'une partie de l'équipage, et pour débarquer nos dauphins congelés qui devraient être autopsiés a la "Zoological Society" de Londres. Après l'embarquement des provisions, d'un nouveau bateau,
et d'un hydrophone pour l'écoute de nos mammifères cousins, nous nous sommes enfin débarrassés des poubelles (triées s'il vous plaît! ouf, c'est moi qui m'en occupe et qui ne savait plus où les mettre). Nous sommes ensuite repartis chercher l'ultime preuve qu'il nous manque: d'autres dauphins morts, non pas à proximité cette fois, mais bel et bien à l'intérieur
des filets pélagiques...

Samedi, le lendemain de notre départ, nous repérons une paire significative de bateaux sur le radar (un filet pélagique nécessite d'être tiré par deux chaluts). Ce sont des pêcheurs écossais que nous allons suivre comme tous les précédents, pour observer de près chaque remontée de filet. Environ toutes les huit heures, un des deux bateaux se rapproche de l'autre pour lui donner les câbles qu'il tire, afin que le deuxième chalut puisse ramener la totalité du filet à bord.

C'est le vrai baptême de notre nouveau pneumatique, l'Ocean witness, qui est lancé à l'eau pour attendre la prochaine relevée. Ce ne sont pas les premiers écossais que nous croisons (hormis ceux de notre équipage bien sûr), mais ce sont bien les premiers qui se montrent particulièrement discourtois. Ils ne tiennent apparemment pas à ce que nous filmions leurs prises, effectuent donc quelques manœuvres d'intimidation très près de l'Ocean witness, préparent les lances à incendie, lancent une menace et un ou deux boulons. Heureusement le cœur n'y est pas vraiment, et leur capitaine comprend que nous ne céderons pas. La négociation reprend ses droits, et nous serons conviés plusieurs fois à leur bord. Nous avons suivis cinq de leur pêche et n'avons vu aucun cétacé dans leur prises. Nous avons par contre retrouvés cinq autres cadavres de dauphins communs qui portaient eux aussi les blessures spécifiques dues aux filets. Nous ne les avons cette fois pas montés à bord car aucun n'était vraiment frais. Nous les avons neanmoins mesurés et marqués, afin de voir combien d'entre eux s'échoueront à terre. Cela pourrait nous donner une idée du pourcentage de dauphins qui coulent sans laisser de traces...

A la prochaine fois, quelque part dans la Manche.

 

* image caption
*
Garçon découvrant un dauphin mort sur une plage dans le sud du Devon (2004)
*
*
Chalutage en boeuf, en Mer Celtique
*