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Que sont les prises accessoires?

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Plage de South Devon, janvier 2004

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La majorité des engins de pêche ne sont pas sélectifs, ce qui signifie qu'ils capturent, outre les espèces pour lesquelles ils sont utilisés (les espèces ciblées), une quantité importante d'espèces qui ne sont pas vraiment recherchées (les espèces non ciblées). Ces prises "accidentelles" sont appelées "prises accessoires".

On estime que 23% des captures totales des pêcheries sont rejetées, mortes, à la mer.

Le problème des captures accessoires ne se limite pas aux poissons non ciblés. Un nombre important d'animaux marins comme les baleines, les dauphins, les marsouins, les phoques, les albatros ou les tortues de mer sont tués chaque année, victimes des pêcheries non sélectives.

Ainsi, 100 millions de requins disparaissent chaque année. La pêche au thon, qui avait dans le passé un taux extrêmement élevé de prises accessoires, cause aujourd'hui encore la mort d'1 million de requins.

Chaque méthode de pêche entraîne la mort d'un certain type d'animal : les filets capturent les cétacés, les lignes et leurs hameçons capturent les oiseaux de mer et les chaluts de fond causent des dommages considérables aux écosystèmes marins.

300 000 cétacés (baleines, dauphins et marsouins) environ sont victimes chaque année des filets de pêche dont ils n'ont pas pu se dégager.

Les oiseaux plongent sur les appâts fixés au bout des lignes de pêche, les avalent (hameçons compris) et se noient, incapable de revenir à la surface. La pêche à la légine australe en Amérique du Sud est responsable à elle seule de la mort de milliers d'albatros chaque année.

Le chalut de fond est une méthode très destructive qui consiste à balayer le fond des océans, afin d'y pêcher les espèces qui y vivent. Cette méthode de pêche entraîne également la capture accessoire d'espèces commercialement non rentables, comme les étoiles de mer et les éponges. Les dommages qui en résultent pour l'écosystème marin sont souvent irréparables.

La pêcherie qui présente le taux de captures accessoires le plus élevé est la pêche à la crevette : le plus souvent, plus de 80% des prises se constituées d'espèces marines autres que les crevettes.

L'impact des prises accessoires sur les écosystèmes marins est considérable. Le niveau des prises accessoires dans de très nombreuses pêcheries est inacceptable et écologiquement non durable.

Autre exemple significatif, celui des prises accessoires de petits cétacés (marsouins et dauphins) dans les pêcheries opérant dans les eaux britanniques. Les marsouins communs sont particulièrement touchés par les filets fixes de fond, tandis que les dauphins sont mis en danger par les immenses chaluts, qui ciblent les poissons dont ils se nourrissent.
Les preuves de l'ampleur croissante de ce problème se trouvent sur les plages du Sud-Ouest de l'Angleterre et du Nord-Ouest de la France, où viennent s'échouer chaque année, les cadavres de centaines de dauphins.

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Garçon découvrant un dauphin mort sur une plage dans le sud du Devon (2004)
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Une équipe de militants observe un chalutier